Il est regrettable de voir comme les rêves vieillissent plus vite que les rêveurs. Vous serez surpris de voir avec quelle force ils viennent vous hanter lorsque vous parvenez à l'automne de votre vie. A ce moment-là, on serait prêt à donner n'importe quoi pour avoir une dernière chance de les réaliser. Mais les rêves sont comme le bonheur : ils ne se remettent pas à plus tard.
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mercredi 7 mars 2018
mercredi 10 janvier 2018
Mercredi, c'est citation : Bouvard de A à Z, par Philippe Bouvard
Je vous propose aujourd'hui quelques pensées liées à l'univers du livre, toutes signées par l'inégalable Philippe Bouvard 😊 Attention, ça mord !
Bibliothèque.
La culture, il faut l’avoir sous la main quand on ne l’a pas dans la tête.
Écrivains.
Pauvres bougres ! Chaque fois qu’un photographe les surprend dans leur bureau, la table de travail est bancale, les livres s’empilent à même le sol et l’observateur le moins attentif comprend que le ménage ne sera pas fait avant leur entrée dans la Pléiade.
Éditeur.
Personnage qui, pour se faire pardonner de prendre 90 % de leur chiffre d’affaires aux écrivains, leur laisse assumer 100 % du travail.
Littérature.
Pour vous faire pardonner de ne pas avoir lu Le Clézio, prétendez que vous relisez Montaigne. Ceux qui relisent sont, par définition, deux fois plus cultivés que ceux qui lisent.
Livres.
Traitent de tout et de n’importe quoi. On n’a jamais imprimé autant de titres alors qu’on n’a jamais vendu si peu d’exemplaires. L’éditeur, s’il se montre pingre sur les à-valoir, amortit ses frais à partir de cinq mille acheteurs tandis que l’auteur ne touche qu’une misère pour, parfois, plusieurs années de travail. Le jour où ils seront tous numériques, on ne saura plus où poser la crème solaire l’été sur les plages.
Plagiat.
L’écrivain honnête sera bientôt un demeuré allergique à l’informatique, dépourvu de bibliothèque, ne possédant pas la télévision ni la radio ou – mieux encore – complètement illettré. Mais pourquoi tout romancier publiant un nouveau livre en tous points semblable à ses précédents ne serait-il pas poursuivi pour autopiratage ?
Prix (Nobel).
Grâce à celui de littérature on redécouvre chaque année que des écrivains majuscules s’activent aux antipodes sans qu’on en soit vraiment informés, que des génies vivent ailleurs que dans le périmètre germanopratin, que la langue française n’a pas le monopole du style et que, par-delà les frontières, toutes les angoisses existentielles se ressemblent.
Renommée.
N’est plus annoncée par des trompettes mais par des classements et des sondages. Combien d’écrivains doivent-ils leur célébrité à leur longévité personnelle plus qu’à la pérennité de leurs œuvres ? À l’inverse, certains ne sont grands que parce qu’ils sont morts assez tôt pour ne pas écrire un second livre moins bon que le premier.
Rentrée (littéraire).
Première fournée de l’année. Mémoires des uns. Souvenirs des autres. Les rares romans sont autobiographiques. Les jeunes écrivains n’osent pas se lancer dans la fiction. Les chenus ne voient pas plus loin que leur propre vie.
mercredi 20 décembre 2017
Mercredi, c'est citation : American Gods, de Neil Gaiman

Les dieux sont extraordinaires [...] mais le cœur l'est encore plus. Car c'est de nos cœurs qu'ils viennent et c'est à nos cœurs qu'ils retourneront...
Les religions sont après tout des métaphores par définition : Dieu est un rêve, un espoir, une femme, un humoriste, un père, une ville, une maison aux nombreuses pièces, un horloger ayant abandonné son plus beau chronomètre dans le désert, quelqu'un qui vous aime - et même, peut-être, contre toute logique, un être céleste dont le seul but est de faire prospérer et triompher de tous les obstacles votre équipe de foot, votre armée, vos affaires ou votre couple.
mercredi 5 avril 2017
Mercredi, c'est citation : L'hiver dernier, je me suis séparé de toi, de Fuminori Nakamura

Quand on fait quelque chose, on s'en imprègne, on y immerge sa propre vie pendant un moment, il me semble... Moi, j'ai vécu dans les mots d'un tas d'écrivains. Dans des mots triés sur le volet, dans les histoires d'une foule de vies, dans les échecs et les chagrins des gens, et dans leurs espoirs aussi... C'est un grand bonheur, je trouve.
mercredi 22 mars 2017
Mercredi, c'est citation : Accords nus, de Marc Levy (dans 13 à table 2017)

C'est beau une fille qui lit un livre dans les transports en commun. Ces filles-là, on dirait que le monde autour d'elles n'existe plus. Elles ont le regard rivé à leur lecture et, chaque fois qu'elles tournent une page, elles le font de façon précipitée, comme si la lecture du prochain mot ou de la prochaine phrase à venir relevait d'une urgence. C'est cette urgence qui est belle, ce besoin absolu de connaître la suite. La lassitude du trajet, la monotonie du quotidien, la solitude ou les fins de mois difficiles, tout est emporté par une ribambelle de caractères en noir et blanc qui façonnent des mondes en couleur.
mardi 10 janvier 2017
Mercredi, c'est citation : La marche de Mina, de Yoko Ogawa
Plus que n'importe quelles précieuses sculptures ou poteries, dans la maison d'Ashiya les livres étaient considérés comme importants. De manière à pouvoir mettre la main dessus dès que l'on y pensait, il y avait des bibliothèques dans toutes les pièces et même les enfants pouvaient librement prendre des livres pour adultes.
Sur les murs des pièces, les livres s'alignaient presque jusqu'au plafond. Ils se tenaient là, tranquilles, sans manifester leur présence par des cris, sans arborer non plus de décorations voyantes. Même si de l'extérieur ils ne ressemblaient à rien d'autre qu'à des boîtes carrées, il en émanait une beauté égale à celle générée par les sculptures ou les poteries. Alors que la signification des mots gravés page après page était profonde au point de ne pas pouvoir en réalité tenir dans cette boîte, ils attendaient patiemment d'être ouverts par quelqu'un. J'en vins à ressentir du respect pour leur persévérance.
Elle se contentait de voyager dans le désert des caractères, pour tenter de délivrer les coquilles enfouies à ses pieds. C'étaient, comme elle le disait elle-même, des pierres précieuses qui scintillaient sur une mer de sable. Si on ne les exhumait pas, les coquilles resteraient enfouies dans les ténèbres pendant de longues années. Elles seraient piétinées et abandonnées sans que personne ne les remarque. Cela, ma tante ne pouvait le supporter.

Les histoires qu'il a écrites sont devenues des livres qui se trouvent dans les librairies et les bibliothèques non seulement du Japon mais du monde entier. Dans une bibliothèque d'une ville où il n'a jamais mis les pieds, quelqu'un qui ne le connaît pas ouvre un de ses livres. Mourir alors qu'une chose aussi merveilleuse s'est passée pour lui, je me demande ce qui lui a pris.
mercredi 28 septembre 2016
Mercredi, c'est citation : Shibumi, de Trevanian
Chaque culture a ses forces et ses faiblesses. On ne peut les mesurer les unes aux autres. Le seul jugement que l'on puisse porter est qu'un mélange de cultures donne toujours un assemblage de ce qu'il y a de pire dans chacune d'elle. Le mauvais chez l'homme ou dans une culture, c'est l'essence animale, brutale. Le bon, c'est l'acquis précaire de la civilisation. Et quand les cultures s'entrecroisent, les éléments de base dominent inévitablement.
Un homme n'est vraiment heureux que lorsqu'il trouve l'équilibre entre ce qu'il désire et ce qu'il possède. Comment trouve-t-on cet équilibre ? L'une des solutions serait d'accroître ses propres biens au niveau de ses appétits, mais ce serait stupide. Cela signifierait l'accomplissement de choses peu naturelles - négocier, marchander, travailler. Alors ? Alors, le sage atteint l'équilibre en réduisant ses besoins au niveau de ses possessions. Et c'est encore plus facile si l'on sait apprécier à sa juste valeur ce que la vie vous donne gratuitement : les montagnes, la gaieté, la poésie, le vin offert par un ami, les femmes un peu moins jeunes, un peu moins minces. Pour ma part, je suis parfaitement heureux avec ce que je possède. L'essentiel est que j'en aie suffisamment !
mercredi 24 août 2016
Mercredi, c'est citation : Fahrenheit 451, de Ray Bradbury
Savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance ? Parce qu'ils ont de la qualité. Et que signifie le mot qualité ? Pour moi, ça veut dire texture. Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre vous trouverez la vie en son infini foisonnement. Plus il y a de pores, plus il y a de détails directement empruntés à la vie par centimètre carré de papier, plus vous êtes dans la littérature. C'est du moins ma définition. Donner des détails. Des détails pris sur le vif. Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l'effleurer. Les mauvais la violent et l'abandonnent aux mouches.

Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours ou l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel Etat ou de la quantité de maïs récolté dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits", qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté informations. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie.
Et comme le 22 août est devenu depuis quelques années la journée où l'on fête, sous le nom de Ray's Day en hommage à Ray Bradbury, la lecture sous toutes ses formes, voici une dernière citation attribuée à cet auteur passionné de livres et de lecture :
mercredi 17 août 2016
Mercredi, c'est citation : La voie des âmes, de Laurent Scalese
Si la lecture l'avait sauvé d'une mort intellectuelle certaine, elle avait cimenté le mur qui le séparait de sa femme. Il dévorait des livres qui nourrissaient son esprit, elle se gavait d'essais théologiques qui étriquaient le sien.
Le rêves qui ne se réalisent pas, à la longue, ça tue. On se doit de réaliser les nôtres. En tout cas, on doit essayer.
L'homme est ainsi fait. Il refuse d'admettre que ce qui est perdu l'est à jamais. Il conjugue sa vie au passé ou au futur, rarement au présent.
Le point faible de l’homme, c’est sa peur obsessionnelle de la mort. Les siècles n’y font rien, il n’arrive pas à accepter l’idée de disparaître. La mort lui gâche la vie [...].mercredi 10 août 2016
Mercredi, c'est citation : Les hommes meurent les femmes vieillissent, d'Isabelle Desesquelles
On dit aux petites filles qu'il faut souffrir pour être belle, on devrait leur apprendre la volupté. Arrêter avec la petite sirène. Il y a d'autres moyens de trouver un prince qu'en y laissant ses écailles.
Il faut vivre, voilà, on n'a pas le choix. Le bonheur, c'est que des moments. Sûr, si on attend davantage, on est malheureux.
Je sais combien ce qui fait et défait une famille, ce sont les liens invisibles, ces vies ordinaires d’humains. On est déjà une énigme pour soi, alors pour les autres… Les familles sont pleines de silences et de mensonges. On se débrouille comment avec ça ? Comme tout le monde, on continue. Et on imagine la vie qu’on aurait eue avec celui ou celle parti trop tôt ; les questions se bousculent. Oh, on ne les pose pas à voix haute, mais à l’intérieur de nous les réponses résonnent. Souvent, elles font mal. mercredi 3 août 2016
Mercredi, c'est citation : La fortune de Sila, de Fabrice Humbert
mercredi 27 juillet 2016
mercredi 20 juillet 2016
Mercredi, c'est citation : Le moins pire des mondes, de Bruno Pochesci (dans Un tremplin pour l'utopie)

Manger ceci, prier le cul tourné par là, empapaouter madame comme ci plutôt que comme ça... Toutes ces simagrées n'ont plus lieu d'être. Tu cherches Dieu ? Mate les étoiles, comme tes ancêtres ! Ou le roulis des fesses de ta douce, le sourire d'un môme, la frénésie du chaton aux prises avec une pelote de laine...
mercredi 6 avril 2016
Mercredi, c'est citation : Le maître des livres volume 1, de Umiharu Shinohara
On parle souvent de "livres pour enfants" ou de "livres pour adultes". Mais la réalité est qu'il n'y a pas d'âge pour apprécier un livre.
Aussi nombreux que soient les livres excellents de par le monde... ils ne servent à rien s'il n'y a pas de lieu pour se les procurer.
Il y a mille et une façons d'apprécier un livre […] Cela ne sert à rien de se préoccuper de l'avis des gens.
Ce n'est pas toi qui choisis les livres... mais les livres qui te choisissent.
Ce serait faire preuve d'une grande stupidité que de considérer comme débiles des œuvres que l'on n'a jamais lues !
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