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lundi 28 mai 2018

Aromantic (Love) Story volume 1, par Haruka Ono

Fiche technique :
 
Auteur : Haruka Ono
Traducteur : Satoko Fujimoto
Titre : Aromantic (Love) Story
Série / Volume : Aromantic (Love) Story, volume 1
Editeur / Collection : Akata / L
Nombre de pages : 199
Date de parution : Mai 2018
 
 
Quatrième de couverture :
 
Futaba Kiryû, 32 ans, est autrice de mangas. Ce qu’elle adore par-dessus tout, c’est dessiner des shônen bien sociaux ! Le problème, c’est que ce genre ne marche plus du tout… Du coup, pour tenter de vraiment lancer sa carrière, son éditeur lui propose (impose ?) de s’essayer à un autre genre de shônen : le harem manga ! Gros hic : elle déteste ça, et surtout… elle ne s’intéresse pas du tout à l’amour. Bien malgré elle, et agacée par l’injonction sociale qui impose aux femmes d’être forcément amoureuses, elle entame l’écriture d’un shônen manga romantique. Contre toute attente, le succès est immédiat, et la voilà condamnée à continuer de dessiner une série à laquelle elle-même ne comprend rien… Pour ne rien arranger, elle se retrouve très vite prise entre deux feux : d’un côté, la touchante vénération d’un assistant de douze ans son cadet, de l’autre, la séduction flamboyante d’un scénariste d’anime quadragénaire. Une situation cauchemardesque pour cette célibataire endurcie…
 
 
Avis :

Ce premier volume du manga Aromantic (Love) Story m'a beaucoup plu. D'aspect plutôt classique, il ressemble à première vue à un shôjo manga (= manga pour jeunes filles) lambda. Il sort cependant du lot par les thèmes abordés : féminisme, pression sociale, asexualité... Des thématiques d'actualité, malheureusement peu abordées en littérature jeunesse.

Qui a dit que les femmes s'intéressaient forcément à l'amour ?
 
L'idée de départ est sympathique : une mangaka qui ne s'intéresse pas à l'amour est obligée par son éditeur de produire un manga romantique qui connait un succès fou, au point qu'une adaptation en anime est en cours. Elle découvre à cette occasion que deux hommes de son entourage semblent éprouver des sentiments pour elle (mais a-t-elle correctement interprété les signes ?) : son jeune assistant dont le coté taciturne l'effraie depuis toujours, et le scénariste de l'anime, entreprenant et agaçant en diable. Comment va-t-elle pouvoir se sortir de ce guêpier ?

Cette intrigue légère et amusante nous permet de découvrir le quotidien d'une autrice de mangas, ses méthodes de travail, ses relations avec son éditeur ou son équipe d'assistants. 
 
Elle permet également de faire passer un message fort au lecteur : il existe plusieurs genres humains comme il existe plusieurs formes de sexualité (ou de non-sexualité). Tout le monde a le droit de vivre et d'être heureux, même ceux qui ne font pas partie de la "majorité" représentative de la société. L'être humain est complexe et varié et ne devrait pas être obligé de se couler dans un moule à cause de la pression sociale. Cette idée exposée clairement et intelligemment donne à réfléchir sans que l'on ait la désagréable impression que l'auteur nous fasse la morale.
 
Les illustrations sont dans le pur style shôjo : claires, mignonnes, toutes en rondeur, avec peu de décors mais sans excès de trames. Les personnages sont très expressifs, on devine leurs émotions sans problème, du premier coup d'œil.
 
Outre les illustrations, l'humour omniprésent et les quiproquos qui s'enchaînent rendent la lecture très plaisante et le message sous-jacent facile à appréhender. J'ai hâte de lire la suite d'Aromantic (Love) Story, de voir comment l'intrigue va évoluer tout en espérant que le message fort de ce premier tome ne passera pas aux oubliettes...
 



 

Un grand merci aux éditions Akata et au site Babelio pour cette belle lecture faite dans le cadre de l'opération Masse critique. Vous pouvez lire un extrait de ce premier tome (les 47 premières pages, dans le sens japonais) sur le site d'Akata, ICI. Bonne découverte 😊



 

mardi 17 avril 2018

Ar-Men, l'enfer des enfers par Emmanuel Lepage (#1Blog1BD)

Fiche technique :

Auteur : Emmanuel Lepage
Titre : Ar-Men, l'enfer des enfers
Editeur : Futuropolis
Nombre de pages : 96
Date de parution : Novembre 2017


Présentation éditeur :

Au large de l’île de Sein, à la pointe Finistère, Ar-Men émerge des flots. Construit en 1867 on surnomme ce phare mythique « L’enfer des enfers ». Sa lumière veille les navires, et les protège des récifs menaçants. Les hommes se sont succédés pour l’entretenir, sentinelles d’une côte déchiquetée que les marins redoutent.
Germain, dans les années 1960, est l’un de ces gardiens téméraires et solitaires. Dans l’édifice isolé, contre vents et marées, il a trouvé son exacte place, emportant là ses blessures et son abandon d’une vie sur terre, avec les autres hommes.


Avis :

Quelle claque cette bande dessinée !! Je l'ai lue par curiosité, un peu par hasard, et je ne regrette absolument pas. J'ai adoré le thème et son traitement, mélange de fiction et de documentaire, c'est absolument passionnant et instructif.


Ar-Men, surnommé « L’enfer des enfers », est le phare le plus exposé et le plus difficile d'accès de Bretagne, c'est-à-dire du monde. Construit à la pointe ouest de la Bretagne, à l'extrémité de la chaussée de Sein, entre 1867 et 1881, il culmine à 33,50 m au dessus de la mer. Occupé par des gardiens qui se relayaient une fois à deux fois par mois, le phare a été automatisé en 1990.

En nous faisant suivre le quotidien de deux gardiens de phare dans les années 1960, Emmanuel Lepage nous plonge au cœur de la Bretagne. Il nous fait découvrir les légendes locales (en particulier Ys, la légendaire cité engloutie par la mer), la vie quotidienne des îliens et des marins au fil des époques, la beauté des lieux et les dangers de la mer. Plusieurs histoires s'entremêlent, et si j'ai été légèrement perdue pendant les premières pages de la lecture j'ai rapidement trouvé mes marques.
L'histoire des gardiens est émouvante, leur vie quotidienne à l'intérieur du phare est difficile et réglée comme du papier à musique. Isolés "au bout du monde", à la merci des éléments déchainés, ils ne peuvent bien souvent compter que sur eux-mêmes.
Quant à l'histoire de la construction du phare au XIXème siècle, elle est passionnante. Ce fut une entreprise folle, titanesque, un travail de fourmis dans un environnement plus qu'hostile et des conditions extrêmes. J'ai énormément appris pendant la lecture, et cela m'a donné envie d'en apprendre encore plus une fois la dernière page tournée.
 
Les illustrations collent parfaitement bien à l'histoire. Il n'y a pas beaucoup de petits détails, les traits ne sont pas nets, mais je trouve quand même les dessins magnifiques. Ils rendent parfaitement bien compte de la violence des éléments déchainés ou du calme de la mer au petit matin. La mise en couleurs est sublime, il y a un mélange de sépia, de noir et blanc, de couleurs pastels ou vives, presque criardes, suivant les époques ou les histoires racontées.  
 
Que vous soyez intéressés ou non par l'histoire maritime, ,je vous recommande chaudement cette bande dessinée qui saura vous emporter dans « L’enfer des enfers ». Un immense merci aux éditions Futuropolis ainsi qu'au groupe PriceMinister - Rakuten pour cette magnifique lecture faite dans le cadre de l'opération l'opération #1Blog1BD.



lundi 22 janvier 2018

Nos yeux fermés, par Akira Sasô

Fiche technique :

Auteur : Akira Sasô
Traducteur : Aurélien Estager
Titre : Nos yeux fermés
Editeur / Collection : Pika édition / Graphic
Nombre de pages : 270
Date de parution : Avril 2017


Présentation éditeur :

La vie n’est pas tendre avec Chihaya... Et elle le lui rend bien. Le bonheur ? Elle ne connaît pas. Son père alcoolique, sa mère partie, elle enchaîne les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts. Un jour, son pied heurte accidentellement la canne d’Ichitarô, un non-voyant. À partir de cet instant, ce jeune homme à la joie de vivre communicative va tout faire pour entrer dans la vie de Chihaya et lui faire voir le monde autrement.


Avis :

La collection Pika Graphic se définit comme un écrin pour des auteurs asiatiques aux codes narratifs et aux traits proches du roman graphique. Grand format, papier et impression de qualité, thématiques adultes, tout est effectivement mis en œuvre pour rendre la lecture (dans le sens japonais, de droite à gauche) agréable et enrichissante.

Nos yeux fermés nous parle de la rencontre de deux personnes que tout oppose : Ichitarô, jeune non-voyant ouvert au monde et d'un optimisme à toute épreuve, et Chihaya, jeune femme physiquement bien portante mais aigrie et stressée par une vie faite de désillusions et de petits boulots. De leur rencontre improbable va naître une histoire d'amour touchante et délicate.
 
Ichitarô va apprivoiser Chihaya par petites touches, en lui faisant prendre conscience des petits bonheurs quotidiens : jouer à la ficelle, ressentir la pluie sur son visage, faire de nouvelles rencontres, sortir entre amis, aider son prochain, écouter, pardonner...
Chacun va faire découvrir sa vision du monde à l'autre. Chihaya va lui décrire ce qu'elle voit, des scènes de la vie quotidienne, un bébé qui sourit, des enfants qui jouent, une fleur perdue au milieu des mauvaises herbes... Des choses toutes simples auxquelles elle ne prêtait  jusque là aucune attention. Ichitarô va de la même manière lui faire découvrir le monde vu par les aveugles, les yeux fermés mais le cœur ouvert. Il va lui apprendre à toucher et à ressentir, il va lui faire prendre conscience des difficultés qu'il rencontre au quotidien et de la méchanceté gratuite de certaines personnes vis à vis des handicapés.
 
Les illustrations sont d'une grande simplicité. Peu de décors, peu de trames, l'accent est mis sur les personnages et leurs expressions, bien retranscrites et facilement identifiables. Les textes sont également peu nombreux et plutôt courts, il n'y a pas de grands discours, tout est dans la retenue. L'émotion est présente sans que cela soit larmoyant et il y a des touches d'humour pour alléger l'atmosphère. Les propos sont intelligents et donnent matière à réflexion.
 
Nos yeux fermés est sans conteste un manga feel good (= qui fait du bien), dans la lignée de ce qui se fait en roman depuis quelques années : des personnages sympathiques, un quotidien bousculé par un brin de folie et une nouvelle façon de voir le monde, plus optimiste et empathique. Une lecture détente qui fait du bien et booste le moral, c'est plutôt agréable par les temps qui courent.

J'ai pu lire Nos yeux fermés grâce à l'opération Masse critique du site Babelio. Un grand merci à Babelio ainsi qu'aux éditions Pika pour cette belle occasion.



 

samedi 15 avril 2017

Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments), par Mathou (#1Blog1BD)

Fiche technique :
 
Auteur : Mathou
Titre : Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments)
Editeur : Monsieur Pop Corn
Nombre de pages : 135
Date de parution : Novembre 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Je n’ai pas du tout la prétention de faire un livre pratique pour vous apprendre à être heureux. Je vous propose un livre poétique, pour faire sourire, pour faire rire, pour se dire "ah oui tiens, c’est vrai, j’avais oublié tout ça, comme c’était chouette".
J’aime glaner des petits moments. Mettre de côté dans un coin de ma tête des petits plaisirs, des petits bonbons de bonne humeur ou de joie simple qui me permettent d’avancer et de positiver — parfois.
Ce livre est une succession de mes petits moments à moi, vécus ou fantasmés, bien réels ou rêvés, aperçus, à peine entrevus, passés trop vite... Le temps file et nos souvenirs avec, ce livre est là pour que je me souvienne de ces moments, pour qu'ils m'aident à voir la vie du côté le plus joli possible. J'espère qu'il vous permettra de faire tout pareil. Je vous souhaite mille et un petits moments qui rendront votre vie jolie !
 
 
Avis :
 
Tout est dit dans la quatrième de couverture. Mathou nous présente ici ses petits moments, ceux qui la rendent heureuse, classés en deux catégories : Les petits moments de tous les jours et Les petits moments de temps en temps. L'odeur du premier café du matin, les câlins des enfants, les sorties entres copines ou les séances cocooning sous un plaid devant la télé avec son chéri, tous ces petits moments agréables embellissent l'existence sans que l'on y fasse réellement attention. En lisant cet album, vous ne pourrez que repenser à votre propre expérience et ressentir le bonheur d'avoir vécu ces instants du quotidien.
 
   
© Mathou, Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments)
  
Une troisième partie, Les petits mots qui font du bien, se compose d'une série de doubles pages colorées et poétiques associées à quelques mots qui redonnent du courage en cas de baisse de moral : "La pluie c'est pas toujours triste", "Le meilleur reste à venir", "Le bonheur s'entretient tous les jours", etc. A méditer et à appliquer, cela ne fait pas de mal de positiver de temps en temps !
 
  
© Mathou, Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments)
 
J'ai tout adoré dans Tout plaquer et aller prendre un bain, les illustrations pleine page, les dessins tout en rondeur, la mise en scène du quotidien, la douceur et la poésie qui se dégagent de ces scénettes, l'humour présent par petits touches... Cette lecture a embelli ma journée, et je sais que je vais garder l'album à portée de main pour contrer les petits coups de déprime qui m'atteignent parfois.
 
Un grand merci aux éditions Monsieur Pop Corn ainsi qu'au site PriceMinister pour m'avoir fait découvrir ce condensé de petits moments savoureux grâce à l'opération La BD fait son festival (#1Blog1BD).
 
Si vous souhaitez en savoir plus sur Mathou, n'hésitez pas à faire un tour sur son blog ou sur sa page Facebook Crayon d'Humeur, vous y découvrirez une foule d'illustrations toutes plus adorables et amusantes les une que les autres... 
http://crayondhumeur.blogspot.fr/
 
 
 
 

jeudi 13 avril 2017

Le 3ème Gédéon volume 1, de Taro Nogizaka

Fiche technique :

Auteur : Taro Nogizaka
Traducteur : Yohan Leclerc
Titre : Le 3ème Gédéon
Série / Volume : Le 3ème Gédéon volume 1
Editeur / Collection : Glénat / Seinen manga
Nombre de pages : 208
Date de parution : Mars 2017


Quatrième de couverture :

France, dans les derniers jours de l'Ancien Régime.
Deux hommes que tout oppose s'engagent de concert sur le chemin de la Révolution. Gédéon, homme du peuple cherchant à se présenter aux états généraux pour aider un pays rongé par la misère, veut transformer le pays. Georges, aristocrate qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins, veut le détruire. Entre l'amour et la haine, le bien et le mal, quel camp l'emportera ? Et au bout du chemin, qu'adviendra-t-il ? Un enfer sanglant ou une société idéale ?
 
 
Avis : 
 
Merci aux éditions Glénat et au site Babelio pour cette découverte faite dans le cadre de l'opération Masse critique. Ne connaissant pas du tout l'auteur j'ai choisi ce manga par rapport au thème (j'aime bien voir comment l'histoire de France est perçue à l'étranger) et je ne regrette pas ce choix.
 
Le 3ème Gédéon est un manga sur les prémisses de la Révolution française qui nous montre deux visions du monde que tout oppose. Il y a d'un côté Gédéon Aymé, jeune père de famille issu du peuple qui souhaite se faire élire comme député du Tiers état ; sympathique et idéaliste, il veut améliorer le sort des plus humbles. Il y a de l'autre côté Georges, duc de Loire, un jeune noble mystérieux et charismatique qui cache une vilaine blessure sous son masque. Pour lui, la violence est nécessaire pour renverser l'ordre établi, mais dans quel but ? 
 
 Gédéon vs Georges : deux visions de l'avenir, deux manières d'y parvenir... (les bulles se lisent de droite à gauche)
 
Autour de nos deux héros gravite toute une galerie de personnages fictifs ou réels (Robespierre ou Saint-Just pour ne citer qu'eux) qui permettent d'appréhender les enjeux de société de l'époque... Hommes ou femmes, riches ou pauvres, sympathiques ou cruels, ces personnages nous montrent quelques aspects de la vie quotidienne sous l'Ancien Régime. Je ne suis pas totalement convaincue par l'aspect historique tel qu'il nous est montré, mais cela n'a pas vraiment gêné ma lecture.
 
Les dessins sont agréables à l'œil, certaines pages sont de toute beauté. Les personnages sont aisément identifiables, de même que leurs expressions faciales. Les décors sont simples mais soignés et les scènes d'action sont facilement lisibles, sans fouillis ni surcharges.
 
L'intrigue est intéressante, elle mêle général et particulier, la révolte qui gronde dans le royaume et le mystère qui entoure Georges... Le ton est à la fois violent (les membres coupés et corps sanglants ne manquent pas) et humoristique, il y a du suspense et beaucoup d'action.
 
 
Si ce manga ne m'a pas convaincue à 100 %, essentiellement à cause du côté historique, j'attends néanmoins le tome 2 avec impatience pour me faire un avis définitif. J'ai bien aimé les relations entre Georges et Gédéon et le mystère qui les entoure, j'ai moins accroché à l'aspect "politique" de l'intrigue et à certaines scènes de violence. Reste à voir comment le manga va évoluer par la suite...
 
 
 
 
 
 

samedi 14 janvier 2017

Mei Lanfang, une vie à l'Opéra de Pékin tome 1, de Lin Ying

Fiche technique :
 
Auteur : Lin Ying
Traducteurs : Nicolas Grivel et Olivier Zhao
Titre : Mei Lanfang, une vie à l'Opéra de Pékin
Série / Volume : Mei Lanfang, une vie à l'Opéra de Pékin, volume 1
Editeur : Urban China
Nombre de pages : 192
Date de parution : Juin 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Le 8 août 1961, la Chine pleura la mort d'un de ses artistes les plus populaires : Mei Lanfang. Ce chanteur de l'Opéra de Pékin, qui faisait frémir d'émotion ses diverses audiences lors de ses interprétations de rôles féminins, commença sa carrière en 1904, à l'âge de dix ans. Pendant des heures, il entraina sa voix, appris la danse et répéta ses acrobaties, jusqu'à atteindre un niveau de raffinement qui le propulsa en Chine, mais également sur la scène internationale.
Yin Ling retrace d'un trait délicat la vie et la carrière de ce personnage extraordinaire, et nous offre également une plongée dans l'univers magique et méconnu de l'Opéra de Pékin.
 
 
Avis :
 
Mei Lanfang était un chanteur de l'Opéra de Pékin, l'un des plus populaires du XIXème siècle. Il fut le premier artiste à présenter l'Opéra de Pékin hors de Chine, ce qui le rendit célèbre dans le monde entier. Cette bande dessinée chinoise revient sur ses jeunes années, son apprentissage et ses premiers pas sur scène.
 
Lin Ying nous présente un mode dur, où de jeunes garçons subissent un entrainement pluridisciplinaire rigoureux : chants (paroles et voix), danses, acrobaties... sont répétés jusqu'à épuisement ; le corps doit être souple et l'esprit vif afin de percer dans le monde fermé de l'opéra, et les erreurs ou manques d'attention sont sévèrement punis. Une fois promu chanteur  la célébrité est acquise par protection, il faut plaire aux personnes influentes, quitte à vendre son corps et son âme ! A travers le parcours de deux jeunes apprentis chanteurs, Wanhua (Mei Lanfang) et Huixin, nous assistons à deux modes d'apprentissage et à deux visions du métier.
Cette incursion dans l'univers de l'Opéra de Pékin est très intéressante, d'autant plus que des notes de bas de page et une postface nous donnent des clés de compréhension de la culture chinoise du début du XIXème siècle. C'est l'aspect de la bande dessinée que j'ai le plus apprécié, j'ai découvert un monde totalement inconnu pour moi, avec ses codes si particuliers.  
 
L'intrigue est également intéressante, nous faisons connaissance avec de jeunes chanteurs qui se consacrent entièrement à leur art ainsi qu'avec leur aînés, cela nous permet de voir différents moments de la vie de chanteur et d'aborder différentes thématiques en fonction de l'âge. Mon seul problème concerne le manque d'empathie que j'ai ressenti vis à vis de ces personnages : malgré leurs qualités ou leurs souffrances je n'ai pas réussi à m'attacher à eux, je suis vraiment restée à l'extérieur de l'histoire.
 
Concernant les illustrations, Lin Ying nous gratifie de costumes somptueux, riches en détails, et de décors vides ou minimalistes qui permettent de se concentrer sur les personnages et leurs expressions. J'ai trouvé les dessins très beaux, fins et délicats, superbement mis en valeur par le noir et blanc. J'ai cependant eu un peu de mal à reconnaitre certains personnages qui se ressemblaient beaucoup, c'est dommage.
 
Merci aux éditions Urban China et au site Babelio pour cette lecture reçue dans le cadre de l'opération Masse critique. La suite de Mei Lanfang, une vie à l'Opéra de Pékin est déjà sortie (trois tomes à ce jour), alors n'hésitez pas à aller découvrir la vie de ce chanteur hors du commun et à voyager dans la Chine du siècle dernier.



 

dimanche 16 octobre 2016

The bride of the fox spirit, de Rihito Takarai et Miryû Masaya

Fiche technique :
 
Scénariste : Miryû Masaya
Dessinateur : Rihito Takarai
Traducteur : Marie-Saskia Raynal
Titre : The bride of the fox spirit
Editeur / Collection : Taïfu Comics / Shôjo
Nombre de pages : 222
Date de parution : Juillet 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
« Réjouis-toi, andouille, nous sommes maintenant mari et femme ! »
Voilà qu’à cause d’un kotodama dont il ne connaissait même pas l’existence, Shin se retrouve marié à Ginrei, un beau gosse affublé d’une queue et d’une paire d’oreilles et qui se trouve être un esprit renard ?! Sans compter que s’il n’arrive pas à ôter l’anneau qui est le symbole de leur union, il se fera dévorer par celle dont il a malencontreusement pris la place, une renarde maléfique à 9 queues ! Le malchanceux Shin et le hautain Ginrei sont forcés de collaborer et s’engagent dans une course contre la montre pour mettre un terme au lien qui les unit !
 
 
Avis :

Sous le titre The bride of the fox spirit se trouve un one shot mignon et humoristique, à découvrir sans hésiter ! Merci aux éditions Taïfu Comics et au site Livraddict pour ce sympathique partenariat :-)

Alors que la quatrième de couverture laisserait penser à du yaoï (histoire d'amour entre hommes), The bride of the fox spirit est en fait un manga shôjo (romance) assez classique dans sa forme et dans son fond.

L'intrigue est plutôt convenue : deux personnes que tout oppose liées à cause d'un malentendu, une cohabitation forcée et la découverte de sentiments naissants... C'est vu et revu, mais quand on aime on ne s'en lasse pas. L'originalité du manga tient surtout au fait que les personnages principaux sont deux hommes que tout oppose, et que l'histoire met en scène des divinités et des êtres fantastiques propres au folklore japonais.
Les personnages sont sympathiques et souvent attachants, ils évoluent et se dévoilent tout au long du manga. Le ton général de l'histoire est positif, quelques messages sont dissimilés ici et là (dont le plus important : avoir des pensées négatives a forcément des répercussions négatives sur la vie) et l'histoire est pleine de bons sentiments. Il y a également de l'action, les péripéties sont nombreuses et variées. L'humour est bien présent, j'ai très souvent souri (et parfois ri), bref j'ai passé un bon moment de lecture.

J'ai trouvé les illustrations très belles, surtout les pleines pages. Les planches sont assez claires, les décors sont rares et l'utilisation de trames est plutôt limitée, l'illustratrice s'est clairement concentrée sur les personnages (adorables) et leurs expressions (bien retranscrites). C'est simple et agréable à lire, on comprend ce qui se passe du premier coup d'œil.



 

dimanche 24 avril 2016

Le piano oriental, de Zeina Abirached

Fiche technique :
 
Auteur : Zeina Abirached
Titre : Le piano oriental
Editeur / Collection : Casterman / Albums
Nombre de pages : 212
Date de parution : Septembre 2015
 
 
Présentation éditeur :
 
Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d'un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d'Orient de d'Occident, ce piano au destin méconnu n'aura vu le jour qu'en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s'abatte sur le Liban.
Une métaphore amusante - et touchante - de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son œuvre.
 
 
Avis :

J'ai eu l'immense plaisir de pouvoir lire Le piano oriental grâce à l'opération "La BD fait son festival 2016" de PriceMinister (#1Blog1BD). Un grand merci à PriceMinister et aux éditions Casterman pour cette magnifique découverte.
 
A travers Le piano oriental, Zeina Abirached nous livre une très belle chronique familiale et nous brosse un tableau idyllique du Liban d'avant la guerre civile.
Nous y faisons la connaissance d'Abdallah Kamanja, un sympathique doux-rêveur, de sa famille et de ses amis ; nous suivons son rêve de rapprocher musiques orientales et musiques occidentales grâce au piano si particulier qu'il va inventer... Et nous découvrons en parallèle l'enfance de l'auteur, son apprentissage de la langue française et son existence d'adulte, partagée entre Paris et Beyrouth.
 
Cet album est un hymne à l'amour de la musique et des mots, une preuve de la réussite du métissage de deux cultures, où le meilleur de chacune est mis en avant.

Les dessins, tout en rondeur, apportent une touche de douceur aux pages exclusivement noir et blanc, comme des touches de piano. Le style est chargé, les détails foisonnent, mais l'ensemble est harmonieux, on ne ressent aucun sentiment d'oppression. Le découpage est varié et original (cases classiques, bandeaux, pleines pages, quadruple page, débordements, etc.), le plaisir de la découverte se renouvelle ainsi tout au long de la lecture. Il n'y a pas énormément de texte à lire, mais beaucoup d'onomatopées qui rendent cette bande dessinée très musicale.
 
J'ai adoré cet album, tant pour l'histoire et le message qu'elle véhicule que pour les illustrations et le style si particulier de Zeina Abirached. En attendant de lire les autres œuvres de l'auteur, je sais que je relierais Le piano oriental avec autant de plaisir que lors de ma première lecture. Il y a des bandes dessinées dont on ne se lasse pas... et pour moi Le piano oriental en fait partie !

Zeina Abirached montre la quadruple page où le piano oriental alterne quart de ton et musique occidentale... © LCA/Culturebox




vendredi 18 mars 2016

Watertown, de Götting

Fiche technique :
 
Auteur : Jean-Claude Götting
Titre : Watertown
Editeur : Casterman
Nombre de pages : 96
Date de parution : Janvier 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c'était un lundi matin.
Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau.
Lorsqu'en payant, je lançai « À demain Maggie », elle répondit : « Non... Demain je ne serai plus là. »
 
 
Avis :

Watertown est une agréable plongée dans l'Amérique profonde des années 1960. Polar d'inspiration hitchcockienne, son principal point fort est l'ambiance qui s'en dégage.
 
Philip Whiting, modeste employé de bureau dans une compagnie d'assurance, est obnubilé par les secrets qui entourent Maggie Laeger, dont le départ précipité est concomitant avec la mort de Mr. Clarke, son patron. La rencontrant par hasard sous une autre identité deux ans après les faits, il décide de mener sa propre enquête, envers et contre tous... Est-il question de la fuite d'une meurtrière ou d'une simple coïncidence ? La réponse apparaitra au terme d'une enquête longue et minutieuse.

Jean-Claude Götting privilégie ici la réflexion plutôt que l'action. Le rythme de l'histoire est volontairement lent, mais la tension est bien présente et le suspense s'accentue au fur et à mesure des découvertes de notre apprenti enquêteur. La bande dessinée est découpée en sept parties, qui sont autant de phases dans l'enquête de Philip Whiting. Une fois commencée, il est difficile d'arrêter la lecture avant le dénouement tant l'histoire est addictive. Je n'aurais pas pensé à cette fin, mais elle est tout à fait logique et termine la bande dessinée sans fausse note.

Les illustrations et la mise en couleur jouent un grand rôle dans l'atmosphère qui se dégage de cette lecture. Les décors, costumes, voitures, etc. nous renvoient directement dans les sixties, et le traitement des couleurs confère à l'ensemble un côté vintage très agréable. Les traits noirs et épais, le ton grisé et les touches de jaune et de bleu peuvent surprendre au début, mais on s'y habitue très vite. Les planches regorgent de détails - certaines sont d'ailleurs de toute beauté -, les personnages sont bien proportionnés et ont un regard expressif qui permet de deviner leur état d'âme du premier coup d'œil... bref, passé la surprise du style si particulier de Watertown plus rien n'empêche de profiter pleinement de l'histoire. Une belle réussite.

Un grand merci aux éditions Casterman ainsi qu'au site lecteurs.com pour cette belle découverte.




samedi 9 janvier 2016

Sykes, de Pierre Dubois et Dimitri Armand

Fiche technique :
 
Scénariste : Pierre Dubois
Dessinateur - Coloriste : Dimitri Armand
Titre : Sykes
Editeur / Collection : Le Lombard / Signé
Nombre de pages : 80
Date de parution : Novembre 2015


Présentation éditeur :

Lorsque « Sentence » Sykes pose le premier sabot dans ses collines natales, le jeune Jim Starret reconnaît immédiatement une légende de l'Ouest, digne des illustrés avec lesquels il a appris à lire. Mais son nouveau héros n'est pas là lorsque la redoutable bande des Clayton assassine sa mère sous ses yeux. Dès lors, Jim n'a plus qu'une obsession : rejoindre Sykes et participer à la traque. Il a déjà payé le prix du sang. Il ignore encore que ce sont ses démons qui forgent une légende du Far-West...
 
 
Avis :

J'ai pu lire Sykes dans le cadre de l'opération Masse critique du site Babelio. Un grand merci à Babelio ainsi qu'aux éditions Le Lombard pour m'avoir permis de découvrir cette très belle bande dessinée !

J'ai passé un excellent moment de lecture avec Sykes. Je pensais juste en feuilleter quelques pages quand je l'ai reçu, et finalement je l'ai dévoré d'une traite...

Lire Sykes m'a rappelé les bons vieux westerns que je pouvais voir à la télévision chez mon grand-père, il y a une éternité de cela... Le Far-West sauvage, les hommes d'honneur et les bandes de hors-la-loi sans pitié, rien ne manque.
Magnifiquement illustré par Dimitri Armand (les paysages notamment sont de toute beauté), cet album nous plonge dans un monde violent, en pleine mutation, pour le meilleur comme pour le pire. L'intrigue, au demeurant classique (un marshal pourchassant une bande de bandits sans foi ni loi) est passionnante de bout en bout et met en scène une galerie de personnages variés et réalistes, aux passés douloureux et aux caractères bien trempés. Le découpage est dynamique, surtout en ce qui concerne les scènes d'actons, et la présence de planches muettes permet une immersion totale dans l'histoire. La fin, émouvante, peut paraitre un peu rapide, mais elle clôture parfaitement bien l'histoire.

J'aime beaucoup la collection Signé chez Le Lombard, synonyme pour moi de "très bon titre". Sykes ne déroge pas à la règle, c'est vraiment une bande dessinée de qualité que je vous recommande chaudement !
 
 
   
Les premières planches de Sykes... pour vous donner encore plus envie de découvrir cette BD !