dimanche 28 juillet 2019

Petits meurtres au Caire, par Olivier Barde-Cabuçon #chroniquelecture


Fiche technique :

Auteur : Olivier Barde-Cabuçon
Titre : Petits meurtres au Caire
Série / Volume : Commissaire aux morts étranges, volume 8
Editeur / Collection : Actes Sud / Actes noirs
Nombre de pages : 368
Date de parution : Juin 2019


Quatrième de couverture :

Coursés par un navire barbaresque alors qu’ils quittent Venise, le commissaire aux morts étranges et son père, le moine hérétique, font naufrage et sont séparés. Le moine se retrouve prisonnier de l’île de la mystérieuse Calypso, et le chevalier de Volnay est emmené comme esclave au Caire ! Il y est retenu dans l’étrange demeure d’une princesse mamelouke adepte des dieux anciens, et de ses trois suivantes orientales au comportement singulier. Tandis que son père fait tout pour se précipiter à son secours, on découvre dans la maison de la princesse les corps de deux amants, visiblement morts au milieu de leurs ébats. Meurtre ou suicide ?
Les deux hommes se voient confier l’enquête avec, pour enjeu, l’affranchissement de Volnay. Dans l’Égypte colorée du Coran et sensuelle des Mille et Une Nuits se présente à eux une affaire des plus retorses. Au Caire, où les rapports de force et d’autorité sont inversés, maîtres et esclaves ne sont pas forcément ce qu’ils paraissent…
À travers la rencontre, toujours actuelle, de l’Orient et de l’Occident, Olivier Barde-Cabuçon nous offre la plus inattendue et la plus dépaysante des enquêtes du commissaire aux morts étranges.


Avis :

Connaissez-vous les enquêtes du Commissaire aux morts étranges ? Cette série de romans policiers historiques me tient en haleine depuis plus de sept ans. J'attends toujours la suite avec beaucoup d'impatience et je m'en délecte, année après année, sans jamais m'en lasser. Tout, dans ces romans d'Olivier Barde-Cabuçon, me plonge dans un plaisir sans fin : la reconstitution de la vie quotidienne au XVIIIème siècle, les intrigues tortueuses à souhait, les enquêtes que je tente de résoudre en même temps que les héros, le style de l'auteur, travaillé et agréable à lire, et surtout les personnages extrêmement attachants dont j'aime suivre les évolutions.

Ce huitième opus des aventures du chevalier de Volnay et du moine hérétique ne déroge pas à la règle : je l'ai beaucoup aimé, même si ce n'est pas le meilleur tome de la série selon moi ! La découverte de l'Egypte ottomane, de son organisation politique et sociétale, est réellement dépaysante, j'ai beaucoup appris lors de cette lecture. Les contes des Mille et une nuits et les survivances des anciens rites antiques se mêlent aux préceptes du Coran pour nos deux enquêteurs qui ont fort à faire pour résoudre un double meurtre et se sortir d'un mauvais pas... C'est intelligent, surprenant et passionnant. L'intrigue est compliquée (un peu trop peut-être ?), les personnages sont complexes et attachants comme il se doit, et tout amateur d'histoire et de littérature classique se régalera des références et anecdotes présentes dans le roman. 

Si vous connaissez cette série, Petits meurtres au Caire devrait vous plaire, ne serait-ce que pour les mésaventures des deux héros. Si vous ne connaissez pas encore les enquêtes du Commissaire aux morts étranges, je ne saurais que vous conseiller de commencer par le premier tome, Casanova et la femme sans visage, qui vous rendra très certainement accro. Pour ma part, vous vous en doutez, j'attends impatiemment la suite des aventures du moine et du chevalier...




lundi 24 juin 2019

Andrée la papivore : le retour !













Cela fait 11 longs mois que je me suis éloignée du blog, pour des raisons indépendantes de ma volonté. La fatigue liée à la vie professionnelle et à mes problèmes de santé, la multiplications des "incivilités" dans mon quotidien, quelques problèmes techniques également, tout cela a eu raison de ma passion. Je suis restée un long moment déconnectée, j'ai perdu le goût de lire (je n'aurais jamais pensé que cela puisse m'arriver tant la lecture tenait une place importante dans ma vie depuis toute petite), puis j'ai déménagé à la campagne afin de me retrouver. Je suis encore dans les travaux et les cartons, mais j'ai repris plaisir à lire, et cela n'a pas de prix. Je vais reprendre le blog petit à petit afin de partager mes lectures avec vous, j'espère que vous y trouverez de quoi passer de bons moments...

A très bientôt, 

Andrée la papivore


vendredi 30 novembre 2018

Nouvelles...

Chères lectrices et chers lecteurs qui me suivez régulièrement ou qui me découvrez pour la première fois ; chers auteurs et chers éditeurs qui me faites confiance...
 
Je suis vraiment désolée pour ce long silence. J'ai connu toute une succession de problèmes et de contretemps qui ont débuté début juin et jamais je n'aurais pensé que cela puisse m'éloigner du blog autant de temps. J'espère pouvoir reprendre mon activité rapidement et de manière régulière, j'ai une tonne de nouvelles (et de très bonnes) lectures à partager et cela me manque de ne pouvoir le faire.
 
A très bientôt,
 
Andrée la papivore
 
 
 
 

lundi 30 juillet 2018

Je voudrais que la nuit me prenne, par Isabelle Desesquelles

Fiche technique :

Auteur : Isabelle Desesquelles
Titre : Je voudrais que la nuit me prenne
Editeur / Collection : Belfond / Pointillés
Nombre de pages : 204
Date de parution : Août 2018


Quatrième de couverture :

« Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormis et eux vous murmurent "Je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l'amour enchanté', ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait si mal le jour où ce n'est plus vrai, où la main d'un père ou d'une mère ne se posera plus sur le front d'un enfant que l'on n'est plus depuis longtemps. Et si cela arrive vraiment trop tôt, on est fauché net. On peut mourir et vivre longtemps. »
Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n'a pas la voix d'une petite fille et ses mots sont ceux d'un mystère cruel. Que s'est-il passé pour que l'innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l'univers de l'enfance, Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches.
Et la redoutable force du souvenir.


Avis :

Très beau roman d'Isabelle Desesquelles, à paraître pour la rentrée littéraire 2018, Je voudrais que la nuit me prenne explore un sujet difficile de manière poétique.
« A quel moment j'ai compris que pour mes parents je comptais plus que tout ? Que même avec des mauvaises notes, même moins jolie, même pas gentille, je compterais plus que tout pour eux. Plus que notre maison, plus que la mer pour maman, plus que ses livres, plus que tous les élèves réunis de papa, plus que mille milliards de montagnes d'or. Que pour l'un et l'autre je comptais plus qu'eux-mêmes, passais avant ma mère pour mon père, avant mon père pour ma mère, qu'ils m'aimaient à ce point. A quel moment un enfant le comprend ? Et il en fait son socle. On a beau être le plus amoureux des amoureux on ne peut pas faire autrement notre enfant vaut plus que tout. » 
Comment vous parler de ce roman sans en dévoiler le ressort principal ? Je me suis longuement posé la question ... 
Clémence, presque huit ans, vit une enfance heureuse auprès de parents fantasques et aimants. Une vie proche de la nature, entre l'école et les jeux, la belle littérature et les histoires de famille compliquées, la découverte du corps et des premiers émois amoureux... Clémence nous raconte tout, son présent et ses souvenirs d'un passé pas si lointain qui s'entremêlent, ses regrets et le futur qu'elle espère. C'est beau, empreint d'une certaine poésie, mais bien vite le malaise s'installe pour le lecteur. Quelques réflexions paraissent étranges dans la bouche d'une petite fille, quelques indices disséminés ici et là laissent présager un drame qu'elle refusera longtemps d'aborder. Une fois ce secret découvert, le texte prend un autre sens. Bouleversant. Prenant le lecteur aux tripes, le roman ne peut laisser indifférent. Il nous raconte la vie, l'amour, l'impossibilité de l'oubli. Des thèmes forts, traités de manière poignante par l'auteur dont la plume virevolte d'une scène à une autre, nous emportant avec passion dans le sillage de la petite Clémence. Cette très belle histoire va me marquer durablement tant elle m'a émue et fait réfléchir.
 
Merci au site Babelio ainsi qu'aux éditions Belfond pour cette belle découverte littéraire.




mardi 24 juillet 2018

Un matin ordinaire, de Marjorie Tixier

Fiche technique :

Auteur : Marjorie Tixier
Titre : Un matin ordinaire
Editeur / Collection : Librinova / Littérature générale
Nombre de pages : 228
Date de parution : Juin 2018


Présentation éditeur :

Laurence rêve d’un grand voyage mais son mari manque de confiance en lui pour l’emmener à l’autre bout du monde. Et puis surtout, elle a deux petites filles et un père gravement malade. Alors, pour s'évader et se ressourcer, elle court chaque vendredi à heure fixe, selon un rituel immuable.
Ce jour-là, pourtant, une rencontre inattendue l'attend...
C'est donc par un matin ordinaire que le destin de Laurence va basculer et redistribuer les cartes d'une vie de famille jusque-là bien réglée.

Roman polyphonique, Un Matin ordinaire a reçu le premier prix du concours Librinova "Un merveilleux malheur".


Avis :

Superbe roman choral, Un matin ordinaire de Marjorie Tixier est la preuve qu'Auto-édité peut rimer avec Qualité.
 
Un matin ordinaire est la version revue et augmentée d'un très beau roman que j'avais beaucoup aimé, Emmène-moi à Valparaíso. Sorti en 2015, ce dernier avait remporté le premier prix du concours "Nos lecteurs ont du talent" / "Découverte Fnac", un prix largement mérité. Si vous souhaitez découvrir mon avis de 2015, c'est ICI que cela se passe. Et qu'en est-il pour 2018 ? Mon avis n'a globalement pas changé : j'ai adoré cette lecture qui, par rapport à l'édition de 2015, apporte de nombreuses réponses à la fin qui était restée ouverte.
 
Laurence a un rituel bien ancré depuis des années : chaque vendredi matin, elle va courir dans les bois, seule. Empruntant le même trajet, aux mêmes horaires, elle tient absolument à ce moment de liberté, d'évasion, au grand dam de son époux qui craint pour sa sécurité. Mais que pourrait-il lui arriver dans cette petite commune des Alpes où tout le monde se connait ? Il suffira pourtant d'une rencontre malheureuse pour que sa vie bascule, entrainant avec elle tout son entourage...
L'histoire, assez simple, est très intéressante. Elle nous fait réfléchir de manière sensible et délicate aux problèmes de la reconstruction suite à un évènement traumatisant. Les émotions sont vraies, les réactions des personnages également. Tout le monde ne réagit pas de la même manière face à l'irruption de la violence dans sa vie quotidienne et le fait que chaque chapitre donne la parole a un personnage différent permet d'appréhender tout un panel d'émotions : peur, colère, déni, isolement ou ouverture aux autres... que ce soient des enfants, de jeunes adultes ou des personnes âgées, tout le monde a sa manière bien personnelle de faire face à l'adversité.
J'aime beaucoup le style de l'auteur Marjorie Tixier, dont j'avais également apprécié le roman La danse du feu. Sa plume est fluide et agréable à lire. D'une grande justesse et d'un optimisme communicatif. Elle sait parfaitement bien insuffler la vie à ses personnages, ce qui les rend crédibles et attachants. Le fait que le roman soit polyphonique, que chaque chapitre se concentre sur un personnage en particulier qui nous fait entendre sa voix est une très bonne idée. Le portrait de l'héroïne se dessine peu à peu, au gré de l'alternance des points de vue, tout comme l'intrigue d'ailleurs. Les chapitres défilent rapidement, les uns après les autres, sans jamais perdre le lecteur.

Je vous recommande chaudement ce roman, l'essayer c'est l'adopter ! Vous pouvez lire les premières page d'Un matin ordinaire ICI, j'espère que cela vous donnera envie d'en découvrir plus.