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mercredi 6 juin 2018

La forme de l'eau, par Guillermo del Toro et Daniel Kraus (version audio)

Fiche technique :

Auteurs : Guillermo del Toro et Daniel Kraus
Lu par : Manon Jomain
Titre : La forme de l'eau
Editeur : Hardigan
Durée de lecture : 11 h 58
Date de parution : Avril 2018


Présentation éditeur :

Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale.
Un soir, elle surprend quelque chose qu'elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d'une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l'espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique - elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre.
Pendant ce temps, Richard Strickland, le militaire brutal qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s'en emparer. Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l'aide d'une collègue qui souffre du racisme ambiant et d'un voisin malchanceux qui n'a plus rien à perdre, elle met au point un plan d'évasion. Mais Strickland ne l'entend pas de cette oreille. Et les Russes sont bel et bien sur l'affaire...
Le fantastique, la romance et l'horreur s'entremêlent dans une histoire d'amour obsédante et tragique, qui a remporté le Lion d'or du meilleur film à la Mostra de Venise en 2017.


Avis :

La forme de l'eau est tout d'abord un film fantastique de Guillermo del Toro, sorti sur les écrans français en février dernier. Son adaptation en roman, coécrit par Daniel Kraus, a été publiée en mars par les éditions Bragelonne dans une belle version reliée et illustrée. Voici enfin la version audio, en exclusivité chez Audible depuis le mois d'avril. Je n'ai pas vu le film, j'hésitais à acheter le roman, mais grâce à Audible j'ai pu découvrir cette histoire qui me tentait beaucoup : merci à eux pour ce sympathique partenariat !
 
La forme de l'eau est une belle histoire, violente, romantique et légèrement fantastique. Elle met en scène des personnages plus ou moins torturés, qu'il s'agisse des humains ou de la divinité aquatique capturée en Amazonie. Bien qu'ils soient un peu trop stéréotypés et prévisibles, j'ai bien aimé suivre leurs différents parcours. Les principaux personnages appartiennent tous à des minorités, invisibles et discriminées dans l'Amérique des années 1960 : femmes, handicapés, personnes de couleurs, homosexuels, ils vont prendre peu à peu conscience de leur place dans la société et du rôle qu'ils peuvent jouer. Par opposition Richard Strickland, militaire œuvrant pour la toute puissance des Etats-Unis, va peu à peu sombrer dans une folie destructrice qui n'épargnera rien ni personne.
J'ai apprécié l'ambiance et les thèmes développés dans ce roman : l'horreur de la guerre et les dégâts qu'elle inflige par ricochets, la lutte pour la suprématie militaire entre Russes et Américains, les sacrifices qu'exige le dévouement à une cause, le réveil des minorités et leurs premières revendications... L'ambiance générale est oppressante, électrique. Il suffit d'une étincelle pour que tout bascule dans l'horreur. Du coup l'histoire d'amour improbable qui débute entre la créature et la douce Elisa est une bouffée d'oxygène bienvenue. L'intrigue générale est intéressante. elle n'est pas linéaire, il y a une alternance entre différentes histoires qui se télescopent peu à peu. Passé et présent se répondent et permettent de bien appréhender la personnalité profonde des personnages.
 
Le reproche que je ferais à ce livre audio concerne la narratrice. Je n'ai pas réussi à apprécier sa lecture et sa manière de jouer les différents personnages, trop artificielle, limite surjouée. J'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur le son de sa voix, surtout au début, même si j'ai fini par m'y habituer au fil du temps. Cela a rendu mon écoute laborieuse, et c'est vraiment dommage.
 
Dans l'ensemble, si je fais abstraction de la voix, j'ai bien apprécié La forme de l'eau. Je vous conseille de le tester avant de l'acheter, un extrait est disponible gratuitement sur le site d'Audible.



vendredi 18 mai 2018

Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé, par Elizaberth Gilbert (version audio)

Fiche technique :

Auteur : Elizabeth Gilbert
Lu par : Catherine Creux
Titre : Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé
Editeur / Collection : Audiolib / Témoignage
Durée de lecture : 14 h 37
Date de parution : Avril 2018


Présentation éditeur :

À trente et un ans, Elizabeth Gilbert possède tout ce dont une femme ambitieuse peut rêver : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Elle devrait nager dans le bonheur, pourtant elle est rongée par l'angoisse, le doute, l'insatisfaction... S'ensuivent un divorce, une dépression et une liaison désastreuse qui la laissent exsangue et encore plus désemparée. Elle décide de tout plaquer pour partir seule à travers le monde. À elle de se construire la vie qu'elle s'est choisie !
En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les "douze kilos les plus heureux de sa vie", en Inde, ashram et rigueur ascétique l'aident à discipliner son esprit, en Indonésie elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver l'équilibre qu'on appelle le bonheur...
Elizabeth Gilbert nous invite à un voyage vers l'inconnu joyeux et émouvant, libéré des mascarades et faux-semblants. À travers une mosaïque d'émotions et d'expériences culturelles, elle a su conquérir le cœur de millions de lectrices qui ont aimé pleurer et rire avec elle. Et qui rêvent de changer de vie, elles aussi... Ce roman culte a également été adapté au cinéma en 2010, avec Julia Roberts et Javier Bardem.


Avis :

Mange, prie, aime : un livre qui a séduit des millions de lecteurs à travers le monde, un film devenu culte. Et moi qui ne l'avais ni lu ni vu ! Audible m'a donné l'occasion de découvrir enfin cette histoire grâce à la version audio qui vient de sortir.
 
Mon avis est assez mitigé concernant l'histoire. J'ai bien aimé découvrir l'Italie, l'Inde et l'Indonésie avec la narratrice, j'ai appris une foule de choses très intéressantes sur l'histoire, la géographie, la nourriture, la spiritualité, les us et coutumes de ces trois pays. J'ai apprécié le développement de l'histoire, l'idée de ces rencontres qui changent la vie ou la manière de l'appréhender. J'ai aimé les conseils distillés petit à petit, comme par exemple le bien être psychologique primant sur le matériel ou la bienveillance qu'il faut avoir pour soi : il n'y a rien là de révolutionnaire, mais cela fait du bien d'entendre ces conseils encore et encore. J'ai apprécié également le ton général plutôt humoristique, le fait que la narratrice ne se prenne pas trop au sérieux et nous dévoile ses échecs autant que ses victoires. Ce que je n'ai pas aimé par contre, c'est le côté égocentrique de l'auteur, ses plaintes incessantes sur sa vie et le fait qu'elle n'assume pas ses choix. Selon elle, un divorce new-yorkais est la chose la plus difficile au monde... Je ne suis pas certaine que les vieilles femmes indiennes qui cassent des cailloux au bord des routes sous un soleil de plomb toute la journée partagent son avis, de même que les petites orphelines balinaises obligées de mendier un peu de nourriture sur les marchés... pour ne citer que deux exemple tirés de l'histoire. Elizabeth a voulu changer de vie, elle a osé, et elle a réussi. J'en suis heureuse pour elle, mais le fait d'être une américaine aisée l'a bien aidé, quoi qu'elle en dise. A moins d'être CSP+, vous aurez peu de chance de suivre son exemple, soyez-en conscients...
 
Concernant la lecture de Catherine Creux, je l'ai trouvée très bien. La voix est vive et dynamique, elle donne du punch à l'histoire et transmet bien les émotions. C'est le gros point positif de ce livre audio ! L'écoute en a été très agréable, et vu la durée de la lecture c'est vraiment un point appréciable.



lundi 4 décembre 2017

Une vie exemplaire, de Jacob M. Appel

Fiche technique :

Auteur : Jacob M. Appel
Traducteur : Anne Renon
Titre : Une vie exemplaire
Editeur / Collection : Editions de La Martinière / Littérature
Nombre de pages : 286
Date de parution : Octobre 2017


Quatrième de couverture :

Jeune cardiologue éminent, père de deux adorables petites filles, le docteur Jeremy Balint est un homme qui a réussi sa vie. D'autres que lui, apprenant que leur femme dévouée les trompe depuis des années avec un collègue, se laisseraient emporter par la rage.
Pas Jeremy Balint.
Jeremy Balint va prendre son temps, car Jeremy Balint est un sociopathe. Avec méthode et patience, il va organiser l'élimination de son rival.
Et ce n'est que le début.
De nombreux romans mettent en scène des psychopathes, mais jamais un écrivain n'était parvenu à nous plonger avec autant d'acuité dans les arcanes de leur esprit. Jeremy Balint ne nous cache rien. Ne nous épargne rien. Il ne voit tout simplement pas le mal comme nous.


Avis :

Je tiens tout d'abord à remercier les Editions de La Martinière pour ce service de presse. Une vie exemplaire est un roman intéressant à plus d'un titre, et même si je m'attendais à quelque chose de plus palpitant au vu de la quatrième de couverture j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.
 
Jacob M. Appel, romancier et nouvelliste américain, a exercé en tant que psychiatre à New York où il a été amené à collaborer avec les services de police. Il s'est servi de son expérience des sociopathes / psychopathes (les deux termes sont interchangeables) pour écrire ce roman qui nous plonge dans l'esprit d'un criminel à figure d'ange.
« Trop souvent, la littérature nous porte à imaginer que ces monstres d'immoralité évoluent en marge de la société, au plus bas de l'échelle, tel le Raskolnikov de Dostoïevski. Cependant, la révélation des derniers scandales financiers et autres systèmes de Ponzi nous a permis de prendre conscience que des personnes dénuées de sens moral gravitent aussi dans les hautes sphères du pouvoir, qu'il soit financier, législatif ou médical. Ils sont là, tout autour de nous, souriant et perpétrant le mal. »
Jeremy Blint est un symbole de réussite sociale : chirurgien brillant et reconnu par ses pairs malgré son jeune âge, il a épousé une femme ravissante. il a deux petites filles adorables, une belle maison, une vie confortable sans aucun souci matériel. Le jour où il comprend que sa femme le trompe avec un collègue, il décide de régler le problème. Pas en divorçant comme le feraient les gens "normaux", car cela mettrait en péril l'équilibre parfait de son existence, mais en tuant l'objet du désir de son épouse : plus d'amant, plus de problème ! Rien de plus simple semble-t-il. Organisé, froid et méthodique, Jeremy va mettre au point un plan qu'il juge infaillible pour se débarrasser de son rival sans être suspecté.
 
Avec une écriture fluide et agréable à lire, Jacob M. Appel nous plonge dans les pensées d'un sociopathe qui s'ignore. En perpétuel décalage, Jeremy doit sa survie en société à la chance et au manque de perspicacité de sa famille et de ses connaissances. Froid, distant, il ne ressent rien. Avec lui tout passe par la réflexion et non par les émotions. Il analyse les situations et adopte alors le comportement que l'on attend de lui, avec plus ou moins de succès, mais sans s'investir émotionnellement, car il en est incapable. Alors forcément le lecteur reste à la surface du personnage, il découvre son mode de pensée mais n'arrive pas à entrer véritablement dans sa tête. Je n'ai rien ressenti pour Jeremy, ni attachement ni dégoût, juste de la curiosité quand à l'avancée de son projet. Nous assistons à la préparation du meurtre entre deux scènes de vie familiale et/ou professionnelle. Quelques événements inattendus viennent compliquer le déroulé du plan mais il n'y a rien là de bouleversant : malgré deux surprises dans le dernier quart de l'intrigue tout parait linéaire, à l'image des pensées de Jeremy.
Une vie exemplaire est un roman intéressant mais pas palpitant. Nous ne sommes pas dans Dexter et ce n'est clairement pas ce que voulait l'auteur. Le côté froid et détaché du roman le rend effrayant, mais pas immédiatement à la lecture, plutôt lorsque l'on y repense, une fois les dernières pages tournées...
 
 
 

samedi 23 septembre 2017

Alien : la sortie des profondeurs, de Tim Lebbon et Dirk Maggs (livre audio)

Fiche technique :

Auteurs : Tim Lebbon et Dirk Maggs
Lu par : Tania Torrens, Patrick Béthune, Frantz Confiac, Sophie Riffont, Jérôme Pauwels, Hélène Bizot
Titre : Alien : la sortie des profondeurs
Editeur : Audible Studios
Durée de l'écoute : 4h31
Date de parution : Mars 2017


Présentation éditeur :

Enfant, Chris Hooper rêvait souvent de monstres. Mais dans le fin fond de l'espace, il n'a trouvé que la solitude et l'isolement. Une fois arrivés sur la planète LV178, Hooper et ses compagnons de bord ont découvert une terrible tempête de sable, un véritable enfer... et de la trimonite, la matière la plus dure connue de l'homme.
Quand une navette s'écrase dans le vaisseau spatial le Marion, les mineurs installés sur la planète apprennent qu'il y avait bien plus que de la trimonite au fond des cavernes. Il y avait le mal, qui lui, hibernait et attendait une proie convenable. Hoop et ses acolytes découvrent un nid de Xénomorphes, et l'enfer prend alors une autre dimension. Ils vont rapidement se rendre compte que leur seul espoir viendra du plus improbable des sauveurs... Ellen Ripley, la dernière survivante humaine du navire de sauvetage Nostromo.


Avis :

Vous aimez les ambiances oppressantes et les monstres qui surgissent de l'obscurité ? Vous aimez les petites et grandes frayeurs qui font sursauter au moindre bruit ? Dans ce cas l'écoute d'Alien : la sortie des profondeurs devrait vous combler. Que l'on connaisse la saga de films Alien ou non, cette expérience audio est des plus réjouissantes !

Paru initialement (et en exclusivité) chez Audible sous forme de feuilleton, épisode après épisode, Alien : la sortie des profondeurs bénéficie maintenant d'un format intégral. A son propos, l'éditeur parle d'une "création omni-sonore immersive", c'est-à-dire qu'il y a plusieurs voix, des bruitages et une musique d'ambiance qui nous plongent dans l'histoire. Ce n'est pas à proprement parler un livre audio - même s'il s'agit de l'adaptation d'un roman de Tim Lebbon - , cela se rapprocherait plus selon moi d'un feuilleton radiophonique. Si vous n'appréciez pas l'écoute d'un livre audio car cela vous semble soporifique et/ou monotone sachez qu'ici le rendu est totalement différent : entre les changements de voix, les bruitages, la musique de fond, les halètements et les hurlements vous ne risquez pas de vous endormir ! Le jeu des acteurs est plutôt bien fait, il suffit de fermer les yeux pendant l'écoute pour visualiser les scènes avec beaucoup de réalisme. A noter que les fans de la série Alien retrouveront avec plaisir la voix française originale d'Ellen Ripley.

En ce qui concerne l'histoire, Alien : la sortie des profondeurs se situe entre le premier et le deuxième film de la saga Alien. Ceux qui n'ont pas vu le premier film ne seront pas perdus car de nombreuses explications sont données tout au long du récit, et ceux qui ont vu les deux films s'amuseront de voir comment cette histoire s'insère dans la chronologie d'Alien sans la bouleverser. L'intrigue, assez classique, est une succession d'actions, de rebondissements, de coups fourrés et de courses poursuites. Les personnages sont intéressants bien que peu développés, les dialogues sonnent plutôt juste, et puis de toute façon on est tellement pris par l'ambiance angoissante que le reste n'a pas vraiment d'importance. J'ai été happée par cette écoute assez rapidement, et ensuite impossible de m'arrêter avant la fin de l'histoire : l'immersion a été une réussite, mon cœur s'est emballé plus d'une fois tant j'avais l'impression de fuir les Xénomorphes en compagnie de Ripley et Hooper.
 
Prêts à tenter l'expérience ? Alors branchez vos écouteurs, fermez les yeux et plongez dans un nid de Xénomorphes... frissons garantis !
 
 
 

jeudi 13 octobre 2016

Shibumi, de Trevanian

Fiche technique :
 
Auteur : Trevanian
Traducteur : Anne Damour
Titre : Shibumi
Editeur / Collection : Gallmeister / Noire
Nombre de pages : 456
Date de parution : Octobre 2008
 
 
Quatrième de couverture :
 
Nicholaï Hel est l'homme le plus recherché du monde. Né à Shanghai en plein chaos de la Première Guerre mondiale, fils d'une aristocrate russe et protégé d'un maître de go japonais, il a survécu à la destruction d'Hiroshima pour en émerger comme l'assassin le plus doué de son époque. Son secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d'excellence personnelle : le shibumi. Désormais retiré dans sa forteresse du Pays basque en compagnie de sa délicieuse maîtresse, Nicholaï accueille une jeune étrangère venue lui demander son aide. Il se retrouve alors traqué par une organisation internationale de terreur et d'anéantissement – la Mother Company – et doit se préparer à un ultime affrontement.
 
Shibumi, le chef-d'œuvre de Trevanian, est un formidable roman d'espionnage et une critique acerbe de l'Amérique. Avec, toujours, l'intelligence et l'humour noir qui sont la marque de fabrique de cet auteur exceptionnel.
 
 
Avis :

Cela fait un moment que je vois Shibumi en librairie, avec à chaque fois des commentaires élogieux sur le titre. J'étais partagée entre mon envie de lire ce roman qu'on disait excellent et mon peu d'intérêt pour les histoires d'espionnage... Quand j'ai vu que la médiathèque près de chez moi en avait fait l'acquisition, j'ai sauté sur l'occasion de le découvrir enfin.
 
Au début, j'ai eu du mal avec cette lecture. Une histoire d'espionnage et de magouilles dans le contexte socio-politique de la fin des années 1970 - début des années 1980 (le roman a été écrit en 1979), je trouvais cela extrêmement daté et de peu d'intérêt. Et puis, au bout d'une soixantaine de pages, le déclic s'est produit : Nicholaï Hel a fait son apparition ! A partir de ce moment là j'ai dévoré Shibumi d'une traite et avec beaucoup de plaisir, jusqu'à la dernière ligne.

Plus qu'un roman d'espionnage, Shibumi est le récit d'une vie, celle de Nicholaï Hel, des années 1930 à la fin des années 1970, de Shanghai au Pays basque, en passant par le Japon ; une vie mouvementée, portée par des valeurs en perte de vitesse dans un monde en plein bouleversement... J'ai adoré les personnages, riches et extrêmement vivants, en particulier Nicholaï Hel, héros à mon avis inoubliable. La Mother Compagny, organisation internationale regroupant compagnies pétrolières et producteurs d'énergie et dictant sa loi aux gouvernements, représente le mal à combattre : omnisciente et omniprésente, tentaculaire et maléfique, on l'imagine très bien œuvrer à l'époque actuelle.
Le style de l'auteur est efficace et agréable à lire, il mêle récit et critique de la société avec une bonne dose de sarcasmes, d'ironie mordante et de piques savoureuses. A l'aise dans les scènes d'action (nombreuses) comme dans les descriptions et les passages plus calmes, Trevanian jongle avec les différentes intrigues et les flashbacks sans jamais perdre le fil du roman, ni le lecteur ! Tout est équilibré, précis, intelligent... En lisant Shibumi, on ne peut s'empêcher de penser au monde tel qu'il est aujourd'hui... pas si différent de ce qui était annoncé dans le roman, finalement.

Pour résumer, Shibumi est une excellente lecture que je n'oublierais pas de sitôt, riche et passionnante. Je vous la recommande chaudement !



 

vendredi 16 septembre 2016

Le gratuit du vendredi : Froid comme la pierre, d'Olivia Rigal

Fiche technique :
 
Auteur : Olivia Rigal
Titre : Froid comme la pierre
Série / Volume : Les Tornades d'Acier volume 1
Editeur : Lady O Publishing
Nombre de pages estimé : 70 (ebook)
 
 
Synopsis :
 
Revenant d’urgence chez elle depuis New-York où elle fait ses études, Lisa Mayfield est confrontée au décès de son frère et à son premier amour qu’elle ne reconnait plus.
Brian Hatcher, le meilleur ami de son frère, a abandonné l’école de la police. Au lieu de s’associer au frère de Lisa dans une unité spéciale de lutte contre le crime organisé, il est devenu un membre à part entière des Tornades d’Acier, un club de motard hors la loi, celui-là même qui semble être à l’origine du décès de son frère.
A la recherche des réponses à ses questions sur la mort de David, Lisa ne peut nier l’attraction qui la pousse encore vers Brian.
Mais si la tentation est toujours là, elle ignore s’il reste encore quelque chose du garçon qu’elle a aimé ou s’il est devenu froid comme la pierre.
 
 
Avis :

Voici une chouette romance contemporaine qui devrait plaire aux lectrices friandes de lectures un peu épicées. Même si l'histoire est cousue de fil blanc (on sait comment elle va se terminer rien qu'en lisant le synopsis), elle se lit agréablement. Les personnages sont sympathiques, bien qu'ils auraient mérité d'être plus développés à mon goût, et le fait de situer l'intrigue dans le monde des bikers est plutôt pas mal. Outre les histoires d'amour il y a un peu de mystère entourant la mort du frère de Lisa et le rôle joué par Brian dans ce drame. Cette histoire est complète, elle se suffit à elle-même, mais elle donne envie de découvrir la suite des aventures de la sympathique Lisa. Alors, allez-vous succomber aux Tornades d'Acier ? Quatre tomes sont d'ors et déjà disponibles...


Modalités de téléchargement :
 
Pour télécharger Froid comme la pierre, vous devez vous inscrire à la newsletter de l'auteur Olivia Rigal, ICI. Il suffit de saisir une adresse mail valide, puis après quelques instants (c'est très rapide) vous recevrez dans votre boîte mail les liens de téléchargement. Il ne vous reste plus alors qu'à sélectionner le format qui vous convient et cliquer sur le lien correspondant.
 
 
Formats disponibles : 
 
epub et mobi sans DRM pour les heureux possesseurs de liseuses ;
pdf pour lire sur l'ordinateur.
 
 
Bonne découverte :-)
 
 
 
 

dimanche 11 septembre 2016

Corrosion, de Jon Bassoff

Fiche technique :
 
Auteur : Jon Bassoff
Traducteur : Anatole Pons
Titre : Corrosion
Editeur / Collection : Gallmeister / Néonoir
Nombre de pages : 227
Date de parution : Janvier 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.
 
 
Avis :
J'aurais pu limiter les dégâts à ce moment là. Accepter mon destin et passer la porte. Laisser Lilith vivre [...]. Mais je ne pouvais pas. Parce que la vérité, c'est qu'un homme doit croire en quelque chose, Dieu, l'amour ou la justice. Et moi je croyais en les représailles.
Corrosion est un roman d'une extrême noirceur qui prend aux trippes et ne peut laisser le lecteur indifférent. Véritable descente dans la folie d'un jeune homme, rien en nous sera épargné : propos décousus, réalité pervertie et hallucinations, scènes de violence plus ou moins insoutenables... Ce roman nous fait passer d'un début d'histoire assez tranquille à un final saisissant, et nous laisse une image des Etats-Unis, pays à la dérive touché de plein fouet par la crise et les conséquences des guerres menées en Irak et Afghanistan, où la population vivote entre petits boulots, magouilles, alcool et drogue, sans oublier Dieu, très éloignée des images lisses et modernes, presque idylliques, véhiculées par la plupart des films et séries TV : ici le monde pue, il est  cru, injuste et violent, et il est malheureusement très facile de basculer dans l'innommable.
Ecrit à la première personne du singulier, Corrosion nous plonge directement dans l'esprit embrouillé de son (anti)héros Joseph Downs. Le style est percutant, les phrases sont longues, parfois alambiquées, les dialogues apparaissent sans tirets ni guillemets, il y a des flashbacks et des retours au présent... sans compter les surprises scénaristiques. Cela devrait être compliqué à lire et/ou à comprendre, et pourtant ce roman de dévore d'une traite, avec facilité, presque avec avidité. Les différentes pièces du puzzle qu'est la vie de Joseph Downs se mettent en place au fur et à mesure de l'avancée de la lecture, et chacune porte en elle une image forte, parfois inoubliable.
Voilà donc un titre qui va me hanter longtemps. Et comme il s'agit d'un premier roman, je n'ai plus qu'une chose à ajouter : waouh !



 

vendredi 9 septembre 2016

Le gratuit du vendredi : Dead Horse Point, de Daryl Gregory

Fiche technique :
 
Auteur : Daryl Gregory
Traducteurs : Alise Ponsero et Erwann Perchoc
Titre : Dead Horse Point
Editeur / Collection : Le Bélial' / e-Bélial' Nouvelles
Nombre de pages estimé : 29 (ebook)
 
 
Synopsis :
 
Physicienne de génie, probablement parmi les meilleures de sa génération, Julia est atteinte d'une affection particulière. Certaines personnes souffrent d'un trouble de déficit de l'attention ; le problème de Julia est tragiquement inverse. Depuis des années, son frère prend soin d'elle, mais Julia rappelle soudain son ancienne amante, Venya…
 
 
Avis :
 
Des retrouvailles après vingt ans d'absence, un barbecue entre amis, un coucher de soleil dans un lieu sauvage et magnifique... entre évocation de souvenirs et non-dits, on  sent bien qu'un drame se profile.
J'ai trouvé cette nouvelle, dont les thèmes principaux sont l'amour et l'abnégation, assez émouvante. L'intrigue est plutôt simple mais captivante, les personnages sont attachants, le texte est agréable à lire. J'ai tourné les pages sans m'en rendre compte et je suis arrivée à la dernière ligne un peu sonnée, à la fois ravie de ma lecture et déçue qu'elle se termine déjà. Une bien belle découverte en ce qui me concerne.


Modalités de téléchargement :
 
La nouvelle est disponible gratuitement sur le site de l'éditeur Le Bélial' (LIEN). Il suffit de vous identifier puis de cliquer sur le bouton Télécharger.
Si vous ne possédez pas encore de compte chez Le Bélial', l'inscription prend 30 secondes : une adresse mail valide, un mot de passe et un nom d'utilisateur à renseigner, c'est tout simple.


Formats disponibles : 
 
epub et kindle sans DRM pour les heureux possesseurs de liseuses ;
pdf pour lire sur l'ordinateur.



 

vendredi 19 août 2016

Le gratuit du vendredi : Magie des renards, de Kij Johnson

Fiche technique :
 
Auteur : Kij Johnson
Traducteur : Mélanie Fazi
Titre : Magie des renards
Editeur / Collection : Le Bélial' / e-Bélial' Nouvelles 
Nombre de pages estimé : 35 (ebook)
 
 
Synopsis :

« Je le vis et l’aimai aussitôt, mon maître Kaya no Yoshifuji. Je l’exprime ainsi par une phrase brève, abrupte et sans élégance, tel un glapissement ; pourtant je ne vois aucune autre façon de débuter. Je ne suis qu’une renarde, et ne connais rien aux subtilités du langage. Je devrais remonter plus loin, me semble-t-il.  »
Quelque part au Japon… Renarde, elle est tombée amoureuse d'un homme et, pour le séduire, va recourir à la magie de son peuple.

Une histoire d'amour, trouble et délicate, couronnée par le Sturgeon Award 1994.


Avis :

Magie des renards est une histoire d'amour fantastique et tragique, avec un air de conte traditionnel japonais. L'héroïne, une jeune renarde, tombe amoureuse d'un homme et va se servir de la magie de sa famille pour le séduire et vivre à ses côtés. Pour le meilleur, ou pour le pire ? Tout dépend de quel côté on se place...
Cette courte nouvelle rappelle la légende japonaise des kitsune, ces renards doués de magie qui utilisent leurs pouvoirs d'illusion et de transformation pour séduire les hommes en prenant notamment l'apparence de magnifiques jeunes femmes.
La plume de Kij Johnson est agréable à lire, les personnages sont bien campés, en particulier la jeune renarde prise entre ses doutes et ses envies ; les traditions japonaises anciennes sont bien rendues, de même que l'atmosphère confuse qui entoure cette histoire d'amour : j'ai passé un très bon moment avec cette nouvelle vraiment dépaysante, je vous la conseille vivement.


Modalités de téléchargement :
 
La nouvelle est disponible gratuitement sur le site de l'éditeur Le Bélial' (LIEN). Il suffit de cliquer sur le bouton Télécharger puis de vous identifier.
Si vous ne possédez pas encore de compte chez Le Bélial', l'inscription prend 30 secondes : une adresse mail valide, un mot de passe et un nom d'utilisateur à renseigner, et le tour est joué.


Formats disponibles : 
 
epub et kindle sans DRM pour les heureux possesseurs de liseuses ;
pdf pour lire sur l'ordinateur.

 
Bonne découverte !



 

jeudi 18 août 2016

Le verger de marbre, d'Alex Taylor

Fiche technique :

Auteur : Alex Taylor
Traducteur : Anatole Pons
Titre : Le verger de marbre
Editeur / Collection : Gallmeister / Néonoir
Nombre de pages : 288
Date de parution : Août 2016


Quatrième de couverture :

En plein Kentucky rural, la Gasping River déploie son cours au milieu des falaises de calcaire et des collines couvertes de champs de maïs et de soja. Un soir où il remplace son père, qui conduit le ferry parcourant la rivière dans les deux sens, le jeune Beam Sheetmire tue un passager qui tente de le dévaliser. Mais sa victime est le fils de Loat Duncan, puissant homme d’affaires local et assassin sans pitié. Toujours accompagné de ses chiens menaçants, Loat est lui-même porteur d’un lourd secret concernant le passé de Beam. Aidé par son père, le jeune homme prend la fuite, tandis que Loat et Elvis, le shérif, se lancent à ses trousses.
Le verger de marbre est un thriller littéraire à la prose incandescente dans la veine des grands textes sudistes de Cormac McCarthy ou Daniel Woodrell. Ce premier roman hypnotique est une inoubliable descente au cœur des ténèbres.


Avis :
 
Roman noir mettant en scène les exclus de la société américaine, Le verger de marbre réussit le pari d'être beau et envoûtant malgré la violence et le désespoir qu'il contient.
 
A la suite d'un geste malencontreux et malheureusement irréparable, Beam Sheetmire, jeune homme discret et sans histoires, est obligé de fuir un monde qu'il n'est pas préparé à affronter. Le puissant et effrayant Loat Duncan est à ses trousses, pour le pire et l'insoutenable...
 
J'ai adoré ce roman qui nous présente une vision des Etats-Unis très éloignée de ce que l'on peut voir habituellement dans les films et séries : on y trouve toute une catégorie de pauvres blancs, de laissés-pour-compte qui vivotent, loin de tout confort moderne, dans des mobil-homes ou des baraques en mauvais état, entre petits boulots, prostitution et trafics en tous genres, où la violence physique et morale semble être la norme, comme la forte consommation d'alcool d'ailleurs. Les personnages sont complexes, certains mystérieux ou inoubliables, l'action est bien présente et on se demande jusqu'à la dernière page comment cette histoire va bien pouvoir se terminer. Entre vengeance, secrets de famille et non-dits, le destin du pauvre Beam Sheetmire ne peut qu'être dramatique, sauf s'il parvient à échapper à cet enfer perdu en plein Kentucky...
Les dialogues sont crus, le style est percutant, la violence extrême et le désespoir sont présents à chaque page, et malgré cela j'ai trouvé ce roman très beau : l'ambiance qui s'en dégage est irréelle, les images sont fortes et originales, je sais déjà qu'il va me hanter longtemps.
 
Merci aux éditions Gallmeister et à Léa du blog Léa Touch Book pour ce très beau partenariat.
 
 
 
 

dimanche 24 juillet 2016

L'étrangère, de Gardner Dozois

Fiche technique :
 
Auteur : Gardner Dozois
Traducteur : Jacques Guiod
Titre : L'étrangère
Editeur / Collection : ActuSF / Perles d'épice
Nombre de pages : 262
Date de parution : Juin 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
La première fois que Joseph Farber vit Liraun Jé Genawen, il la trouva pleine de mystères. C’était durant l’Alàntene, « la Pâque du solstice d’hiver, l’Ouverture-des- Portes-de-Dûn » sur la planète Lisle. Pour l’extraterrestre, Farber bravera tous les interdits et tabous, jusqu’à se faire modifier génétiquement pour pouvoir s’unir à elle. Et pourtant, comme toutes les plus grandes histoires d’amour, leur idylle connaîtra une fin tragique...
 
 
Avis :
 
J'ai pu lire L'étrangère de Gardner Dozois par le biais d'un service de presse des éditions ActuSF : un immense merci à eux pour cette superbe découverte ! Je ne serais pas allée spontanément acheter ce livre en librairie (je trouve que la couverture n'est pas particulièrement belle, même si elle intrigue, et la quatrième de couverture ne m'attirait pas particulièrement), et du coup je serais passée à côté d'une très belle histoire, ce qui aurait été vraiment dommage.
 
Publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1978, L'étrangère n'a pas pris une ride. Alors que beaucoup d'histoires de science-fiction des années 1970-1980 paraissent affreusement datées et ringardes quand on les (re)lit quarante ans plus tard, ce roman réussit le pari d'être intemporel et universel.
Histoire d'amour tragique à l'écriture soignée et poétique, L'étrangère se dévore d'une traite. Le rythme de l'histoire est assez lent, le ton plutôt mélancolique, les descriptions sont somptueuses et les émotions des différents protagonistes très bien rendues : c'est un roman d'atmosphère plus qu'un roman d'action, il vous fera réfléchir sur l'Homme et sa perception du monde qui l'entoure tout en vous divertissant avec une intrigue éminemment exotique. Il y est question de rencontre entre deux solitaires, étrangers à leurs propres mondes, de découverte et d'immersion dans une culture étrangère, de non-dits et d'incompréhensions mutuelles qui conduisent au drame... Les personnages principaux ne sont pas particulièrement attachants, mais les décors sont envoûtants, le ton est juste et l'histoire est tragiquement belle... Voilà un roman qui va me hanter longtemps !
 
Un conseil, ne passez pas à côté de L'étrangère sans en lire au moins quelques pages : à mon avis vous serez vite conquis...




jeudi 23 juin 2016

Les émeutes raciales de Chicago, juillet 1919, de Carl Sandburg

Fiche technique :
 
Auteur : Carl Sandburg
Traducteur : Morgane Saysana
Titre : Les émeutes raciales de Chicago, juillet 1919
Editeur : Anamosa éditions
Nombre de pages : 240
Date de parution : Mai 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Chicago, 27 juillet 1919 : au large d’une plage réservée aux Blancs, un jeune Noir se noie, terrorisé par des adolescents blancs qui lui jettent des pierres. La police refuse d’intervenir, ouvrant la voie à plusieurs jours d’émeutes dans la ville. Bilan : 23 morts parmi les Noirs, 15 parmi les Blancs et des quartiers entiers dévastés. Rapidement, durant ce Red Summer, des dizaines de villes américaines connaissent à leur tour de semblables émeutes raciales. Celles de Chicago, Carl Sandburg, grand journaliste, les saisit sur le vif. Il prend le parti original, non de les décrire, mais de les expliquer. Il montre l’oppression organisée des Noirs, l’immigration imposée, la ségrégation ordinaire, les logements de seconde zone et l’habitude des lynchages.
À l’heure où les émeutes raciales tenaillent toujours les États-Unis, ce petit livre, publié en 1919 et traduit pour la première fois en français, éclaire l’une des périodes les plus troublées de l’Amérique – celle qui, malmenée par la question raciale, accompagne la recrudescence du Ku Klux Klan. Il éclaire aussi une pratique journalistique, celle du reportage, qui ne cède jamais au voyeurisme de la violence.
 
 
Avis :
 
J'ai reçu cet ouvrage dans le cadre de l'opération Masse critique du site Babelio. Un grand merci à eux, ainsi qu'aux éditions Anamosa, pour cette découverte qui a été lue et chroniquée par mon cher et tendre, J., à qui je laisse la place :
 
Eté 1919, des flambées de violence ensanglantent plusieurs villes des États-Unis : le « Red Summer » (ainsi nommé par James Weldon Johnson), est l'un des moments importants des violences raciales qui jalonnent l’histoire des États-Unis. C’est après les émeutes de Chicago, paroxysme de cet été, que Carl SANDBURG (1878-1967) rédige ce livre non pour décrire les violences et les meurtres mais pour tenter de les expliquer.
Alors que l’œuvre a été publiée en 1919, ce livre est sa première traduction en français (97 ans plus tard…), mais une belle édition pour ma part. Le livre est divisé en 3 grandes parties : une longue préface qui replace le texte de Carl SANDBURG dans son contexte et nous explique son originalité ; le texte lui-même, composé en fait de nombreuses et courtes chroniques ; un dossier documentaire, construit à partir du rapport produit par la Chicago Commission on Race Relations : le dossier énumère les victimes de ses violentes émeutes (ce décompte macabre s’organise dans l’ordre chronologique des victimes dont chacune bénéficie d’une petite fiche avec son nom, sa couleur de peau, la date, l’heure, les causes et les circonstances de sa mort). Au début et à la fin du livre, deux séries de photos illustrent les émeutes puis l’intervention de l’armée.
 
L’ouvrage de Carl SANDBURG est constitué de différentes chroniques publiées dans le Chicago Daily News. Son style est clair, journalistique. L’auteur dresse un portrait saisissant de la vie difficile des « nègres » ou « personnes de couleur » (comme il était de règle de dire à cette époque et que les éditeurs ont choisi de garder) à Chicago : arrivés massivement dans cette ville du Nord pendant la Première Guerre mondiale, attirés par les emplois et chassés du Sud par la ségrégation et les violences (lynchages), mais qui y trouvent encore de la ségrégation - certes atténuée, mais toujours présente - et des problèmes de logement. Ce qui m’a frappé aussi dans ses chroniques, c'est la place importante qu’occupaient les abattoirs dans la Chicago de la fin des années 1910 : ils sont les principaux pourvoyeurs d’emplois pour les minorités de la ville. Cependant, je dois avouer que je ne connaissais que peu l’histoire de la ville et avais surtout l’image qu’elle eut à partir de cette année-là et la décennie suivante : la Chicago de la Prohibition (1919-1933) et de ses autres formes de violences (les guerres des gangs).
 
Ce livre au format original (le rabat de la quatrième de couverture se referme sur la tranche du livre pour former un coffret) est un excellent témoignage sur les conditions sociales des Noirs dans la ville de Chicago au sortir de la Première Guerre mondiale, c’est pourquoi je le conseille à tous ceux qui s’intéressent aux Etats-Unis et aux conditions de vie des populations pauvres.