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samedi 6 février 2016

Les lutins noirs, de Renaud Marhic

Fiche technique :

Auteur : Renaud Marhic
Titre : Les lutins noirs
Série / Volume : Les lutins urbains volume 3
Editeur / Collection : Editions P'tit Louis / Romans jeunesse
Nombre de pages : 139
Date de parution : Octobre 2015
 
 
Quatrième de couverture :
 
On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…
Rien ne va plus dans la Grosse Cité ! Voilà que trois Lutins noirs ont été signalés. Aussitôt, des travailleurs africains sans-papiers sont devenus millionnaires. Tandis qu’une dangereuse société secrète tente de s’infiltrer dans les quartiers…
Gustave Flicman, notre jeune policier, est chargé d’enquêter. Et si tout cela avait à voir avec Chelou, ce rhinocéros qu’il devait conduire à l’abattoir et qui s’est échappé en chemin ?
Entre les sortilèges des Lutins noirs et les attaques du Bambou Masqué, une course de vitesse s’engage pour retrouver l’étrange animal.
Manquerait plus que les Lutins Urbains s’en mêlent, tiens…
 
 
Avis :
 
Les lutins urbains, c'est une série jeunesse humoristique que j'ai découverte en 2014 grâce à un partenariat avec l'auteur, Renaud Marhic. J'avais beaucoup aimé les deux premiers tomes (pour ceux qui ne connaitraient pas, mes avis sont ICI et LA), le troisième continue sur cette lancée, et du coup j'attends le quatrième avec beaucoup d'intérêt... Comme quoi, il n'y a pas d'âge pour apprécier cette série !
 
Les lutins noirs est la suite directe du précédent volume, Le dossier Bug le Gnome. Autant vous prévenir tout de suite, il vaut mieux lire les récits dans l'ordre pour en profiter pleinement. Nous y retrouvons notre jeune policier maladroit, Gustave Flicman, le mystérieux motard, ainsi que le professeur B., sa jeune assistante Loligoth et les facétieux lutins découverts dans les tomes précédents. A cette galerie de personnages loufoques et attachants viennent s'ajouter des lutins venus tout droit de Madagascar, un rhinocéros perdu, un antiquaire sans scrupules, une triade chinoise et leur impitoyable maître, le Bambou Masqué.
L'intrigue est bourrée d'humour et d'inventivité. Les jeux de mots fusent, l'auteur interpelle régulièrement le lecteur à coup de « Psiiiiit ! » et se met en scène dans un passage hilarant où une collègue complètement fofolle décide de réécrire sa série comme une saga fantasy, occasionnant par là-même une interruption de l'histoire illustrée avec beaucoup d'originalité (par contre les jeunes lecteurs connaissent-ils encore la mire ?).


Dans ce tome, les plus jeunes apprendront sans s'en rendre compte quelques petites choses sur les coutumes malgaches, le trafic d'ivoire et la médecine chinoise. Les lecteurs plus âgés y trouveront leur compte également, ne serait-ce qu'avec les multiples jeux de mots mettant en scène des marques plus ou moins connues.

Pour résumer, Les lutins noirs c'est : une lecture à plusieurs niveaux qui plaira au plus grand nombre, des propos intelligents, des personnages loufoques, variés et attachants, du mystère, beaucoup d'action, de l'humour, de l'humour et encore de l'humour... Quelques dessins noir et blanc illustrent l'histoire, et un lien en fin d'ouvrage permet d'obtenir son diplôme de Docteur en Lutinologie après avoir répondu à quelques questions. De quoi prolonger le plaisir de cette lecture en attendant de découvrir les prochaines aventures de Gustave Flicman et des lutins urbains !



 

mardi 19 janvier 2016

La dernière nuit du Raïs, de Yasmina Khadra

Fiche technique :

Auteur : Yasmina Khadra
Titre : La dernière nuit du Raïs
Editeur : Julliard
Nombre de pages : 216
Date de parution : Août 215


Quatrième de couverture :

« Longtemps j'ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J'étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd'hui, je n'ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence.
Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l'Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l'on n'est que ce que les autres voudraient que l'on soit. »
Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d'un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.


Avis :

« Ce que je dis est parole d’Evangile, ce que je pense est présage. Qui ne m’écoute pas est sourd, qui doute de moi est damné. Ma colère est une thérapie pour celui qui la subit, mon silence est une ascèse pour celui qui le médite. Je suis Mouammar Kadhafi… »

Je ne connaissais que peu de choses concernant Mouammar Kadhafi. Longtemps présenté comme le croquemitaine de l'Occident, dirigeant d'une main de fer un pays sous embargo, il était surtout célèbre pour ses harangues tonitruantes, ses méthodes expéditives et sa garde rapprochée d'amazones. Grâce au magnifique roman de Yasmina Khadra, j'ai découvert l'homme derrière le personnage.
Le temps d'une nuit, du 19 au 20 octobre 2011, sa dernière sur terre, Mouammar Kadhafi nous livre ses pensées et ses souvenirs, nous faisant découvrir le parcours d'un homme et l'histoire d'un pays. De son enfance pauvre de Bédouin au coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir, c'est une vie de non-dits et de rancœurs qui est à l'origine de son ascension fulgurante. Et ce sont d'autres non-dits qui le mèneront à sa perte, personne dans son entourage n'osant lui dévoiler la dure réalité d'une situation devenue intenable. Aux prises avec une révolution populaire gangrénée par la barbarie islamiste, le Frère Guide perdra tout, jusqu'à sa vie, sans pour autant se renier.
 
Le style de Yasmina Khadra est, une fois de plus, captivant. Le ton est juste, réaliste, on pourrait vraiment penser lire les mémoires de Khadafi que l'on imagine sans peine gesticuler, déversant sa haine et sa colère sur le monde. L'écriture est riche et imagée, parfois poétique. La tension monte petit à petit, au fur et à mesure que s'écoule la nuit, pour aboutir au final haletant et inoubliable.
Du grand art, que j'ai dévoré d'une traite !
 



Et voici, pour les matchs de la rentrée littéraire PriceMinister, l'interview (très très) imaginaire de Mouammar Kadhafi. Les questions sont © Andrée la papivore, reporter de l'extrême (^_^') et les réponses sont des citations extraites de La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra.
 

Bonjour M. Kadhafi. On vous présente souvent comme un dictateur mégalomane. Qu'avez-vous à répondre à cela ?
 
« Je ne suis pas un dictateur.
Je suis le vigile implacable ; la louve protégeant ses petits, les crocs plus grands que la gueule ; le tigre indomptable et jaloux qui urine sur les conventions internationales pour marquer son territoire. Je ne sais pas courber l'échine ou regarder par terre lorsqu'on me prend de haut. Je marche le nez en l'air, ma pleine lune en guise d'auréole, et je foule aux pieds les maîtres du monde et leurs vassaux.
On raconte que je suis mégalomane.
C'est faux.
Je suis un être d'exception, la providence incarnée que les dieux envient et qui a su faire de sa cause une religion. »
 
Vous êtes le frère Guide. Quelle vision de la vie pouvez-vous nous transmettre ?

« La vie est tellement complexe. Et tellement incongrue. Il y a à peine quelques mois, toute honte bue, l'Occident tapissait mon chemin de velours, m'accueillait avec les honneurs, brodait des lauriers sur mes épaulettes de colonel. On m'a autorisé à dresser ma tente sur la pelouse de Paris en pardonnant ma muflerie et en fermant les yeux sur mes « monstruosités ». Et aujourd'hui, on me traque sur mon propre fief comme un vulgaire gibier de potence évadé du pénitencier. Étranges, les volte-face du temps. Un jour vous êtes idolâtré, un autre vous êtes vomi ; un jour, vous êtes le prédateur, un autre vous êtes la proie. » 
 
Au printemps 2011, la situation dans certains pays arabes est devenue explosive. Était-ce prévisible ? En aviez-vous parlé avec vos collègues chefs d'Etat ?
 
« J'avais beau mettre en garde les souverains arabes, ces fêtards empiffrés n'écoutaient que les minauderies de leurs obligés. Ils étaient au complet au Caire, en rang d'oignons, se surveillant en catimini, les uns arrogants sous leur couronne de patriarche constipé, les autres trop obtus pour avoir l'air sérieux. Des nouveaux débarqués qui se croyaient déjà arrivés, présidents d'opérette incapables de se débarrasser de leur instinct de bouseux, émirs pétrodollars tout droit sortis du chapeau d'un prestidigitateur, sultans empaquetés dans leur robe de fantôme, littéralement dégoûtés par les péroraisons que ressassaient à l'envi les tribuns. Pourquoi étaient-ils là ? Ils se fichaient copieusement de ce qui ne concernait pas leurs coffres forts. Occupés à se remplir les poches, ils ne se rendaient compte ni du monde qui mutait à une vitesse vertigineuse ni des lendemains chargés d'orages en train de s'enfieller à l'horizon. Le malheur de leurs sujets, le désespoir de la jeunesse, la clochardisation de leurs peuples, c'était le cadet de leurs soucis. Persuadés d'être à l'abri des mauvaises passes, ils géraient, comme on dit. Et puis, ils n'avaient rien à craindre puisqu'ils ne faisaient pas de vagues ni les durs à cuire. »
 
Comment imaginez-vous l'avenir de votre cher pays ?
 
« La Libye me doit tout. Si elle part en fumée aujourd'hui, c'est parce qu'elle est indigne de ma bonté. Pars donc en fumée, maudite patrie. Ton ventre est infécond, aucun phénix ne naîtrait de tes braises mourantes.
Pour qu'une forêt se régénère, elle doit brûler, nigaude-t-on.
Foutaises !
Il est des forêts qui ne survivent pas à leur sinistre. Elles s'immolent comme les illuminés, et plus jamais herbe ne pousse sur leurs cendres. »
 
Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps si précieux.
 
 
 
 

samedi 17 octobre 2015

Zen, de Maxence Fermine

Fiche technique :

Auteur : Maxence Fermine
Titre : Zen
Editeur / Collection : Michel Lafon / Romans
Nombre de pages : 134
Date de parution : Octobre 2015


Quatrième de couverture :

« Chaque jour, de l'aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l'art subtil de la calligraphie.
Pendant de longues heures, dans un recueillement proche de la plénitude, il reste agenouillé devant un rouleau de papier de riz et le recouvre d'encre noire.
Peu lui importe le vaste monde et ce qui le régit depuis des siècles. Il vit concentré sur son labeur et sur la direction, la finesse du trait qu'il dessine à main levée.
Avec verticalité, harmonie, simplicité et élégance.
Ainsi va la vie, tranquille et apaisante, de Maître Kuro. »
Jusqu'au jour où...


Avis :

J'ai pu lire Zen de Maxence Fermine grâce à un partenariat organisé par le site Livraddict et les éditions Michel Lafon. Un grand merci à eux pour m'avoir fait découvrir cette petite merveille.

Zen est un très court roman : 130 pages à peine, un texte aéré, de très courts chapitres... c'est dire s'il se lit rapidement ! Cependant, pas de précipitation : le texte doit se déguster calmement, petit à petit. Comme tout met exquis, il faut prendre le temps de le savourer, de s'imprégner de toutes les saveurs délicates qui le composent.
Zen est une très belle histoire d'amour et d'apprentissage : apprentissage de la calligraphie, mais aussi de la philosophie zen. C'est également un roman qui nous fait voyager. En quelques phrases Maxence Fermine nous transporte au Japon, dans une petite pagode entourée d'un jardin de graviers blancs, dans une forêt d'érables flamboyants, ou sur un sentier bordé par quarante mille torii rouge vermillon.
Une ambiance paisible, des gestes et des mots mesurés, une vie saine et disciplinée... voilà le quotidien de Maître Kuro. L'atmosphère et le rythme de vie du caligraphe sont parfaitement bien retranscrits par le style de l'auteur : les mots sont précis, choisis avec soin, les phrases sont courtes, réduites parfois à l'essentiel, un mot. Tout n'est ici que délicatesse et sobriété.
Zen est une lecture hors du temps, dont l'on ressort apaisé. Pendant deux heures, je me suis retrouvée dans une petite bulle de calme et d'harmonie, très loin du bruit et de l'agitation ambiante, et depuis je n'ai qu'une envie : y retourner !
Je ne connaissais pas la plume de Maxence Fermine, j'en suis tombée amoureuse grâce à Zen. Mon prochain passage en librairie sera pour acheter Neige, son précédent roman, dont le résumé me tente énormément... En espérant ne pas être déçue.
 
 
 
 

jeudi 8 octobre 2015

Avec tes yeux, de Sire Cédric

Fiche technique :
 
Auteur : Sire Cédric
Titre : Avec tes yeux
Editeur / Collection : Presses de la Cité / Sang d'encre
Nombre de pages : 560
Date de parution : Octobre 2015
 
 
Quatrième de couverture :

Thomas ne croit que ce qu'il voit, mais personne ne le croit.
 
Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D'épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu'il a déjà fragile. Si ce n'était que ça ! Après une séance d'hypnose destinée à régler ses problèmes d'insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d'un autre, torturant une jeune femme... Persuadé qu'un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.
 
 
Avis :
 
J'ai découvert Sire Cédric il y a deux ans environ, un peu par hasard, en gagnant De fièvre et de sang à un jeu concours. Je l'ai lu avec curiosité quelques mois plus tard... et je l'ai adoré ! Après cela j'ai acheté les autres titres de l'auteur, et je n'ai jamais été déçue. C'est dire si j'attendais avec impatience de pouvoir lire son dernier roman, Avec tes yeux ! Et là, oh surprise, j'adore également !!
 
Avec tes yeux possède de nombreuses qualités. Tout d'abord le style de l'auteur, très agréable à lire : simple, nerveux et direct, il nous transporte dans l'histoire dès les premières lignes pour ne plus nous lâcher ; une fois le roman terminé, les personnages continuent à vivre en nous. Les descriptions sont extrêmement visuelles, je n'ai eu aucun mal à me représenter les différents passages du roman... en règle générale c'est quelque chose que j'apprécie tout particulièrement, même si j'avoue qu'assister aux scènes de torture comme si j'y étais m'a donné la chair de poule, sans parler de la nausée (je sens que je ne pourrais plus jamais regarder un couteau à huitres sans penser à une certaine scène !!).
Ensuite, le découpage du roman en courts chapitres induit un rythme de lecture rapide. Le suspense est constant, jusqu'aux dernières lignes, il n'y a aucun temps mort dans l'histoire. L'action est omniprésente, les rebondissements, fausses pistes et retournements de situation sont nombreux, et l'aspect fantastique de l'intrigue est introduit tellement discrètement que toute l'histoire parait réaliste.
Enfin, les personnages sont extrêmement crédibles et ont un côté "monsieur et madame tout le monde" qui les rend attachants : entre Thomas, trentenaire, informaticien au chômage insomniaque et légèrement dépressif et Nathalie, jeune gendarme sur la touche qui tente de cacher ses troubles de l'alimentation et veut faire ses preuves à tout prix, on peut dire qu'on est loin du genre "super héros" ! J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour ces personnages cabossées par la vie, et je trouve que le fait de pouvoir s'identifier à certains traits de caractères des uns et des autres permet une plus grande immersion dans l'histoire.
 
Vous l'aurez compris, Avec tes yeux est un excellent thriller, à ne pas lire seul(e) la nuit si on est hypersensible et / ou peureux. C'est également un très bon moyen de découvrir la plume de Sire Cédric, avant de vous lancer, je vous le conseille, dans les aventures de son duo d'enquêteurs atypiques, Eva Svärta et Alexandre Vauvert.
 
http://bookenstock.blogspot.fr/2015/10/pour-questionner-sire-cedric-cest-par.html
 
 
Merci aux éditions Presses de la Cité ainsi qu'au blog Book en Stock de m'avoir permis de lire Avec tes yeux en avant-première, dans le cadre de l'opération "Le mois de Sire Cédric".
Le roman sort le 8 octobre 2015, ne passez pas à côté !
 
 
 
 
 
 
 
 

vendredi 4 septembre 2015

Mary, d'Emily Barnett

Fiche technique :

Auteur : Emily Barnett
Titre : Mary
Editeur / Collection : Rivages / Littérature
Nombre de pages : 192
Date de parution : Août 2015


Quatrième de couverture :

Mary est une adolescente des années 2000, recluse avec sa mère dans un château. C'est aussi une jeune Américaine expatriée à Paris au début des années 50, mariée à un designer. Quels liens invisibles entretiennent ces deux femmes ? Comment le maccarthysme peut-il contraindre une jeune fille d’aujourd’hui ?
De l'enfance sauvage aux atermoiements amoureux d'une femme dans le New York d'après-guerre, Mary sonde les thèmes de l'adultère, de la folie et de la filiation.
Dans ce récit aux contours mouvants, indéfinis, le lecteur circule ainsi entre réel et imaginaire, passé et présent, Histoire et fait divers. Creusant sans cesse des vertiges insoupçonnés, Mary nous plonge dans un univers vénéneux, aux confins de ceux de Daphné du Maurier et de Laura Kasischke.
Emily Barnett est journaliste. Mary est son premier roman.


Avis :

J'ai eu beaucoup de mal à lire Mary, essentiellement à cause de la structure du roman : tout le long, l'auteur mélange les récits, passant allègrement de tranches de vie quotidienne à des souvenirs anciens et / ou à des délires psychotiques. Il y a très peu d'indications temporelles (sauf pour les faits se déroulant dans les années 1950), les personnages principaux ont le même prénom et l'on navigue sans cesse entre "maman est morte" et "maman est en vie" sans savoir s'il s'agit de retours en arrière ou de visions de la jeune Mary... tout cela a fini par me perdre ! L'histoire en elle-même est plutôt intéressante et la conclusion éclaire la plupart des points obscurs du roman ; malheureusement beaucoup de questions restent sans réponses, et j'ai tourné la dernière page en ayant la désagréable impression d'être passée à côté de quelque chose. Je n'ai rien ressenti pour les personnages, je les ai regardé se débattre dans leurs problèmes avec indifférence, et même si je souhaitais connaître le fin mot de l'histoire le roman ne m'a pas vraiment tenue en haleine. Reste le style d'Emily Barnett qui n'est pas désagréable à lire et une ambiance oppressante bien rendue...


Notation :

6/10.



lundi 31 août 2015

Le crime du comte Neville, d'Amélie Nothomb

Fiche technique :
 
Auteur : Amélie Nothomb
Titre : Le crime du comte Neville
Editeur / Collection : Albin Michel / Littérature française
Nombre de pages : 144
Date de parution : Août 2015
 
 
Quatrième de couverture :
 
« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. »
 
 
Avis :
 
Comme d'habitude, ce n'est pas avec la quatrième de couverture que l'on va savoir de quoi parle le dernier roman d'Amélie Nothomb ; le titre est dans ce cas précis bien plus révélateur que la citation mise en avant ! Pour faire court, en allant rechercher sa fille à priori fugueuse chez une voyante, le comte Neville reçoit une prédiction embarrassante : lors de la prochaine fête qu'il donnera, il tuera un invité. Noblesse oblige, ce meurtre doit avoir un certain panache et ne pas déroger aux règles en vigueur dans l'aristocratie belge ; le comte Neville tente alors de trouver la victime idéale tout en organisant la dernière garden-party annuelle qui aura lieu dans le château familial.
Le crime du comte Neville contient la plupart des éléments constitutifs des romans d'Amélie Nothomb : un texte court au vocabulaire riche, des patronymes improbables, de longs dialogues teintés de philosophie, des références littéraires, du champagne et des notions de savoir-vivre qui peuvent parfois paraitre désuètes. On aime ou on n'aime pas. Personnellement cela me m'a jamais dérangée, si bien qu'Amélie Nothomb est devenue pour moi un rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire... Bien sûr il y a des hauts et des bas, j'ai adoré certains titres et peu apprécié d'autres lectures. Le crime du comte Neville entre pour moi dans la catégorie "peut mieux faire" : le roman se lit bien (et vite, trop vite même !), le style est agréable, il y a une légère touche d'humour, mais je ne lui ai pas trouvé grand intérêt. La conclusion, qui ressemble à un gag, abrupte et rapide, m'a laissée comme un goût d'inachevé qui m'a dérangée. J'avais adoré Pétronille l'année dernière, Le crime du comte Neville ne me laissera pas un souvenir impérissable.
 
 
Notation :
 
7/10.
 
 
 
 

mercredi 26 août 2015

La maladroite, d'Alexandre Seurat

Fiche technique :

Auteur : Alexandre Seurat
Titre : La maladroite
Editeur / Collection : Editions du Rouergue / La brune
Nombre de pages : 112
Date de parution : Août 2015


Présentation éditeur :

Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d'une enfant de 8 ans. La photo est un choc pour une institutrice qui a bien connu cette gamine. Pour elle, pas de doute : cette Diana n'a pas été enlevée, elle est déjà morte, et ses parents sont coupables. Remontant le temps, le roman égrène les témoignages de ceux l'ayant côtoyée, enseignants, grand-mère et tante, médecins, assistants sociaux, gendarmes...
Témoins impuissants de la descente aux enfers d'une enfant martyrisée par ses parents qui, malgré les incitations à parler de plusieurs adultes, refusera de les dénoncer. Ce roman est inspiré par un fait divers récent largement médiatisé car, en dépit de plusieurs signalements, l'enfant n'avait jamais bénéficié de protection. Loin de tout sensationnalisme, l'auteur rend sa dimension tragique à ce drame de la maltraitance.


Avis :
« Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard. Ce visage gonflé, je l’aurais reconnu même sans son nom – ces yeux plissés, et ce sourire étrange – visage fatigué, qui essayait de dire que tout va bien, quand il allait de soi que tout n’allait pas bien, visage me regardant sans animosité, mais sans espoir, retranché dans un lieu inaccessible, un regard qui disait, Tu ne pourras rien, et ce jour-là j’ai su que je n’avais rien pu... »
Dès les premières lignes, j'ai été happée par ce roman, très court, mais d'une intensité sans pareille. Construit comme une succession de témoignages, La maladroite donne la parole à ceux qui ont connu la petite Diana, famille, corps enseignant, gendarmes ou médecins, ceux qui ont voulu l'aider mais également ceux qui l'ont martyrisée pendant des années. Aux témoignages forts, émouvants et révoltants des témoins impuissants succèdent les affirmations, glaçantes, du père et de la mère qui jamais ne vont avouer avoir maltraité leur enfant. Un roman bouleversant sur une enfance qu'on assassine, loin de tout voyeurisme (au final on saura très peu de choses sur ce qui se passe réellement dans la famille de Diana). Un roman simple mais d'une grande efficacité, qui va me hanter encore longtemps...
 
 
Notation :

9/10.
 
 
 
 

mardi 11 août 2015

La vie quand elle était à nous, de Marian Izaguirre

Fiche technique :

Auteur : Marian Izaguirre
Traducteur : Séverine Rosset
Titre : La vie quand elle était à nous
Editeur / Collection : Albin Michel / Littérature étrangère
Nombre de pages : 398
Date de parution : Octobre 2015


Quatrième de couverture :

« Quand la vie était à nous »... Lola regrette le temps où son existence était peuplée de promesses et d'illusions, de livres et de discussions enflammées, d'amour et de projets pour bâtir une Espagne démocratique. L'espoir de 1936.
Quinze années ont passé et ses rêves se sont envolés. Il ne lui reste de cette époque, à elle et à son mari Matías, qu'une petite librairie-papèterie dans les ruelles sombres d'un quartier de Madrid. C'est dans ce modeste lieu de résistance culturelle que Lola fait la connaissance d'Alice, une anglaise dont elle partage la passion pour la littérature. Intriguée par un livre en vitrine, Alice entraîne Lola dans une lecture singulière et bouleversante : La fille aux cheveux de lin, l'histoire de Rose, Anglaise comme elle, soupçonnée d'être la fille du duc d'Ashford...
Des paysages de Normandie à l'Angleterre de la première guerre mondiale, du Paris des années folles à l'Espagne des Brigades internationales, la romancière Marian Izaguirre nous entraîne dans un véritable voyage à travers la littérature, vibrant hommage à la force des mots.


Avis :
 
J'ai eu la possibilité de lire en avant-première La vie quand elle était à nous grâce à une opération spéciale Masse critique du site Babelio. Un grand merci à Babelio, ainsi qu'aux éditions Albin Michel, pour m'avoir fait découvrir cet excellent roman.
Je n'ai pas pour habitude de chroniquer des romans plusieurs mois avant leur sortie, mais c'est la règle du jeu avec les opérations Masse critique : les avis doivent être publiés dans les 30 jours qui suivent la réception de l'ouvrage. La vie quand elle était à nous sortira le 1er octobre en librairie, gardez ce titre en mémoire car ce serait vraiment dommage de passer à côté.
« Quand tu te sentiras seule, lis un livre. Ça t'aidera à te sentir meilleure. Ça te sauvera. »
La vie quand elle était à nous est un très beau roman où il est question de rencontres (de celles qui changent la vie), de secrets de famille et de non-dits qui empoisonnent l'existence, mais également d'amour des livres et de la littérature. Prenant corps dans l'Europe de la première moitié du XXème siècle, plus précisément de 1900 à 1951, l'intrigue à tiroirs met en scène des personnages attachants confrontés aux difficultés de la vie : Lola et Matías, le couple de libraires qui a tout perdu pendant la guerre d'Espagne, Alice, la mystérieuse Anglaise en deuil de son grand amour ou Rose, l'enfant illégitime qui ne sait où est sa place.
L'écriture est fluide, très agréable à lire, il y a beaucoup de douceur et de délicatesse dans ce texte, de l'émotion et un peu d'humour également. Les trois histoires imbriquées (le présent, le passé, le roman) s'enchaînent harmonieusement, on passe de l'une à l'autre sans à-coups et en gardant l'intérêt intact. Et petit bonus pour les amoureux des arts et de la littérature, le roman est émaillé de citations et de références qui donnent envie de (re)découvrir certaines œuvres phares du début du siècle.


Notation :

8,5/10.