Affichage des articles dont le libellé est Essai. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Essai. Afficher tous les articles

lundi 26 mars 2018

Urbanités coréennes : comprendre les villes coréennes par les films

Fiche technique :

Auteurs : Valérie Gelézeau et Benjamin Joinau
Titre : Urbanités coréennes. Un "spectateur" des villes sud-coréennes
Editeurs : L'Atelier des Cahiers Editeur / Cité de l'architecture et du patrimoine
Nombre de pages : 208
Date de parution : Octobre 2017


Présentation éditeur :

Quelles questions la Corée soulève-t-elle sur l’essence de ce qui fait la ville ? En quoi l’histoire urbaine de Séoul nous instruit-elle sur notre propre conception de la modernité ? Pourquoi ne construirait-on pas des grands ensembles au cœur de la ville ? Et si le droit à une vue dégagée depuis son appartement était aussi important que la protection des vieilles pierres qui sommeillent au cœur des centres historiques ? Que nous dit de la société coréenne l’esthétique des villes, des corps qui les habitent aux monuments qui les structurent ? Des mégacentres commerciaux aux espaces marginaux des jardins potagers, quels sont les nouveaux lieux de sociabilité des citadins?
Voilà quelques-unes des questions qui ont été chaudement débattues au cours des quatre journées du forum « Urbanités coréennes » tenu à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris en avril 2016. A partir de onze films et documentaires, architectes, chercheurs et créateurs français et coréens ont interrogé les cultures urbaines en Corée, dans toute leur diversité. Cet ouvrage en restitue l’essentiel sous une forme originale.
Tout comme les Anglo-Saxons publient des « lecteurs » (readers) qui sont des anthologies de ce qu’il faut avoir lu sur une thématique particulière, nous proposons ici un « spectateur » (viewer) critique des films qu’il faut avoir vu pour comprendre la ville sud-coréenne


Avis :

Un grand merci au site Babelio ainsi qu'aux éditions L'Atelier des Cahiers pour cette belle découverte faite dans le cadre de l'opération Masse critique. Exceptionnellement la chronique est signée J., mon cher et tendre qui a lu Urbanités coréennes avec beaucoup d'intérêt.

2016 était l’année de la Corée en France. En avril de cette année s’est tenu le forum « Urbanités coréennes » où architectes, chercheurs, créateurs français et coréens ont étudié les cultures urbaines du pays à partir de films et de documentaires. Les tables rondes du forum dont l’ouvrage est une recension se sont basées sur 8 documentaires et 3 films.

Urbanités coréennes se divise en quatre chapitres. Le premier étudie Séoul comme symbole de la modernité depuis les années 1960. Le deuxième chapitre s’intéresse aux grands ensembles architecturaux construits en Corée à travers des documentaires qui les remettent en question. Le troisième analyse le phénomène des apateu danji (= "complexes d'appartements"), des « barres » d’immeubles comme celles construites en France durant les Trente Glorieuses ; à la différence de la France, pour les Coréens ils sont encore un signe d’ascension sociale et font l’objet de spéculations. Enfin, le dernier chapitre parle des marges urbaines et de l’agriculture urbaine, mouvement que les autorités ne prennent encore que peu en compte.

Le style de l’ouvrage est assez simple et facile à comprendre, seuls quelques passages sont inutilement compliqués. Cet ouvrage contient une riche iconographie avec de nombreuses photographies de paysages urbains de métropoles coréennes ou d'extraits de films / documentaires. Cependant je les trouve un peu petites. L’originalité de ce livre universitaire est qu’il est multi support : les auteurs utilisent souvent des QR Codes pour renvoyer à des vidéos (films et documentaires en intégralité ou leurs bandes-annonces) ou des sites internet. De même, les auteurs proposent à la fin du livre une bibliographie scientifique, quelques titres de romans et de bandes dessinées (manhwa) ainsi qu'une sélection de films "grand public" et de documentaires comme compléments sur le sujet. Chacun est résumé et les auteurs en font un petit commentaire.

Enfin, pour l’anecdote, j’ai compris grâce à ce livre le « Gangnam Style » du chanteur PSY : Gangnam est le quartier riche de Séoul, là où se fait la mode branchée coréenne.




mercredi 26 octobre 2016

L'Histoire politisée ? Réformes et conséquences, de Vincent Badré

Fiche technique :
 
Auteur : Vincent Badré
Titre : L'Histoire politisée ? Réformes et conséquences
Editeur / Collection : Editions du Rocher / Actualités - Documents
Nombre de pages : 344
Date de parution : Septembre 2016
 
 
Présentation éditeur :
 
L'histoire est-elle politisée ?
Oui, elle est mal politisée.
Le gouvernement a voulu réaliser une « refondation de l'école » et une réforme du collège. Pour cela, il devait relire et revoir à sa manière l'enseignement de l'histoire et de l'éducation civique. Choisir ce que l'histoire veut garder de nos mémoires. En France, un tel choix ne peut que déchaîner les passions. Les camps s'affrontent et s'accusent mutuellement de vouloir imposer un « roman national » dangereux ou une « repentance » excessive ; d'abandonner la chronologie ou de refuser une pédagogie de la construction des savoirs par les élèves.
Après un essai sur les manuels d'histoire, du temps des programmes écrits sous Nicolas Sarkozy : L'Histoire fabriquée ? Ce qu'on ne vous a pas dit à l'école, Vincent Badré a voulu revenir sur la question de l'enseignement de l'histoire, en tenant compte des évolutions actuelles, des nouveaux programmes de 2016 et en élargissant le regard. Ce nouveau livre veut montrer comment les textes officiels peuvent être mis en application de manière très variée, comment l'histoire et l'éducation civique peuvent se politiser ou devenir des moyens de partager nos mémoires historiques françaises au lieu de les affronter. Il est temps de prendre part au débat sur l'histoire et la fabrique de nos identités.
 
Vincent Badré est professeur d'histoire-géographie à Paris.
 
 
Avis :
 
Merci aux Editions du Rocher et au site Babelio pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique.
L'Histoire politisée ? Réformes et conséquences a été lu et chroniqué par mon cher et tendre, J., professeur de français/histoire/géographie vacataire, à qui je laisse la parole :
 
L’ouvrage de Vincent Badré se veut une critique des nouveaux programmes d’histoire mis en place en cette rentrée 2016. L’auteur commence par nous expliquer pourquoi l’apprentissage de l’histoire est nécessaire dans l’éducation des jeunes français et dans la formation des futurs citoyens. Puis, il rappelle l’histoire de la discipline scolaire avec la difficile définition du « roman national », et des débats autour de l’enseignement. Il explique ensuite que malgré les débats, les programmes et les manuels n’avaient que peu changé par rapport aux précédents. Les trois chapitres suivants parlent de la politisation de l’histoire, de l’éducation-civique et de la géographie. Et enfin, dans les deux derniers chapitres, Vincent Badré nous donne sa vision de la politisation de l’histoire et de l’histoire commune à tous les élèves.
 
Tout au long de son livre, Vincent Badré rappelle que l’enseignement de l’histoire est politique, car il donne une vision de l’histoire du pays – ce qui n’est pas particulier à la France. Il donne aussi une vision que j’ai trouvée équilibrée des différentes opinions prenant part aux débats. Et j’ai particulièrement apprécié ses explications sur la façon dont les programmes sont réalisés (édulcorés) au sein du ministère de l’Education nationale et comment ensuite ils sont mis en œuvre (édulcorés) par les auteurs des différents manuels. Néanmoins, l’auteur sort de sa neutralité quand il parle de l’Education civique, qui se base trop sur la « théorie du genre », dont il faut rappeler que ceux qui utilisent l’expression sont des conservateurs sur le plan des mœurs (l’auteur ne cache d’ailleurs pas qu’il se place du côté droit de l’échiquier politique français).
 
J’ai trouvé cet ouvrage très intéressant, et, même si j’ai des désaccords politiques avec l’auteur, je conseillerai sa lecture aux personnes qui s’intéressent à l’enseignement de l’histoire et surtout à l’écriture des programmes au sein du ministère de l’Education nationale.



vendredi 20 novembre 2015

Une brève histoire de l'écriture, de Michel Melot

Fiche technique :

Auteur : Michel Melot
Titre : Une brève histoire de l'écriture
Editeur / Collection : Jean-Claude Béhar éditions / Brève Histoire
Nombre de pages : 160
Date de parution : Octobre 2015


Présentation éditeur :

L’histoire de l’écriture n’est plus ce long fleuve tranquille qui prenait sa source au Moyen-Orient et coulait jusqu’à nos jours dans le lit de la langue. Les sciences exactes et les sciences humaines semblent s’être liguées pour faire sortir l’écriture de ses rives afin d’y faire entrer des catégories de signes indicibles. Préhistoriens, ethnologues, mathématiciens et graphistes sont les fers de lance de ces élargissements. Chaque photographie, reproduite à l’identique et à l’infini, est devenue un pictogramme en puissance et les codes numériques ne peuvent être lus que par des robots illettrés. L’écriture est un territoire ouvert à tous les vents. Devant tant de sortes de signes mémoriels, on ne peut qu’appeler "écriture" tout tracé destiné à être déchiffré, laissant hors du champ la part insoumise qui relève de l’imaginaire.


Avis :

Une brève histoire de l'écriture a été lu par J., mon cher et tendre, chroniqueur occasionnel sur le blog, dans le cadre de l'opération Masse critique organisée par le site Babelio et les éditions Jean-Claude Béhar : merci à eux pour cette lecture très instructive. Voici sans attendre l'avis de J. :

Comme le nom de la collection l’indique, il s’agit d’un ouvrage court (un peu plus de 150 pages) mais assez dense, un peu comme les Que sais-je ? (heureusement la taille des polices est plus grande…), divisé en 9 chapitres et une brève bibliographie commentée.
Les chapitres sont tout à la fois chronologiques et thématiques. Les trois premiers chapitres s’intéressent à l’origine des écritures, avec les rapports écritures/pratiques religieuses et la question de la reproduction du langage parlé. Le chapitre IV parle de l’importance de l’écriture dans les religions, notamment celles du « Livre ». Présente dans de nombreux chapitres, on retrouve la question des rapports de l’écriture avec le pouvoir et les rapports de dominations (les chapitres V « Ecritures universelles », VI « Ecritures conquérantes » et VII « Les écritures résistantes »). Les deux derniers chapitres se concentrent sur les 500 dernières années avec la mécanisation de l’écriture : l’invention des caractères mobiles pour l’imprimerie (chapitre VIII) et l’écriture aujourd’hui au temps du numérique. Ces chapitres sont l’occasion d’évoquer les écritures marquantes de l’Histoire et des grandes civilisations : hiéroglyphes, caractères chinois, cunéiformes, alphabets grec et latin, arabe, écritures amérindiennes... L’ouvrage aurait gagné à montrer un peu plus d’exemples d’écritures, les illustrations étant un peu chiches.
Si je dois faire une dernière critique, il s’agit du format du livre. Je trouve qu’il rend la lecture difficile et son transport peu pratique.
Il reste que ce livre était très instructif, même pour moi qui m’intéresse aux origines de l’écriture, et livre les pistes de recherches actuelles des spécialistes. Le premier chapitre est très intéressant avec les réflexions des rapports de l’écriture avec l’espace (lieux où l’écriture est présente et ses supports particulièrement) et aussi l’oralité. En outre, sa bibliographie brève mais commentée est un atout pour ce livre où l’auteur nous renseigne sur les thèmes ou l’intérêt des livres qu’il a utilisé.
 
J.


samedi 28 février 2015

Marchés contestés : quand le marché rencontre la morale, de Philippe Steiner et Marie Trespeuch (dir.)

Fiche technique :
 
Auteurs : Sébastien Roux, Sandrine Barrey, Caroline Frau, Henri Bergeron et Etienne Nouguez, Mathieu Trachman, Marie Trespeuch, Pauline Barraud de Lagerie et Emmanuel Kessous, Philippe Steiner, Pascale Trompette
Titre : Marchés contestés : quand le marché rencontre la morale
Editeur / Collection : Presses Universitaires du Mirail / Sciences Sociales - Socio-logiques
Nombre de pages : 342
Date de parution : Janvier 2015
 
 
Quatrième de couverture :
 
La mise en marché de produits moralement sensibles, comme ceux touchant à l’intimité des personnes, à leur intégrité, à la santé ou au maintien de l’ordre public, est l’objet de cette réflexion collective qui met en regard neuf cas de « marchés contestés ».
Certains de ces marchés contestés sont effectifs, comme dans le cas du tabac, de la pornographie, des jeux d’argent ou des défunts. Certains sont potentiels dans le sens où les poissons génétiquement modifiés, les données personnelles ou le cannabis sont à la recherche des moyens de rendre acceptables les transactions marchandes. D’autres, enfin, sont bannis car la marchandisation des enfants adoptés ou des organes humains reste moralement inacceptable.
La tension entre les principes marchands et moraux au cœur des marchés contestés est dans chaque contribution éclairée par l’identification des formes de la contestation morale et des dispositifs juridiques, fiscaux, sanitaires, éthiques, rendant possible ou au contraire irréalisable l’édification d’un marché. La prise en compte de « populations fragiles », qu’il s’agit de protéger du marché, mais aussi de protéger par le marché, émerge dans tous les chapitres comme un élément explicatif essentiel des avancées et des reculs des marchés contestés.
 
Philippe Steiner est professeur de sociologie à l’université Paris-Sorbonne, chercheur au GEMASS et membre de l’Institut universitaire de France.
Marie Trespeuch est socio-économiste au département de sciences sociales d’Orange Labs (SENSE) et chercheuse associée à l’IDHES-Cachan.
 
 
Avis :
 
J'ai reçu Marchés contestés : quand le marché rencontre la morale dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio ; je remercie Babelio ainsi que l'éditeur, les Presses Universitaires du Mirail, pour m'avoir envoyé ce titre qui a fait un heureux : mon fiancé, qui signe donc cette chronique (pas encore mariés, et je l'exploite déjà ! ).

Les « marchés contestés » sont des marchés qui font l’objet de réactions d’opposition de la part de groupes de pression ou d’une part importante de la société.
Cet ouvrage de sociologie est un recueil d’articles concernant chacun un marché considéré comme « contesté ». Chaque article remet dans leur contexte l’émergence ou la non-émergence de ces marchés, et explique l’évolution des législations. Et surtout, ils montrent tous comment émerge ce que les auteurs appellent les « populations fragiles », la première d’entre elle étant les enfants, les autres étant représentées par les toxicomanes, les personnes fragiles, les pauvres… jusqu’aux simples consommateurs. Certains articles ne s’intéressent qu’à la France alors que d’autres nous replacent dans un contexte plus large, européen et/ou mondial.
Le premier chapitre (chaque article est considéré comme un chapitre) est consacré à l’adoption, nationale et internationale. Le deuxième s’occupe du problème des animaux OGM avec le cas des saumons (« Frankenfish »). Dans le troisième, l’auteur explique comment la vente du tabac a fait l’objet d’une restriction de plus en plus contraignante, en rappelant comment les différents groupes d’intérêt ont réagi face à la politique des autorités françaises. Le chapitre suivant explique comment le commerce du cannabis reste encore confiné dans de nombreux pays à un marché parallèle, même si la politique vis-à-vis de cette drogue commence à évoluer (l’autorisation de vente sous certaines conditions est accordée dans certains états des Etats-Unis). Ensuite, le sociologue Mathieu Trachman s’intéresse à l’évolution de la législation et des classements des catégories de films par le CNC, en France, pendant une courte période (1975-1982), pour les films pornographiques. Le chapitre 6 est consacré au problème de la libéralisation des jeux d’argent en 2010, alors qu’auparavant seuls le PMU, la Française des Jeux et les casinos avaient accès à ce marché. L’étude suivante porte sur le problème très actuel des données personnelles que les internautes laissent sans en voir toujours conscience sur les sites ou chez leur FAI et comment elles peuvent être utilisées. L’avant dernier chapitre porte sur la vente ou le don d’organes dans le cas de donneurs vivants. Enfin, le dernier chapitre s’intéresse au marché de la mort et des funérailles ; il est celui qui embrasse l’étude chronologique la plus vaste (son étude commence sous l’ancien régime et remonte jusqu’à la situation actuelle).
En annexe, l’ouvrage contient une importante bibliographie ainsi qu’une présentation des auteurs et de leurs sujets de recherche.
Les différents articles apportent de nombreuses informations sur les origines sociologiques des contestations de la marchandisation de certains produits ou services, et sont tous très intéressants. Néanmoins, les articles n’ont pas tous la même facilité de lecture, notamment pour les lecteurs qui ont peu de connaissances en sociologie, comme moi. Plus qu’un ouvrage à lire d’une traite, le lecteur pourra s’en servir comme d'une bonne première approche dans la connaissance de certains domaines.



 

mardi 28 octobre 2014

Penser la question paysanne en Afrique intertropicale, de Bernard Charlery de La Masselière

Fiche technique :
 
Auteur : Bernard Charlery de La Masselière
Titre : Penser la question paysanne en Afrique intertropicale
Editeur / Collection : Presses Universitaires du Mirail / Géographie - Ruralités Nord-Sud
Nombre de pages : 176
Date de parution : Juillet 2014
 
 
Quatrième de couverture :
 
L’ambition de cet essai est, pour l’Afrique intertropicale, d’articuler la question paysanne à celle de la modernité, contre l’idée reçue que le paysan africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Il considère la façon dont le « paysan africain » s’inscrit, en temps et en lieux, dans l’histoire de la modernité, d’un côté comme catégorie du discours dominant et d’un autre dans son historicité particulière, c’est-à-dire dans la façon dont il « travaille » l’espace et le temps sur la durée.
L’ouvrage met en lumière l’incertitude des recompositions sociales et spatiales contemporaines (globalisation, rurbanisation, « désagrarianisation », pression démographique, errances des politiques agricoles publiques et internationales…), qui impose de reconsidérer les catégories avec lesquelles on pense le milieu rural africain, à commencer par celles qui distinguent traditionnellement le rural et l’urbain. Il mesure aussi les implications de la révision radicale des interactions historiques entre les processus politiques de formation nationale et la modernisation inaboutie d’une paysannerie qui constitue largement la moitié de la population active. Son objectif est d’ouvrir un débat où rien n’est « écrit d’avance », et paradoxalement de sortir d’une rhétorique du progrès qui autorise toute économie d’échelles comme autant d’économies de pensée, qu’elles soient de temps ou d’espace, et qui ramène les histoires singulières et problématiques et les territoires diversifiés à un moment unique et à l’espace lisse d’un développement dont on voudrait faire l’unique moteur d’une histoire mondialisée.
 
 
Avis :
 
J'ai reçu Penser la question paysanne en Afrique intertropicale dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio ; je remercie Babelio ainsi que l'éditeur, les Presses Universitaires du Mirail, pour m'avoir envoyé ce titre qui a fait un heureux, à savoir mon cher et tendre qui signe donc cette chronique :
 
L’auteur, Bernard Charlery de La Masselière, est professeur de géographie à l’Université de Toulouse, spécialisé dans la ruralité africaine.
Cet essai prend pour point de départ un trop célèbre discours du président Nicolas Sarkozy, dit « Discours de Dakar » prononcé le 26 juillet 2007 à Dakar. Comme la plupart des commentateurs de l'époque l’auteur critique les clichés éculés, notamment la bêtement célèbre expression « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », qui est la première partie de sa réflexion (Les relations entre l’écriture de l’histoire et le pouvoir politique : l’histoire comme instrument du pouvoir).
Dans sa deuxième partie l’auteur s’intéresse à la façon dont les paysans africains s’inscrivent eux-mêmes dans le temps, historique et « cyclique », ainsi que dans le système actuel de production.
Enfin, comme géographe, Bernard Charlery de la Masselière réfléchit sur les manières qu’ont les paysans africains de s’insérer dans l’espace : avec une certaine mobilité à l’appropriation de l’espace. Il termine sur les problèmes rencontrés par la jeunesse, la catégorie la plus importante désormais, obligée de retrouver la mobilité.
N’étant pas un spécialiste de l’Afrique, mais ayant tout de même quelques connaissances, je n’ai trouvé dans cet essai aucune erreur grossière, d’autant que l’auteur s’appuie sur une solide bibliographie. De plus, il rappelle quelques vérités sur l’Afrique, notamment l’importance qu’ont aujourd’hui les nouvelles technologies (le réseau mobile surtout) dans l’économie et la vie quotidienne dans cette région du monde.
Néanmoins sa lecture reste d’un abord difficile, avec des tournures de phrases complexes, voire un peu trop lourdes. Par contre, il a un intéressant petit dossier iconographique (photographies, cartes - c’est un géographe -, et graphiques) qui pourra intéresser quelques professeurs d’histoire-géographie.
Pour les lecteurs qui s’intéressent à l’Afrique, la lecture de l’ouvrage peut être intéressante et apporter quelques pistes de réflexions, mais pour les autres le style et le sujet pourraient être assez arides et décourager la lecture complète.