mercredi 16 mars 2016

Mercredi, c'est citation : Antéchrista, d'Amélie Nothomb

 
 
 
Des livres s'amoncelaient ça et là : ils me tenaient lieu d'identité.
 
 
Jusqu’à ma rencontre avec Christa, l’un des bonheurs de ma vie d’adolescente avait consisté à lire : je me couchais sur mon lit avec un livre et je devenais le texte. Si le roman était de qualité, il me transformait en lui. S’il était médiocre, je n’en passais pas moins des heures merveilleuses, à me délecter de ce qui ne me plaisait pas en lui, à sourire des occasions manquées.
La lecture n’est pas un plaisir de substitution. Vue de l’extérieur, mon existence était squelettique ; vue de l’intérieur, elle inspirait ce qu’inspirent les appartements dont l’unique mobilier est une bibliothèque somptueusement remplie : la jalousie admirative pour qui ne s’embarrasse pas du superflu et regorge du nécessaire.
 
 
 
Jamais je ne lus autant qu’en cette période : je dévorais, tant pour compenser les carences passées que pour affronter la crise imminente. Ceux qui croient que lire est une fuite sont à l’opposé de la vérité : lire, c’est être mis en présence du réel dans son état le plus concentré – ce qui, bizarrement, est moins effrayant que d’avoir affaire à ses perpétuelles dilutions.
 
 
 
 

mardi 15 mars 2016

Petit compte rendu de la 30ème fête du livre de Bron

Ce n'est pas la grande forme en ce moment, la faute à une saleté de virus qui s'accroche, du coup je n'ai pu participer qu'une seule journée à cette 30ème fête du livre de Bron. Mais quelle journée !
Dimanche (le 6 mars 2016 pour ceux qui aiment les précisions) j'ai flâné dans la grande librairie où je me suis laissée convaincre par des libraires passionnés d'acheter des livres que je n'aurai pas spontanément choisis (certains ont rejoint ma PAL, les autres sont sur ma liste d'achats), j'ai pu assister à des conférences très intéressantes et instructives, et surtout j'ai rencontré deux auteurs dont j'adore le travail : Luis Sepúlveda et Iain Levison.
Je suis repartie heureuse après avoir pu échanger quelques mots avec eux et faire dédicacer mes livres. Je suis également repartie avec une belle photo souvenir où je pose avec l'adorable Iain Levison, gentiment prise par son attachée de presse quand mon appareil photo a malencontreusement décidé de me lâcher ^_^'
 

   
Iain Levison (à gauche) et Luis Sepúlveda (à droite) en pleine séance de dédicaces.

 
Parmi les conférences auxquelles j'ai pu assister, le grand entretien avec Luis Sepúlveda m'a tout particulièrement marquée. Il s'agissait d'un enregistrement public pour l'émission Liv(r)e, un auteur, une œuvre animée par Sylvain Bourmeau. Cette émission est un cycle de rencontres autour de la littérature étrangère, elle sera diffusée le samedi soir sur France Culture entre le 9 juillet et le 27 août 2016.
Lors de cet entretien riche en émotions, Luis Sepúlveda est revenu sur son parcours personnel et professionnel, ainsi que sur son engagement politique. C'était tout simplement passionnant ! L'entretien était ponctué de lectures de textes de l'auteur, magnifiés par la superbe voix de l'intervenante dont j'ai - à ma plus grande honte - égaré le nom. Une chose est sûre, je ne pourrais plus lire Les roses d'Atacama sans repenser à ce magnifique moment. Si vous en avez l'occasion cet été, écoutez la diffusion de l'entretien sur France Culture, vous ne le regretterez pas ! En attendant, en voici un extrait dans lequel Luis Sepúlveda  nous montre qu'une vocation ne tient finalement pas à grand chose...


 Entretien avec Luis Sepúlveda : l'auteur nous parle avec beaucoup d'humour de l'origine de son goût pour l'écriture.


Cette 30ème fête du livre de Bron a été une réussite, du moins pour ce que j'en ai vu dimanche. La foule était une fois de plus au rendez-vous, et la qualité des interventions n'avait d'égale que la passion des libraires et des participants. J'y ai passé un excellent moment, et si tout va bien je compte bien participer tout le week-end l'année prochaine !
 
 
 
 

dimanche 13 mars 2016

Movie Star saison 1 : Deauville, d'Alex Cartier

Fiche technique :

Auteur : Alex Cartier
Titre : Deauville
Série / Volume : Movie Star, volume 1
Editeur : Belfond
Nombre de pages : 526
Date de parution : Mars 2016


Quatrième de couverture :

A votre tour de faire la une des magazines en compagnie d'une star !

Ophélie est une jeune attachée de presse de cinéma. Elle vit à Paris avec son chat (Roméo), son poisson rouge (Juliette), son petit copain (un mec vraiment bien), ses parents (adorables), sa meilleure amie (complètement nympho) et son fantasme érotique de toujours : Michael Brown, un des acteurs les plus bankable et les plus sexy d'Hollywood. Jusque-là rien de très indécent. Jusqu'au jour où son patron envoie Ophélie à Deauville pour son premier festival et qu'elle tombe nez à nez avec Michael dans le hall de l'Hôtel Royal... C'est le début d'une histoire d'amour dangereuse autant que torride. Ophélie est alors précipitée sous les projecteurs comme la nouvelle girl next door au bras d'une des stars les plus sexys au monde...


Avis :

De temps en temps, j'aime bien lire des romances : cela me vide agréablement la tête tout en me redonnant le sourire, et en général après avoir versé quelques larmes (soit parce que c'est beau, soit parce que c'est triste) je vois la vie en rose pendant quelques temps... Ce qui fut encore une fois le cas ici !

Avec Movie Star, nous sommes face à une romance moderne mettant en scène une héroïne adorable et pleine de peps et un acteur qui possède tout ce qu'il faut pour attiser les fantasmes des lectrices. Michael Brown est talentueux, intelligent, charmant (et charmeur), attentionné, sexy, riche et célèbre, j'en passe et des meilleures : comment lui résister ? Fan de l'acteur depuis son adolescence, Ophélie rêve de le rencontrer mais quand ses souhaits se réalisent elle se rend compte qu'il est des choix très difficiles à faire, car ils peuvent changer la vie en profondeur, pour le meilleur comme pour le pire.
 
J'ai pris beaucoup de plaisir à dévorer ce premier volume de Movie Star, le roman se lit très facilement. L'auteur a pris le parti de nous présenter les faits du point de vue d'Ophélie, sous forme de journal intime ; cela donne du rythme à l'histoire, avec des chapitres relativement courts et un ton pressant et réaliste qui nous rend très proches de l'héroïne. Pendant une année, Ophélie va connaître des hauts et des bas, des moments de bonheur et des coups du sort, des instants de plénitude et d'autres de questionnement. Il y a quelques facilités dans le scénario mais  rien de gênant, j'ai ressenti tellement d'empathie pour l'héroïne que j'en ai oublié - petit 1 - qu'Ophélie est un personnage de fiction et - petit 2 - que l'auteur est un homme... Bravo pour avoir rendu Ophélie si vivante ! Les autres personnages sont également bien cernés, j'ai éprouvé beaucoup de sympathie pour eux (même si j'ai regretté le côté quelque peu manipulateur de certains) et j'ai hâte de les retrouver dans le prochain volume. Outre les personnages, j'ai adoré le ton humoristique et décalé de l'histoire, les références cinématographiques, la découverte du métier d'attaché de presse et de l'envers du décor des grands festivals... et surtout l'histoire d'amour, ni "culcul la praline" ni glauque, qui mêle le romantisme d'un conte de fée moderne à des scènes assez torrides, parfois crues mais pas vulgaires. De quoi émoustiller ses soirées et passer la nuit en bonne compagnie, avec son chéri ou ... Michael Brown !

Un grand merci aux éditions Belfond pour ce partenariat qui m'a permis de passer un très agréable moment de lecture.



mercredi 9 mars 2016

Mercredi, c'est citation : Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepúlveda

 



Il savait lire.
Ce fut la découverte la plus importante de sa vie. Il savait lire. Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire. Mais il n'avait rien à lire. 



Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s'il les dégustait et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d'un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c'est ainsi qu'il s'appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages.
Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu'il l'estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait aussi être beau.



[…] il coupa une grosse branche d’un coup de mâchette, s’y appuya, et prit la direction d’El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d’amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes. 
 
 
 
 

samedi 5 mars 2016

L'assassin qui rêvait d'une place au paradis, de Jonas Jonasson

Fiche technique :

Auteur : Jonas Jonasson
Traducteur : Laurence Mennerich
Titre : L'assassin qui rêvait d'une place au paradis
Editeur / Collection : Presses de la Cité / Littérature contemporaine
Nombre de pages : 382
Date de parution : Février 2016


Quatrième de couverture :

Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s'associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d'un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets. Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin...

Après son vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son analphabète qui savait compter, c'est à un malfrat repenti que Jonas Jonasson donne une seconde chance. Déjanté !


Avis :
 
J'ai eu l'occasion de lire L'assassin qui rêvait d'une place au paradis grâce à une opération spéciale de Masse critique du site Babelio. Merci aux éditions Presses de la Cité, ainsi qu'à Babelio, pour m'avoir permis de découvrir ce roman.
« Il devait donc l'éloigner de Dieu, du Christ et de la Bible, ce trio qui avait une si mauvaise influence sur lui, pour le ramener à sa trinité habituelle : la bibine, le bistrot et la bringue. »
En théorie, L'assassin qui rêvait d'une place au paradis avait tout ce qu'il fallait pour me plaire : des personnages loufoques, des situations cocasses, de l'humour, du dépaysement, des rebondissements et de l'action. Seulement voilà, dans la pratique je ressors de cette lecture quelque peu déçue. Ce roman se laisse lire, j'ai souvent eu le sourire accroché aux lèvres, mais je n'ai jamais éclaté de rire. La faute aux nombreuses digressions et répétitions ? Même si l'histoire est basée sur le comique de répétition, une certaine lassitude fini par s'installer et j'ai trouvé que le roman devenait poussif sur la longueur...
Dans L'assassin qui rêvait d'une place au paradis, on trouve des personnages misanthropes et sans scrupules, des criminels aussi bêtes que méchants (et méchants, ils le sont !), des idées d'arnaques pour devenir riche, des clins d'œil et quelques piques sur la société suédoise. L'intrigue se décompose en trois parties  (première arnaque, deuxième arnaque et troisième arnaque pour faire court) ; un conseil, ne lisez pas tout d'une traite, faite une pause entre chaque partie : vous profiterez peut être ainsi mieux de la lecture en ressentant moins le côté répétitif des situations.
 
J'ai découvert Jonas Jonasson avec ce titre donc je ne peux pas comparer avec ses précédents succès, mais là je dois dire que cela ne m'a pas emballée plus que cela... Dommage, peut être que j'en attendais beaucoup trop au vu de ce que j'avais lu concernant Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire... Avez-vous lu ces deux titres ? Qu'en pensez-vous ? Devrais-je retenter une lecture de Jonas Jonasson ?