dimanche 26 juillet 2015

Sanctuaire Genesis, première partie

Fiche technique :

Scénario : Christophe Bec et Philippe Thirault
Illustrations : Stefano Raffaele
Titre : Sanctuaire Genesis, première partie
Série / Volume : Sanctuaire Genesis, volume 1
Editeur : Les Humanoïdes Associés
Nombre de pages : 56
Date de parution : Juin 2015


Résumé éditeur :

Syrie, désert de Ras-Shamra, 1934. L’entrée d’un immense temple sous-terrain est découverte par hasard. Des fouilles archéologiques se mettent en place, sous la direction du professeur Delorme, spécialiste de la culture ougarite. Mais ce chantier éveille d’autres intérêts et un détachement de nazis prend possession des lieux par la force. Ils veulent contraindre les chercheurs à réveiller Môth, une divinité maléfique dont ils entendent faire l’arme ultime…


Avis :

J'ai eu la possibilité de lire en streaming Sanctuaire Genesis, première partie grâce à une opération spéciale Masse critique du site Babelio. Merci à eux, ainsi qu'au site de lecture en ligne Sequencity, sans oublier les éditions Les Humanoïdes Associés, pour m'avoir fait découvrir cette très bonne bande dessinée.

Pour commencer, un petit mot sur le site Sequencity pour ceux qui, comme moi il y a encore quelques temps, ne connaitraient pas. Il s'agit d'une librairie numérique spécialisée en BD / Mangas / Comics, forte d'un catalogue de 10000 titres à ce jour. Des nouveautés paraissent chaque semaine, les albums sont critiqués par des "experts" (beaucoup sont des libraires spécialisés) et les premières pages de chaque titre peuvent être feuilletées gratuitement, ce qui permet de se faire une idée avant d'acheter ; personnellement, j'apprécie beaucoup ce dernier point. Une fois l'album acheté et stocké dans notre bibliothèque virtuelle, il suffit de cliquer sur la couverture et faire défiler les pages pour le lire en streaming, avec possibilité de zoomer, c'est extrêmement simple.

Prévue en 2 volumes, Sanctuaire Genesis est une très bonne bande dessinée d'aventures qui n'est pas sans rappeler, sur certains points, Les aventuriers de l'Arche perdue, le premier film d'Indiana Jones... avec un ton résolument plus adulte, l'humour en moins, la violence et le sexe en plus.
On y trouve une civilisation disparue, des ruines mystérieuses et maléfiques, un chantier de fouilles à haut risque, des méchants Nazis à la recherche de l'arme suprême, des Touaregs sentinelles d'un passé qui ne doit pas refaire surface, une femme en colère et des archéologues passionnés... Les personnages sont plutôt bien travaillés, ils ont du vécu et leurs réactions face à l'ensemble des évènements sont réalistes. L'intrigue est bien menée, les actions et retournements de situation s'enchaînent harmonieusement, sans temps morts. Le suspense est constant, et ce jusqu'à la dernière case qui ne nous laisse qu'une envie : découvrir la suite !
Les illustrations sont très belles. les personnages sont réalistes et bien proportionnés, mais leurs expressions sont un peu trop figées à mon goût. Par contre, j'ai trouvé les décors splendides - dans leur genre bien particulier - avec une mise en couleur qui traduit bien l'ambiance oppressante de l'histoire.
Entre les illustrations et le scénario haletant, Sanctuaire Genesis est une très bonne bande dessinée détente dont le principal défaut est que la suite (et fin) n'est pas encore publiée.


Notation :

8/10.


Et voici, pour vous imprégner de l'ambiance de l'album, les premières pages de Sanctuaire Genesis :

 
 
 

samedi 25 juillet 2015

Cinq pas sous terre, de Vanessa Terral

Fiche technique :

Auteur : Vanessa Terral
Titre : Cinq pas sous terre
Editeur : Editions du Petit Caveau
Nombre de pages : 178
Date d'édition : Août 2013


Résumé éditeur :

Début de l’été, près de Toulouse.
Jabirah se réveille dans une cave, malade et incapable de faire un geste. Une femme ne tarde pas à la rejoindre. Elle dit s’appeler Muriel et être une engeôleuse d’esprits, une sorte de médium dont le but est de protéger l’harmonie entre les ombres et les humains. Cette illuminée propose à sa prisonnière un marché qui ressemble plutôt à un chantage : la servir, en échange de quoi elle lui rendra son suaire.
Paraît-il que Jabirah est une mâchonneuse de linceul, un vampire nouveau-né dont le corps va pourrir si elle n’ingère pas régulièrement des bouts de son drap mortuaire, et cela jusqu’au dernier fil.
Quant à ce que Muriel demande en retour… Bah, il s’agit de trois fois rien ! Simplement tuer un engeôleur fou qui veut réveiller le passé de la Ville rose…


Avis :

Publiée sous forme de feuilleton numérique en 2013 avant de sortir en intégrale - papier et numérique - aux éditions du Petit Caveau, Cinq pas sous terre est une histoire de vampires qui sort des sentiers battus.
Vous ne trouverez pas ici de bellâtre suceur de sang, ni de chasseuse de vampire qui manque de se faire exsanguiner toutes les deux pages avant de tomber follement amoureuse de son plus grand ennemi... Les personnages, originaux, ont des caractères bien trempés. Jabirah, vampire nouveau-né, est une jeune femme d'origine maghrébine, lesbienne de surcroit, qui doit se nourrir de son linceul pour parfaire sa transformation ; elle ingère également un peu de sang, mais mâchonner son drap mortuaire jusqu'au dernier fil est essentiel à sa survie. Muriel, quand à elle, est une enjôleuse, enfin plutôt une engeôleuse (comme dans "geôle") : ivre de vengeance suite à la disparition brutale de son mentor, elle n'use plus de ses charmes et sa gentillesse pour s'allier les esprits et en faire ses familiers, mais de contrainte et de violence, comme dans le cas de Jabirah qu'elle a acheté et compte bien utiliser, qu'elles qu'en soient les conséquences, pour prendre sa revanche. Les réactions des personnages sont plutôt réalistes, et j'ai bien aimé ce duo de femmes fortes venues d'horizons différents qui tentent de travailler ensemble. L'histoire en elle-même est un peu courte pour que les relations se développent en profondeur, mais la nouvelle bonus présente à la fin de l'ouvrage permet d'approfondir l'histoire de Jabirah et Muriel et de répondre à certaines questions.
Autre originalité, l'intrigue se déroule à Toulouse. La ville rose, ses monuments, ses mythes et son histoire sont mis à l'honneur dans ce roman ; personnellement j'ai découvert la ville ici, mais je pense que celles et ceux qui sont déjà allés sur place pourront se projeter plus facilement dans les lieux de l'intrigue.
Pour finir, Vanessa Terral a un style d'écriture très agréable à lire. Les dialogues sonnent juste, descriptions et actions sont bien dosées et les événements s'enchaînent sans temps morts. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire Cinq pas sous terre ; si vous cherchez une histoire de vampires originale qui se passe près de chez vous, foncez découvrir ce titre !


Note :

8/10.
 
 
 

vendredi 24 juillet 2015

The Book of Ivy, d'Amy Engel

Fiche technique :
 
Auteur : Amy Engel
Traducteur : Anais Goacolou
Titre : The Book of Ivy
Série / Volume : The Book of Ivy volume 1
Editeur : Lumen
Nombre de pages : 342
Date de parution : Mars 2015
 
 
Résumé éditeur :
 
À la suite d’une guerre nucléaire dévastatrice, la population des États-Unis s’est retrouvée décimée. Un groupe de survivants a fini par se former, mais en son sein s’est joué une lutte de pouvoir entre deux familles pour la présidence de la petite nation. Les Westfall ont perdu. Cinquante ans plus tard, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, dans une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
Cette année, mon tour est venu. Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le fils du président que je suis destinée à épouser. L’objectif, c’est la révolution, et le retour au pouvoir des miens. Peu importe qu’un cœur de chair et de sang batte dans sa poitrine, peu importe qu’un innocent soit sacrifié pour des raisons politiques. Peu importe qu’en apprenant à le connaître, je fasse une rencontre qui change ma vie. Mon destin est scellé depuis l’enfance.
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.
Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur ? The Book of Ivy est le premier roman d’Amy Engel, à la fois suspense insoutenable, dystopie cruelle et histoire d’amour torturée.
 
 
Avis :
 
Le monde d'Ivy Westfall est tout petit : il se compose en tout et pour tout d'une ville, protégée par de hautes barrières, habitée par une dizaine de milliers d'habitants qui vivent tant bien que mal une vie très réglementée, marquée par les pénuries (énergie, nourriture, médicaments) et les malformations congénitales (conséquences de la guerre nucléaire qui a eu lieu un demi siècle plus tôt). Les mariages arrangés sont obligatoires dès 16 ans entre les anciens partisans des Westfall et des Lattimer, les deux familles rivales qui revendiquent le pouvoir de cette jeune nation. Personne n'a son mot à dire - surtout pas les femmes condamnées à se marier et à enfanter le plus tôt possible - mais tout le monde s'en accommode au nom de la paix et de la sécurité. Enfin, presque tout le monde...

The Book of Ivy  est clairement destiné à un lectorat adolescent et jeune adulte. Malgré cela, il se lit également très bien pour les lecteurs plus âgés. Si l'histoire en elle-même ne brille pas par son originalité, les personnages sympathiques et attachants en rendent la lecture addictive ; une fois le roman commencé, difficile de s'arrêter avant la fin tant le besoin de savoir ce qu'il va advenir d'Ivy et de Bishop est grand. Evidemment, on se doute dès les premières pages qu'ils vont finir par tomber amoureux l'un de l'autre tant ils font penser à Roméo et Juliette, mais cela ne se fait pas en cinq minutes, il n'y a  aucun coup de foudre : ils vont devoir s'apprivoiser et apprendre à se faire confiance, ce qui rend leurs premiers émois vraiment touchants. Et puis surtout, il y a le cruel dilemme d'Ivy : que doit-elle choisir entre cet amour naissant et son devoir envers sa famille ? Pourra-t-elle arriver à se sortir de cette situation sans blesser ni trahir personne ?
Le style de l'auteur est simple et direct, le roman se lit rapidement et agréablement. Ecrit à la première personne, l'immersion dans les pensées et le quotidien d'Ivy est totale. Le ton est plutôt frais et gentillet malgré les thèmes abordés (mariages forcés, conditionnement, secrets de famille, complot, meurtre, coup d'état, etc.), c'est un parti pris qui m'a un peu dérangée car je m'attendais à plus de dureté dans ce monde post-apocalyptique. Heureusement la fin du roman laisse présager un second volume plus violent, en phase avec le monde qui entoure la ville de Westfall...


Notation :
 
8/10.



 

jeudi 16 juillet 2015

Sansonnets, un cygne à l'envers, de Pierre Thiry

Fiche technique :

Auteur : Pierre Thiry
Titre : Sansonnets, un cygne à l'envers
Editeur : BoD
Nombre de pages : 124
Date de parution : Mars 2015


Quatrième de couverture :

Ces cent sonnets sont des sourires qui te sont adressés. Ils ont été inventés lorsque j'avais du temps : à l'arrêt d'autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d'attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux, dans mon bureau, dans un magasin de chaussures, en discutant avec ma coiffeuse, en attendant un dessert au restaurant, en marchant en forêt, en essayant une nouvelle chemise, en lisant un livre, en marchant sous la pluie, en savourant un concert, en rêvant devant un arbre, en écoutant converser les sansonnets au-dessus de l'étang des cygnes... Où mènent-ils ? Vers la recette de... De quoi ? Ouvre, explore et tu verras.


Avis :

Sansonnets, un cygne à l'envers est sous-titré Cent sonnets insignes allant vers... Dès la couverture, le ton est donné : ce recueil de poésie sera placé sous le signe des jeux de mots. S'inscrivant dans une longue tradition consistant à publier des ensembles de cent sonnets, Pierre Thiry dépoussière le genre avec délices et beaucoup d'érudition.

En règle générale je ne suis pas une grande amatrice de poésie, mais j'avais tellement aimé le style de Pierre Thiry dans Le Mystère du Pont Gustave-Flaubert que je ne pouvais pas passer à côté de ses "sansonnets" ! Et là, je dois dire que je ne suis pas déçue : entre rimes et jeux de mots, acrostiches, clins d'œil et autres variations autour d'un thème, les mots voltigent et tourbillonnent pour le plus grand plaisir des lecteurs. Ce n'est certes pas de la "grande" poésie, mais là n'est pas le but de l'auteur. Ces sonnets sont très agréables à lire (à voix haute tout autant qu'à voix basse), amusants, intelligents et bien réalisés. Pierre Thiry nous promet des sourires dans la quatrième de couverture, et force est de constater qu'il a tenu parole.

A la fin du recueil, une postface nous renseigne sur les motivations de l'auteur et nous apprends quelques faits très intéressants - et bien référencés - sur l'histoire de la poésie et les différentes règles qui régissent les sonnets. Enfin, Pierre Thiry nous offre une recette qui semble tellement simple à mettre en œuvre que je n'ai qu'une envie : la tester !

Voici, en guise de clin d'œil à son précédent roman, Le Mystère du Pont Gustave-Flaubert, l'un des acrostiches présents dans ce sympathique recueil :

       Ce que pense Gustave du Pont Gustave-Flaubert : il en perd le goût du Thé.

       Gustave est joyeux : « Pour ma gloire
       Un pont-levant porte mon nom.
       Soulevés ses tabliers sont
       Très sexy ! c'est bon pour ma poire.

       Avoir mon nom sur un tel pont
       Voilà qui va me fair' connaître
       En France, et même aussi peut-être
       Facilement ailleurs : un pont

       Levant de ce type c'est rare !
       Alfred Jarry, ce scribouillard
       Ubugène, n'a pas ma chance !

       Balzac non plus ! je suis le seul
       Ecrivain à avoir ma gueule
       Recrépie par ce truc intense... »

Entre l'humour, l'érudition et la recette "magique" réservée aux lecteurs, ce serait vraiment dommage de passer à côté de Sansonnets, un cygne à l'envers... surtout que ce n'est pas son petit prix qui risque de vous arrêter. Alors, n'hésitez pas à passer commande :-)

 
Notation :

8/10.



 

lundi 13 juillet 2015

Identique, de Scott Turow

Fiche technique :

Auteur : Scott Turow
Traducteur : Antoine Chainas
Titre : Identique
Editeur : JC Lattès
Nombre de pages : 379
Date de parution : Septembre 2014


Résumé éditeur :

Le sénateur Paul Gianis se présente comme maire à Kindle County tandis que son frère jumeau, Cass, est libéré après avoir purgé une peine de vingt-cinq ans de prison pour le meurtre de son ancienne petite amie, Dita Kronon. Lorsque Evon Miller, responsable de la sécurité pour la société de Hal Kronon, frère de la victime, et Tim Brodie, détective privé, reprennent l’enquête sur la mort de Dita, ils se retrouvent pris au piège des illusions et confrontés à une vérité sans fard : les gens ne croient que ce qui les arrange.
Passion, meurtre et trahison : dans ce superbe roman, Scott Turow, maître incontesté du thriller juridique, revisite avec brio le thème de la gémellité.
 
 
Avis :
 
Avec Identique, Scott Turow tenait une excellente idée de thriller. En effet, entre un meurtre vieux de 25 ans jamais réellement élucidé (Cass Gianis a plaidé coupable en échange d'une incarcération en prison de faible sécurité, ce qui fait que les investigations n'ont pas été très poussées), une équipe d'enquêteurs atypiques, des jumeaux qui ont visiblement quelque chose à cacher et des secrets de famille en veux-tu en voilà, ce roman avait tout pour me plaire. Malheureusement, le traitement de l'intrigue par l'auteur a gâché une partie de ma lecture. Au lieu de dévorer un thriller au suspense soutenu, je me suis retrouvée avec une saga familiale, presque une tragédie grecque. Certes intéressante et bien écrite, mais ce n'est pas ce à quoi je m'attendais.
Commençons par les points qui m'ont gênée. Tous les personnages, qu'il soient principaux, secondaires ou même de passage, sont décrits avec énormément de précisions : apparence, histoires personnelles, relations avec d'autres personnages, rien ne nous est épargné, si bien que l'on croule sous les informations, certaines importantes pour l'histoire, d'autres simplement anecdotiques. D'un côté c'est sympathique, on a vraiment l'impression de vivre à Kindle County et de connaitre ses habitants, un peu comme s'il s'agissait de nos voisins, mais d'un autre côté cela ralentit considérablement le rythme de lecture, ce qui est plutôt dommageable pour un thriller. Le côté "technique" du roman m'a également rebutée ; s'il est très intéressant de découvrir les dernières méthodes d'investigations scientifiques et de savoir qu'il est maintenant possible de distinguer des jumeaux par leur ADN, les explications de l'auteur sont néanmoins trop compliquées et risquent de perdre bon nombre de lecteurs : pour ma part je n'ai pas tout compris et j'ai fait comme Tim Brodie, le détective privé : j'ai attendu que l'on me résume les résultats des analyses scientifiques. 
Concernant les points positifs, j'ai bien aimé que l'histoire se déroule parmi la diaspora grecque, peu présente dans les romans, et la référence au mythe de Castor et Pollux. Il y a également la succession d'indices troublants, de fausses pistes et de retournements de situation qui maintiennent le suspense jusqu'aux dernières pages. Si j'ai résolu l'essentiel de l'énigme dès le premier tiers du roman, la machination me semblait tellement improbable que j'ai longtemps cru que je n'avais pas découvert le fin mot de l'histoire. Par contre impossible de dire si j'ai tout compris grâce à ma longue habitude de ce genre de lecture, grâce à ma méfiance (pour ne pas dire paranoïa) naturelle ou à cause d'un léger manque de subtilité de l'auteur... 
 
 
Note :

7/10.