dimanche 11 septembre 2016

Corrosion, de Jon Bassoff

Fiche technique :
 
Auteur : Jon Bassoff
Traducteur : Anatole Pons
Titre : Corrosion
Editeur / Collection : Gallmeister / Néonoir
Nombre de pages : 227
Date de parution : Janvier 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.
 
 
Avis :
J'aurais pu limiter les dégâts à ce moment là. Accepter mon destin et passer la porte. Laisser Lilith vivre [...]. Mais je ne pouvais pas. Parce que la vérité, c'est qu'un homme doit croire en quelque chose, Dieu, l'amour ou la justice. Et moi je croyais en les représailles.
Corrosion est un roman d'une extrême noirceur qui prend aux trippes et ne peut laisser le lecteur indifférent. Véritable descente dans la folie d'un jeune homme, rien en nous sera épargné : propos décousus, réalité pervertie et hallucinations, scènes de violence plus ou moins insoutenables... Ce roman nous fait passer d'un début d'histoire assez tranquille à un final saisissant, et nous laisse une image des Etats-Unis, pays à la dérive touché de plein fouet par la crise et les conséquences des guerres menées en Irak et Afghanistan, où la population vivote entre petits boulots, magouilles, alcool et drogue, sans oublier Dieu, très éloignée des images lisses et modernes, presque idylliques, véhiculées par la plupart des films et séries TV : ici le monde pue, il est  cru, injuste et violent, et il est malheureusement très facile de basculer dans l'innommable.
Ecrit à la première personne du singulier, Corrosion nous plonge directement dans l'esprit embrouillé de son (anti)héros Joseph Downs. Le style est percutant, les phrases sont longues, parfois alambiquées, les dialogues apparaissent sans tirets ni guillemets, il y a des flashbacks et des retours au présent... sans compter les surprises scénaristiques. Cela devrait être compliqué à lire et/ou à comprendre, et pourtant ce roman de dévore d'une traite, avec facilité, presque avec avidité. Les différentes pièces du puzzle qu'est la vie de Joseph Downs se mettent en place au fur et à mesure de l'avancée de la lecture, et chacune porte en elle une image forte, parfois inoubliable.
Voilà donc un titre qui va me hanter longtemps. Et comme il s'agit d'un premier roman, je n'ai plus qu'une chose à ajouter : waouh !



 

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