mardi 19 juin 2018

Interview de Véronique Lesimple

 
 
Fin 2017, je m’étais régalée avec le très beau roman de Véronique Lesimple : Les beaux lendemains de Saint-Chanas, publié en avant-première chez France Loisirs. Je profite de l’occasion de sa sortie en librairie traditionnelle (depuis le 16 mai 2018) pour donner la parole à son auteure, que j’ai eu le plaisir de rencontrer lors d’une séance de dédicaces.
 
 
Bonjour Véronique, merci d’avoir accepté cette interview. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
 
Je suis née à Lyon en 1959, j'y ai effectué mes études de pharmacie, puis j'ai vécu à Grenoble et à Nantes, avant de m'installer en Charente-Maritime. J'aime les voyages, visiter les monuments, m'imprégner de l'histoire.
 
 
Les beaux lendemains de Saint-Chanas est votre premier roman publié. L’envie d’écrire est-elle récente ou a-t-elle toujours été présente en vous ?
 
J'ai toujours eu envie d'écrire, au lycée déjà, de nombreux manuscrits dorment dans un placard.
 
 
Etes-vous une grande lectrice ? Avez-vous un genre de prédilection ? Des auteurs vous ont-ils influencée ?
 
J'aime lire, des romans, des policiers, des biographies, de l'histoire, c'est assez varié. J'ai beaucoup aimé Jane Austen et les grands classiques.
 
 
Les beaux lendemains de Saint-Chanas a été plébiscité par le comité de lecture Nouvelles Plumes. Il a reçu le Prix des lecteurs France Loisirs 2017, et ce prix vous a été remis par Amélie Nothomb. Pourriez-vous revenir sur cette belle expérience ?
 
Etre choisie parmi 400 candidats, c'était totalement inattendu.
 
 
 
Il y a eu la remise de mon livre à Paris en compagnie d'Amélie Nothomb, très sympathique avec un chapeau magnifique.
 
 
Parlons un peu des Beaux lendemains de Saint-Chanas. Pourriez-vous nous le présenter en quelques mots ?
 
Comment surmonter les traumatismes liés à la guerre de 1914 ? Un ancien lieutenant, à force de volonté et de bienveillance, parvient à redonner goût à la vie aux différents membres d'une famille : le petit orphelin, la jeune veuve, le mutilé de guerre.
 
 
Comment vous est venue l’idée de ce roman ?
 
Je l'ai écrit à l'époque où je vivais dans la région, j'aimais visiter la Drôme, mais j'ai retravaillé le manuscrit récemment pour participer au blog d'écriture qu'animait ma fille Constance. La guerre de 1914 m'a toujours semblée épouvantable, comment a-t-on pu vivre après...
 
 
Vos personnages, riches et attachants, font face aux drames de la vie avec un certain courage. Les thèmes abordés sont difficiles, mais le roman est empli d’espoir. Est-ce une vision de la vie qui vous tient à cœur ?
 
J'écris pour échapper au quotidien. Malheureusement la vie n'est pas un roman.
 
 
Pourriez-vous nous parler de vos projets d’écriture ?
 
De nombreux lecteurs m'ont demandé si j'envisageais d'écrire une suite. Peut-être, car j'ai du mal à quitter mes personnages que j'ai porté si longtemps.
 
 
Un nouvelle histoire avec les mêmes personnages ? Vous me donnez envie, j'adorerais retrouver le lieutenant Armand Rouvière. En attendant d'avoir le plaisir de vous lire à nouveau j'invite tous nos lecteurs à découvrir Les beaux lendemains de Saint-Chanas, un roman qui enchantera assurément cet été !


BIBLIOGRAPHIE :
 
Fiche technique :
 
Auteur : Véronique Lesimple
Titre : Les beaux lendemains de Saint-Chanas
Editeur : Nouvelles Plumes
Nombre de pages : 386
Date de parution : Mai 2018

Quatrième de couverture :
 
1919. De retour chez eux, les soldats doivent s’obliger à reprendre une vie normale. Grâce à l’amitié qui le lie depuis l’enfance au Comte Lucien de Lavera, le lieutenant Armand Rouvière se voit proposer le poste de régisseur au château de Saint-Chanas. À peine arrivé, le jeune homme découvre un domaine à l’abandon et une famille si marquée par le drame que la vie même semble avoir déserté les couloirs du château. Sarah, la tante excentrique, Hubert, l’héritier qui a perdu la vue dans une tranchée, Louise, la belle et inconsolable veuve de guerre, et son petit garçon délaissé, Charles, vivent reclus dans leur chambre, n’échangeant que quelques mots à l’heure des repas.
Armand, par sa bienveillance et sa volonté, réussira-t-il à leur redonner le goût de vivre ? L’amour soufflera-t-il à nouveau sur ces cœurs endormis ?
 
Avis : ICI



 

mercredi 6 juin 2018

La forme de l'eau, par Guillermo del Toro et Daniel Kraus (version audio)

Fiche technique :

Auteurs : Guillermo del Toro et Daniel Kraus
Lu par : Manon Jomain
Titre : La forme de l'eau
Editeur : Hardigan
Durée de lecture : 11 h 58
Date de parution : Avril 2018


Présentation éditeur :

Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale.
Un soir, elle surprend quelque chose qu'elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d'une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l'espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique - elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre.
Pendant ce temps, Richard Strickland, le militaire brutal qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s'en emparer. Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l'aide d'une collègue qui souffre du racisme ambiant et d'un voisin malchanceux qui n'a plus rien à perdre, elle met au point un plan d'évasion. Mais Strickland ne l'entend pas de cette oreille. Et les Russes sont bel et bien sur l'affaire...
Le fantastique, la romance et l'horreur s'entremêlent dans une histoire d'amour obsédante et tragique, qui a remporté le Lion d'or du meilleur film à la Mostra de Venise en 2017.


Avis :

La forme de l'eau est tout d'abord un film fantastique de Guillermo del Toro, sorti sur les écrans français en février dernier. Son adaptation en roman, coécrit par Daniel Kraus, a été publiée en mars par les éditions Bragelonne dans une belle version reliée et illustrée. Voici enfin la version audio, en exclusivité chez Audible depuis le mois d'avril. Je n'ai pas vu le film, j'hésitais à acheter le roman, mais grâce à Audible j'ai pu découvrir cette histoire qui me tentait beaucoup : merci à eux pour ce sympathique partenariat !
 
La forme de l'eau est une belle histoire, violente, romantique et légèrement fantastique. Elle met en scène des personnages plus ou moins torturés, qu'il s'agisse des humains ou de la divinité aquatique capturée en Amazonie. Bien qu'ils soient un peu trop stéréotypés et prévisibles, j'ai bien aimé suivre leurs différents parcours. Les principaux personnages appartiennent tous à des minorités, invisibles et discriminées dans l'Amérique des années 1960 : femmes, handicapés, personnes de couleurs, homosexuels, ils vont prendre peu à peu conscience de leur place dans la société et du rôle qu'ils peuvent jouer. Par opposition Richard Strickland, militaire œuvrant pour la toute puissance des Etats-Unis, va peu à peu sombrer dans une folie destructrice qui n'épargnera rien ni personne.
J'ai apprécié l'ambiance et les thèmes développés dans ce roman : l'horreur de la guerre et les dégâts qu'elle inflige par ricochets, la lutte pour la suprématie militaire entre Russes et Américains, les sacrifices qu'exige le dévouement à une cause, le réveil des minorités et leurs premières revendications... L'ambiance générale est oppressante, électrique. Il suffit d'une étincelle pour que tout bascule dans l'horreur. Du coup l'histoire d'amour improbable qui débute entre la créature et la douce Elisa est une bouffée d'oxygène bienvenue. L'intrigue générale est intéressante. elle n'est pas linéaire, il y a une alternance entre différentes histoires qui se télescopent peu à peu. Passé et présent se répondent et permettent de bien appréhender la personnalité profonde des personnages.
 
Le reproche que je ferais à ce livre audio concerne la narratrice. Je n'ai pas réussi à apprécier sa lecture et sa manière de jouer les différents personnages, trop artificielle, limite surjouée. J'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur le son de sa voix, surtout au début, même si j'ai fini par m'y habituer au fil du temps. Cela a rendu mon écoute laborieuse, et c'est vraiment dommage.
 
Dans l'ensemble, si je fais abstraction de la voix, j'ai bien apprécié La forme de l'eau. Je vous conseille de le tester avant de l'acheter, un extrait est disponible gratuitement sur le site d'Audible.



vendredi 1 juin 2018

Planning des conférences / rencontres / dédicaces à Lyon - Juin 2018

Voici les dernières rencontres organisées dans nos chères librairies lyonnaises avant la trêve estivale. Un petit clic sur le nom de la librairie vous transportera directement sur son site officiel si vous souhaitez plus de renseignements.
 
  • Florence Porcel - Dédicace - Vendredi 8 juin à 18h
  • Thibaut Chaix-Bryan - Rencontre / Dédicace - Samedi 9 juin à 16h
  • Emy Ltr - Dédicace - Samedi 16 juin à 16h
  • Boris Gobille - Rencontre / Dédicace - Mercredi 20 juin à 18h
  • Nathalie Ragondet - Dédicace - Samedi 23 juin de 15h à 18h

Decitre Confluence :
  • Jonathan Munoz - Dédicace - Vendredi 8 juin à 18h
 
  • Marc Chinal et Mathieu Bertrand - Dédicace - Vendredi 8 juin à 18h
  • Christophe Bourgeois-Costantini - Dédicace - Samedi 9 juin à 16h

FNAC Bellecour :
  • Baptiste Payen et David Combet - Dédicace - Samedi 9 juin à 14h
  • Virginie Augustin et les étudiants de l'ENAAI de Chambéry - Rencontre / Dédicace - Samedi 9 juin à 14h30
  • CY et Deloupy - Rencontre / Dédicace - Samedi 9 juin à 16h
  • Vero Cazot et Julie Rocheleau - Rencontre / Dédicace - Samedi 9 juin à 17h30
  • Isabelle Carre - Rencontre - Vendredi 15 juin à 17h30
  • Enjoy Phoenix - Rencontre - Samedi 23 juin à 13h

FNAC Part-Dieu :
  • Sillousoune - Dédicace - Samedi 16 juin à 14h
  • Petit Ours Brun - Rencontre - Samedi 23 juin à 15h30

France Loisirs Part Dieu :
  • Pétronille Rostagnat - Dédicace - Vendredi 15 juin à 16h

La Virevolte :
  • Geneviève Iacono - Rencontre - Jeudi 7 juin à 19h
  • Théo Grosjean - Rencontre / Dédicace - Samedi 9 juin de 15h à 18h30
  • Gaëlle Almeras - Atelier / Dédicace - Samedi 16 juin de 15h à 18h

La voie aux chapitres :
  • Grégoire Damon - Rencontre - Jeudi 14 juin à 19h30

L'esprit livres :
  • Léah Touitou - Rencontre / Dédicace - Mercredi 6 juin à 19h

Librairie du Cours :
  • Virginie Mège - Rencontre - Vendredi 8 juin à 19h

Passages :
  • Sébastien Berlendis - Rencontre - Mardi 19 juin à 19h

Un petit noir :
  • Serge Annequin - Rencontre / Dédicace - Jeudi 7 juin de 19h30 à 22h
  • Jean-François Leblanc - Rencontre / Dédicace - Mardi 12 juin de 19h30 à 22h

Vivement dimanche : 
  • Jadd Hilal - Rencontre - Jeudi 7 juin à 19h
  • Eric Faye - Rencontre - Vendredi 29 juin de 19h à 21h



 

jeudi 31 mai 2018

Le fruit de ma colère, de Mehdy Brunet

Fiche technique :
 
Auteur : Mehdy Brunet
Titre : Le fruit de ma colère
Editeur / Collection : Taurnada éditions / Thriller
Nombre de pages : 225
Date de parution : Mars 2018
 
 
Quatrième de couverture :
 
Le jour où Ackerman vient demander de l'aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.
Il faut faire vite, agir rapidement.
Josey n'hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre.
Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages.
Et s'il était déjà trop tard ?
 
 
Avis :
 
Âmes sensibles s'abstenir ! Dès les premières lignes, le ton est donné : ce thriller va être violent, trèèès violent ! Enlèvements, tortures, mutilations, exécutions, rien ne sera épargné au lecteur comme à certains personnages du roman.
 
L'idée générale du roman est excellente, je ne vais pas vous en parler pour vous laisser le plaisir de la découverte mais sachez que c'est plutôt original et bien mené. Les personnages sont crédibles, on comprend bien leurs motivations, qu'ils soient du côté des "gentils" ou des "méchants". L'alchimie entre les deux personnages principaux fonctionne bien ; ils sont apparus dans le précédent roman de Medhy Brunet, Sans raison... mais si - comme moi - vous ne l'avez pas lu cela ne pose pas de problème de compréhension, tout ce que vous devez savoir est dévoilé petit à petit dans le texte.
Le fruit de ma colère est une lecture détente riche en action et en suspense. Il y a une enquête (officieuse) difficile, des courses poursuites, des fusillades, des retournements de situation et des surprises jusqu'aux dernières lignes. En lisant ces pages, j'ai eu l'impression de regarder un bon film d'action : tout y était, rien ne manquait. L'écriture simple et visuelle de Medhy Brunet a fait mouche, je me suis régalée avec cette lecture. Mon principal regret ? Le dénouement un peu précipité, j'aurais apprécié quelques pages supplémentaires...
 
Medhy Brunet est un auteur à découvrir sans hésiter. Le fruit de ma colère est noir, violent, il renvoie à des idées et à des émotions que l'on aimerait laisser enfouies au plus profond de soi... Alors forcément, maintenant j'ai hâte de lire son premier roman, Sans raison..., dont les critiques sont majoritairement élogieuses.



lundi 28 mai 2018

Aromantic (Love) Story volume 1, par Haruka Ono

Fiche technique :
 
Auteur : Haruka Ono
Traducteur : Satoko Fujimoto
Titre : Aromantic (Love) Story
Série / Volume : Aromantic (Love) Story, volume 1
Editeur / Collection : Akata / L
Nombre de pages : 199
Date de parution : Mai 2018
 
 
Quatrième de couverture :
 
Futaba Kiryû, 32 ans, est autrice de mangas. Ce qu’elle adore par-dessus tout, c’est dessiner des shônen bien sociaux ! Le problème, c’est que ce genre ne marche plus du tout… Du coup, pour tenter de vraiment lancer sa carrière, son éditeur lui propose (impose ?) de s’essayer à un autre genre de shônen : le harem manga ! Gros hic : elle déteste ça, et surtout… elle ne s’intéresse pas du tout à l’amour. Bien malgré elle, et agacée par l’injonction sociale qui impose aux femmes d’être forcément amoureuses, elle entame l’écriture d’un shônen manga romantique. Contre toute attente, le succès est immédiat, et la voilà condamnée à continuer de dessiner une série à laquelle elle-même ne comprend rien… Pour ne rien arranger, elle se retrouve très vite prise entre deux feux : d’un côté, la touchante vénération d’un assistant de douze ans son cadet, de l’autre, la séduction flamboyante d’un scénariste d’anime quadragénaire. Une situation cauchemardesque pour cette célibataire endurcie…
 
 
Avis :

Ce premier volume du manga Aromantic (Love) Story m'a beaucoup plu. D'aspect plutôt classique, il ressemble à première vue à un shôjo manga (= manga pour jeunes filles) lambda. Il sort cependant du lot par les thèmes abordés : féminisme, pression sociale, asexualité... Des thématiques d'actualité, malheureusement peu abordées en littérature jeunesse.

Qui a dit que les femmes s'intéressaient forcément à l'amour ?
 
L'idée de départ est sympathique : une mangaka qui ne s'intéresse pas à l'amour est obligée par son éditeur de produire un manga romantique qui connait un succès fou, au point qu'une adaptation en anime est en cours. Elle découvre à cette occasion que deux hommes de son entourage semblent éprouver des sentiments pour elle (mais a-t-elle correctement interprété les signes ?) : son jeune assistant dont le coté taciturne l'effraie depuis toujours, et le scénariste de l'anime, entreprenant et agaçant en diable. Comment va-t-elle pouvoir se sortir de ce guêpier ?

Cette intrigue légère et amusante nous permet de découvrir le quotidien d'une autrice de mangas, ses méthodes de travail, ses relations avec son éditeur ou son équipe d'assistants. 
 
Elle permet également de faire passer un message fort au lecteur : il existe plusieurs genres humains comme il existe plusieurs formes de sexualité (ou de non-sexualité). Tout le monde a le droit de vivre et d'être heureux, même ceux qui ne font pas partie de la "majorité" représentative de la société. L'être humain est complexe et varié et ne devrait pas être obligé de se couler dans un moule à cause de la pression sociale. Cette idée exposée clairement et intelligemment donne à réfléchir sans que l'on ait la désagréable impression que l'auteur nous fasse la morale.
 
Les illustrations sont dans le pur style shôjo : claires, mignonnes, toutes en rondeur, avec peu de décors mais sans excès de trames. Les personnages sont très expressifs, on devine leurs émotions sans problème, du premier coup d'œil.
 
Outre les illustrations, l'humour omniprésent et les quiproquos qui s'enchaînent rendent la lecture très plaisante et le message sous-jacent facile à appréhender. J'ai hâte de lire la suite d'Aromantic (Love) Story, de voir comment l'intrigue va évoluer tout en espérant que le message fort de ce premier tome ne passera pas aux oubliettes...
 



 

Un grand merci aux éditions Akata et au site Babelio pour cette belle lecture faite dans le cadre de l'opération Masse critique. Vous pouvez lire un extrait de ce premier tome (les 47 premières pages, dans le sens japonais) sur le site d'Akata, ICI. Bonne découverte 😊