lundi 27 mars 2017

L'hiver dernier, je me suis séparé de toi, de Fuminori Nakamura

Fiche technique :
 
Auteur : Fuminori Nakamura
Traducteur : Myriam Dartois-Ako
Titre : L'hiver dernier, je me suis séparé de toi
Editeur / Collection : Philippe Picquier / Japon
Nombre de pages : 181
Date de parution : Février 2017
 
 
Quatrième de couverture :
 
Un journaliste est chargé d'écrire un livre sur un photographe accusé d'avoir immolé deux femmes, mais pourquoi l'aurait-il fait ? Pour assouvir une effroyable passion, celle de photographier leur destruction par les flammes ? A mesure que son enquête progresse, le journaliste pénètre peu à peu un monde déstabilisant où l'amour s'abîme dans les vertiges de l'obsession et de la mort. Un domaine interdit où il est dangereux, et vain, de s'aventurer...
Dans ce roman noir qui flirte avec le roman gothique pour mieux nous faire frissonner, les apparences sont toujours pires que ce qu'elles semblent, les poupées sourient étrangement et le rouge est celui du sang. Seule est certaine l'attirance pour la perdition.
 
 
Avis :
 
Un grand merci aux éditions Philippe Picquier et au site Babelio pour cette lecture reçue dans le cadre de l'opération Masse critique.

J'aime beaucoup les éditions Philippe Picquier qui proposent une littérature asiatique variée et de qualité. J'y ai découvert bon nombre d'auteurs qui m'ont fait voyager intelligemment et découvrir leur pays de l'intérieur... L'hiver dernier, je me suis séparé de toi de Fuminori Nakamura ne déroge pas à la règle. En plus d'une enquête surprenante, j'y ai découvert une partie de l'âme japonaise difficilement compréhensible par la plupart des occidentaux.

Au Japon, il est de notoriété publique que certains objets ont une âme, qu'ils sont devenus "vivants". Il s'agit en général d'objets très anciens, ou ayant été façonnés dans des circonstances bien particulières. C'est un peu autour de cette idée que se développe ce roman... Attention, il n'y a rien ici de surnaturel, L'hiver dernier, je me suis séparé de toi n'est absolument pas un roman fantastique, il s'agit d'un roman noir tout ce qu'il y a de plus classique. On y retrouve un journaliste enquêtant sur un meurtrier afin d'écrire un livre, il va le rencontrer en prison puis interroger sa famille et ses connaissances afin de comprendre son parcours et les motifs de ces actes fous. Classique donc. L'ambiance qui se dégage de cette enquête est moins classique par contre, plus glauque, presque malsaine... Les photographies sont étranges et hypnotiques, elles semblent capturer une partie de l'âme du modèle ; les hommes vivent avec des love doll, des poupées à figure humaine qui semblent embellir à la mort de leur modèle ; l'amour devient obsessionnel et peut entraîner toutes les perversions... C'est assez déstabilisant, d'autant plus que la structure du roman renforce cette impression d'étrangeté. L'hiver dernier, je me suis séparé de toi débute "normalement", mais petit à petit le malaise s'installe, on se dit que quelque chose cloche sans trop savoir ce que c'est. Le récit du journaliste alterne avec les correspondances du meurtrier, les interviews des différents protagonistes et quelques pièces relatives aux crimes. On prend connaissance des obsessions et des influences du meurtrier, on essaie de comprendre ses motivations et le déroulé des faits, et on se perd dans un Japon étrange et déroutant. Ce roman me laisse une drôle d'impression : je sais que je l'ai aimé, surtout grâce au final que je n'ai pas vu venir, mais d'un autre côté j'ai mis du temps à le lire, je n'étais pas à l'aise avec lui, alors que j'ai lu bien plus glauque ou horrible sans que cela me pose problème... Etrange donc, du début à la fin !



 

2 commentaires:

  1. Merci pour cette chronique. Je cherchais des livres japonais et j'avais croisé celui-ci a la fnac, je pense que je vais me le prendre.

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    1. Je te souhaite bonne lecture alors Serafina :-) N'hésites pas à me dire ce que tu en as pensé...

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