dimanche 24 avril 2016

Le piano oriental, de Zeina Abirached

Fiche technique :
 
Auteur : Zeina Abirached
Titre : Le piano oriental
Editeur / Collection : Casterman / Albums
Nombre de pages : 212
Date de parution : Septembre 2015
 
 
Présentation éditeur :
 
Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d'un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d'Orient de d'Occident, ce piano au destin méconnu n'aura vu le jour qu'en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s'abatte sur le Liban.
Une métaphore amusante - et touchante - de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son œuvre.
 
 
Avis :

J'ai eu l'immense plaisir de pouvoir lire Le piano oriental grâce à l'opération "La BD fait son festival 2016" de PriceMinister (#1Blog1BD). Un grand merci à PriceMinister et aux éditions Casterman pour cette magnifique découverte.
 
A travers Le piano oriental, Zeina Abirached nous livre une très belle chronique familiale et nous brosse un tableau idyllique du Liban d'avant la guerre civile.
Nous y faisons la connaissance d'Abdallah Kamanja, un sympathique doux-rêveur, de sa famille et de ses amis ; nous suivons son rêve de rapprocher musiques orientales et musiques occidentales grâce au piano si particulier qu'il va inventer... Et nous découvrons en parallèle l'enfance de l'auteur, son apprentissage de la langue française et son existence d'adulte, partagée entre Paris et Beyrouth.
 
Cet album est un hymne à l'amour de la musique et des mots, une preuve de la réussite du métissage de deux cultures, où le meilleur de chacune est mis en avant.

Les dessins, tout en rondeur, apportent une touche de douceur aux pages exclusivement noir et blanc, comme des touches de piano. Le style est chargé, les détails foisonnent, mais l'ensemble est harmonieux, on ne ressent aucun sentiment d'oppression. Le découpage est varié et original (cases classiques, bandeaux, pleines pages, quadruple page, débordements, etc.), le plaisir de la découverte se renouvelle ainsi tout au long de la lecture. Il n'y a pas énormément de texte à lire, mais beaucoup d'onomatopées qui rendent cette bande dessinée très musicale.
 
J'ai adoré cet album, tant pour l'histoire et le message qu'elle véhicule que pour les illustrations et le style si particulier de Zeina Abirached. En attendant de lire les autres œuvres de l'auteur, je sais que je relierais Le piano oriental avec autant de plaisir que lors de ma première lecture. Il y a des bandes dessinées dont on ne se lasse pas... et pour moi Le piano oriental en fait partie !

Zeina Abirached montre la quadruple page où le piano oriental alterne quart de ton et musique occidentale... © LCA/Culturebox




lundi 18 avril 2016

"Explorateurs du polar" édition 2016


 
Pour la deuxième année consécutive, j'ai été sélectionnée par le site lecteurs.com pour devenir "Explorateur du polar". Le but de ces "Explorateurs"? Lire, chroniquer et noter 2 à 3 romans en vue de l'élaboration d'un palmarès des polars les plus plébiscités. Rendez-vous en mai pour découvrir ce palmarès !
 
Les titres en compétition sont :

samedi 16 avril 2016

Pietra Viva, de Léonor de Récondo

Fiche technique :

Auteur : Léonor de Récondo
Lecteur : Lazare Herson-Macarel
Titre : Pietra Viva
Editeur : Sixtrid
Durée : 3h55
Date de parution : Juin 2015


Présentation éditeur :

Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d'Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa Pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre. Lors de ses soirées solitaires à l'auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d'Andrea, il ne cesse d'interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre.
Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son œuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l'affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo.
Parce qu'enfin il s'abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d'une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu'il a aimés dans la matière vive du marbre...


Avis :

J'ai découvert la plume de Léonor de Récondo avec Pietra Viva que j'ai testé en version audio sur le site Audible. Ce fut une révélation ! Ce roman est un condensé de beauté et d'émotion qui m'a transportée dans l'Italie de la Renaissance dès les premières lignes.
 
Pietra Viva est une magnifique histoire d'amour et de mort, de solitude et de renaissance. Le deuil, les souvenirs effacés (volontairement ou non), le poids des secrets et des non-dits, le regard des autres... tous ces thèmes sont traités avec justesse et délicatesse. J'ai adoré le personnage torturé (et quelque peu antipathique) de Michelangelo et la manière dont le jeune Michele et le fantasque Cavallino l'obligent à s'ouvrir au monde qui l'entoure. Le style de l'auteur est agréablement travaillé, le roman est rythmé, tant au niveau des sonorités qui s'en dégagent que du déroulement de l'intrigue. Le texte est intelligent sans être inaccessible, on (re)découvre certains éléments du métier de carrier et de la vie quotidienne au XVIème siècle avec beaucoup d'intérêt.
 
En ce qui concerne la partie "audio" du roman, je dois dire que je suis tombée sous le charme de la voix du lecteur, Lazare Herson-Macarel. Celle-ci est tout simplement sublime ! Envoûtante, à la fois douce et puissante, elle colle parfaitement au texte auquel elle apporte une dimension supplémentaire. On ne lit plus l'histoire, on la vit à travers le personnage de Michelangelo. Du grand art !
 
 
 
 

vendredi 15 avril 2016

Le Boucher du Capitole, de Pascal Candia

Fiche technique :
 
Auteur : Pascal Candia
Titre : Le Boucher du Capitole : une enquête de Titus Bladis
Editeur / Collection : Marabout / Marabooks
Nombre de pages : 345
Date de parution : Février 2014
 
 
Quatrième de couverture :
 
Rome, IVème siècle de notre ère. Toute la ville scande le nom du Boucher du Capitole, l'émeute menace... Ce meurtrier en série sanguinaire, qui a sauvagement massacré plusieurs adolescentes, devrait être prochainement jeté aux lions. Et Titus Bladis, geôlier au Tullianum - prison dont le nom fait trembler tout l'Empire - doit le garder en vie jusqu'à sa mise à mort...
Mais le Boucher se révèle être un prisonnier modèle. Sa femme, persuadée qu'il est innocent, est prête à risquer sa fortune pour le prouver. Une fortune qu'elle offre à Titus, et qui pourrait permettre au jeune homme et à sa sœur Livia, alors libérés des dettes familiales, de commencer une nouvelle vie.
Que risquent-ils à accepter le marché ? Beaucoup, et d'abord de devenir la cible des pires assassins de l'Empire... Côte à côte, Titus et Livia devront plonger dans les bas-fonds de Rome et affronter tous les dangers d'une époque où la violence est la règle.
 
 
Avis :
 
J'ai trouvé ce livre de poche dans une solderie, et honnêtement je n'en attendais pas grand chose. Je l'ai acheté par curiosité, car j'adore l'Antiquité (et plus particulièrement l'Antiquité romaine) et parce qu'il n'était vraiment pas cher... Hé bien je ne regrette absolument pas mon achat tant j'ai aimé Le Boucher du Capitole !
 
Les gros points forts de ce roman sont l'ambiance et les personnages. La plongée dans la Rome antique se fait facilement et agréablement, dépaysement garanti ! Quant aux personnages, ils sont variés et crédibles. J'ai beaucoup apprécié le duo d'enquêteurs atypiques et attachants : Titus, ancien gladiateur devenu geôlier pour rembourser les dettes laissées par son défunt père, et Livia, sa jeune sœur revenue à Rome après avoir passé plusieurs années prisonnière en Gaule ; ils forment une bonne équipe, courageuse et opiniâtre, et s'ils sont motivés par l'argent au début, la recherche de la vérité et de la justice guide leurs pas assez rapidement. L'enquête est assez classique dans sa forme, mais les rebondissements sont nombreux et l'action est bien présente ; et même si le rythme n'est pas haletant, l'intrigue cohérente et bien menée nous entraîne jusqu'au dénouement sans lassitude.

Mon seul regret concernant cette lecture, c'est que l'auteur étant décédé il y a quelques années il n'y aura pas d'autre roman consacré aux enquêtes de nos deux héros... Dommage, cela aurait pu être une chouette série que j'aurais suivie avec plaisir.
 
 
 

lundi 11 avril 2016

Poppy Pym et la malédiction du pharaon, de Laura Wood

Fiche technique :
 
Auteur : Laura Wood
Traducteur : Cécile Nelson
Titre : Poppy Pym et la malédiction du pharaon
Série / Volume : Poppy Pym volume 1
Editeur / Collection : Seuil / Jeunesse
Nombre de pages : 352
Date de parution : Mars 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Orpheline, Poppy Pym a grandi dans un cirque et a bien du mal à s'adapter à sa nouvelle vie au pensionnat Saint Smithen. Ici, pas question de grimper aux arbres, de s'habiller n'importe comment ou de manger de la barbe à papa au petit déjeuner !
Mais une exposition d'antiquités égyptiennes et une succession d'événements étranges viennent troubler la tranquillité du collège. Et si ces incidents étaient liés à la présence du rubis du pharaon, que l'on dit maudit ?
Avec ses nouveaux amis, Ingrid et Kip, Poppy compte bien résoudre ce mystère...
 
 
Avis :
 
Roman jeunesse pour les 9 -13 ans, Poppy Pym et la malédiction du pharaon a totalement réussi à me séduire, et ce dès les premières pages.
 
Du haut de ses douze ans, la jeune Poppy Pym nous raconte son histoire avec beaucoup d'humour et de passion : son origine, sa famille d'adoption, son enfance dans le cirque, puis son entrée en pension et sa peur de ne pouvoir s'intégrer... Elle nous fait partager ses joies, ses peurs et ses doutes, et l'on suit avec beaucoup de plaisir ses aventures, que ce soit pour se faire des amis ou combattre une mystérieuse malédiction égyptienne.

Le ton du roman est humoristique et enjoué, le style est simple sans être simpliste, les péripéties sont nombreuses et variées, si bien que l'on dévore ce roman sans s'ennuyer pendant la lecture. Les chapitres sont relativement courts, une dizaine de pages environ, parfait pour une petite pause lecture avant de s'endormir, ou pour ne pas lasser les jeunes lecteurs... Ces derniers d'ailleurs s'identifieront sans peine aux personnages du roman ou y reconnaitront certains de leurs proches, car les caractères sont variés et bien identifiables. Poppy s'adresse directement au lecteur comme si elle parlait à un(e) ami(e), et de fait on a très envie de devenir son ami(e) ! Le récit est enrichi de plans, photographies, dessins et articles de journaux, collés là par Poppy comme elle le ferait dans un journal intime : une bonne idée pour casser la monotonie de la mise en page pour les plus jeunes.
 
Un grand merci au site Babelio et aux éditions du Seuil pour m'avoir permis de découvrir ce très bon roman jeunesse dans le cadre de l'opération Masse critique.