lundi 6 janvier 2014

American rigolos, de Bill Bryson

Fiche technique :
 
Auteur : Bill Bryson
Titre : American rigolos : chroniques d'un grand pays
Editeur / Collection : Petite Bibliothèque Payot / Voyageurs 
Nombre de pages : 384
Date de parution : Avril 2003
 
Résumé :
 
De retour aux Etats-Unis après avoir vécu vingt ans en Angleterre, Bill Bryson s'étonne :
« Les Américains ont produit plus de prix Nobel que le reste du monde réuni. Et pourtant, selon un sondage, 13 pour 100 des Américaines sont incapables de dire si elles portent leur slip sous ou sur leurs collants ».
Durant les dix-huit premiers mois de son établissement en Nouvelle-Angleterre, notre héros se lance alors à la "redécouverte" de l'Amérique avec l'humour pour seule arme. Rien n'échappe à son sens de l'observation ni à son manque de sens pratique. Il lui faut guerroyer avec l'administration et les supermarchés, avec la publicité et les séries télé, avec l'informatique et le jardinage, avec les créatures de la forêt et son coiffeur, et même avec son épouse britannique, qui deviendra vite une Américaine accomplie.


Mon avis :
 
Bien que datant un peu (les chroniques ont été rédigées à la fin des années 90), j'ai bien aimé cet ouvrage. L'auteur y aborde beaucoup d'aspects de la vie quotidienne aux Etats-Unis ; avec humour, dérision et une certaine bienveillance, il compare les mœurs de ses compatriotes avec ce qu'il a pu connaître dans sa jeunesse ou lors de ses voyages à l'étranger. Le trait est parfois forcé, mais ce n'est que dans le but de nous montrer l'absurdité de certaines situations...
J'ai trouvé certaines chroniques tout à fait hilarantes, d'autres "seulement" amusantes ; en tout cas je suis ressortie de cette lecture avec le sourire aux lèvres, et c'est le principal !
 
Pour vous donner envie de découvrir Bill Bryson, voici un petit extrait de l'une de ses chroniques intitulée Une journée à la mer :
Chaque année vers cette époque, ma femme me réveille un beau matin avec une petite bourrade amicale pour me dire :
— J’ai une idée : on va rouler pendant trois heures jusqu’à l’océan, se mettre presque tout nus et rester assis sur le sable toute la journée.
— Pour quoi faire ? lui dis-je, méfiant.
— Ce sera marrant, insiste-t-elle.
— Je ne crois pas. Ça dérange les gens que j’enlève ma chemise en public. Moi ça me dérange.
— Mais non, ce sera vraiment sympa. On aura du sable dans les cheveux. On aura du sable dans les chaussures. On aura du sable dans nos sandwichs et puis dans la bouche. On se fera brûler par le soleil et par le vent. Et quand on sera fatigués de rester assis, on pourra aller patauger dans une eau froide à vous couper le souffle. Le soir, on repartira en même temps que les trente-sept mille pékins qui auront eu la même idée que nous et on restera coincés dans les embouteillages jusqu’à minuit. Cela me permettra quelques commentaires acides sur tes talents de conducteur et les enfants pourront passer le temps en se faisant mal avec des objets pointus. Qu’est-ce qu’on va s’amuser !
Le drame, c’est que ma femme est anglaise, donc imperméable à tout raisonnement sensé dès qu’il s’agit d’eau salée, et sincèrement convaincue que ça peut être amusant. Entre nous je n’ai jamais compris l’affection des Britanniques pour le bord de mer.
L’Iowa, mon pays natal, est à des milliers de kilomètres de l’océan le plus proche. Donc, pour moi (et pour les autres natifs de l’État bien que je n’aie pas encore eu l’occasion de tous les questionner individuellement), le mot « océan » est synonyme de choses terribles comme marée et courants. On m’a dit que certains New-Yorkais souffraient de terreurs similaires à la seule mention des mots « champ de maïs » et « foire agricole ». Le lac Ahquabi, où j’ai fait mon apprentissage de la natation et des coups de soleil, n’offre sans doute pas le romantisme de Cape Cod ni la beauté grandiose des côtes déchiquetées du Maine, mais au moins, dans ce lac, rien ne vous saisit par les pieds pour vous entraîner malgré vous jusqu’à Terre-Neuve. Autrement dit, vous pouvez garder vos océans, jusqu’à la moindre goutte, merci bien.
J’ai donc été très ferme lorsque le week-end dernier ma femme a lancé ce projet d’expédition à la mer. « Non, ai-je dit. Pas question. » Ce qui explique que trois heures plus tard nous nous soyons retrouvés sur le sable de Kennebunk Beach, dans le Maine.

 
 
Note :
 
8/10.




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